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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:14

 Le Monde Diplomatique est un des plus beaux fleurons du journalisme de gauche et ses diatribes constantes, ses excursions au bout de la nuit de la critique, présentant le capitalisme libéral comme le responsable de tous les maux de notre société influencent profondément les points de vue. Si le Diplo se montre critique avec le capitalisme, posture aisée, il est plus rare de le voir exulter et de montrer quelques notes pleines d'espérance. A ce titre le Vénézuela du commandant Chavez est un exemple phare où depuis plusieurs années le monde diplomatique se montre dithyrambique. Cela est l'occasion de voir à quelle forme de société ses journalistes fondateurs aspirent, eux qui se montrent sans pitié avec les tactiques impérialistes des états tout en réclamant une plus grande concentration et redistribution sous l'égide de ceux-ci. Nous allons pour ce faire opposer la vision de Maurice Lemoine qui défend la révolution bolivarienne à Daniel, blogueur détaillant les errements de la société bolivarienne depuis plusieurs années. Ensuite nous assemblerons à la manière d'un jeu de type "cadavre exquis" les points de vue, pour voir les leçons que nous pouvons tirer de cette confrontation brute de fonderie. Notons que Daniel n'a rien d'un ultra-libéral ni même d'un cowboy de droite. Il est plutôt social-démocrate. Ce francophone préférait largement Hollande à Sarkozy lors des dernières élections.

 

Vision de Lemoine

Vision de Daniel (ici et )

Une grande part de la rente pétrolière a été utilisée pour financer la politique sociale.

 

 

On peut acheter les produits de première nécessité,

Les services de base ont des prix subventionnés.

 

 

Régime de sécurité sociale

 

 

 

Politique d’inclusion et d’éducation menée à tous les niveaux, aux livres et aux ordinateurs (les canaimitas) gratuits qui leur sont distribués.

 

200 000 retraités touchant une pension à la fin de la IVe république ont fait des petits et sont devenus 2 300 000 aujourd’hui.

 

Grande mission logement Venezuela ayant bâti des dizaines de milliers d’habitations depuis sa naissance

 

le pays est passé de 17 160 577 tonnes d’aliments produits en 1998 à 24 686 018 tonnes en 2010, soit une augmentation de 44 %

 

La pauvreté a régressé entre 2002 et 2010, passant de 48,6 % a 27,8 %, tandis que l’extrême pauvreté suivait la même courbe — de 22,2 % a 10,7 % (

 

Le Venezuela affiche par ailleurs le niveau d’inégalités le plus faible de la région : l’antithèse du néolibéralisme sauvage qui étrangle les Européens.

 

Face à un tel bilan, aucun opposant ne peut espérer l’emporter en affirmant représenter « la droite » avec le programme « décentralisation-autonomie-privatisations »

 

Une autonomie ayant pour objet de refaire de la compagnie pétrolière PDVSA un Etat dans l’Etat, exempté de toute responsabilité sociale, et de la Banque centrale du Venezuela (BCV) une entité échappant au pouvoir politique.

 

Le texte prévoit une élimination des « missions » si chères aux plus pauvres, mais qui représentent « une lourde charge fiscale », la fin des subventions agricoles, le gel des retraites et des augmentations de salaire, l’augmentation progressive des tarifs de l’électricité, de l’eau, du métro, du téléphone et des autres services subventionnés par le gouvernement.

 

Les problèmes réels que rencontre la « révolution bolivarienne » sont : personnalisation du pouvoir, corruption, faiblesse de l’appareil productif, insécurité...

Aujourd'hui, le Venezuela est un pays où les emplois ne sont pas créés en dehors du secteur public.

 

Coupures d'électricité et d'eau fréquentes

 

Les produits de base nécessite la visite d'au moins deux magasins.

 

La qualité des soins s'est effondrée au niveau de l'hôpital et elle est déficiente au niveau des soins primaires.

 

En 11 ans, la monnaie est passée d'environ 500/$ par à environ 6.000/$, et son taux d'inflation est à deux chiffres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut se faire tuer pour 100 $

 

 

Quatorze ans de « chavisme » ont profondément transformé le Venezuela.

Le Venezuela n'était pas un avant-poste colonial stérile quand Chavez a atteint ses fonctions en 1999. Chavez a fait pire aujourd'hui comparativement à ce que le pays était en 1998.

Celui qu’ils ont présenté comme un caudillo populiste, inefficace, archaïque et autoritaire, l’a une nouvelle fois emporté.

 

 

 

 

 

 

James Carter, dirigeant du centre éponyme, a déclaré : « En réalité, sur les quatre-vingt-douze élections dont nous avons surveillé le déroulement, je dirais que le processus électoral du Venezuela est le meilleur du monde. »

Un pays profondément divisé et intolérant où l'abus de pouvoir est devenu une des valeurs.

 

La "Race" est principalement une création de Chavez pour diviser le pays et verrouiller ses ambitions avec un soutien dévoué à des groupes spécifiques. Paradoxalement, aucun droit pour les minorités. C'est la tyrannie de la majorité.

 

La presse est relativement libre de critiquer et les élections sont régulièrement organisées. Le secret du régime de Chavez, c'est que le pouvoir judiciaire est soumis à la volonté de celui-ci. Toute plainte, toute action en justice que vous pouvez déposer contre le gouvernement, tout scandale rapporté dans les journaux ou les médias sont enterrés.

 

A partir de ces affirmations contradictoires que nous n'allons pas dénier, tentons de dégager quelques principes généraux qui pourraient s'appliquer à d'autres situations.

Par un simple jeu de cadavre exquis, nous obtenons quelques-unes des assertions suivantes.

 

Lorsque l'état redistribue avec la manne pétrolière, par exemple en augmentant les retraites, en subventionnant la politique d'éducation, en bâtissant des logements neufs, la pauvreté régresse et les inégalités diminuent en valeur relative.

Transformer durablement un pays signifie augmenter la dépendance des citoyens vis à vis de l'état en subventionnant de multiples activités, en annihilant la création d'entreprise privée et en gérant l'appareil productif.

(Lemoine)

Lorsque la centralisation autour de l'état augmente, la corruption augmente.

Lorsqu'un état centralisateur a pris le pouvoir durablement, il est très difficile sans paraître ridicule d'avancer des arguments insistant sur la décentralisation, l'autonomie et la privatisation... L'opposition semble condamner à se positionner au centre gauche...

Lorsque la pauvreté et les inégalités régressent, grâce à la centralisation autour de l'état, la délinquance ne diminue pas, elle augmente.

Lorsque les produits de base sont subventionnés, ils engendrent l'inflation.

Lorsque les services de base sont subventionnés, ils se dégradent.

Lorsque l'état redistribue la richesse, la délinquance augmente, les services publics de base se délitent.

Lorsque l'état centralise la gestion du système de santé, la qualité des soins de base régressent.

Lorsque l'état augmente la dépendance des citoyens par une centralisation accrue par exemple, la réélection de l'équipe dirigeante en est facilitée.

Pour permettre sa réélection tout en maintenant la liberté de la presse, un état doit personnaliser le pouvoir et tenir les rennes de la justice.

 

 

L'opposition directe entre les deux visions me paraît riche d'enseignements. Les aphorismes qui s'en dégagent sont à méditer. Quant un partisan de Chavez parle de diminution des inégalités, un social démocrate modéré parle de dégradation des services de base. Quant un partisan parle d'entreprise sociale, le modéré parle de pénurie. Quant un partisan parle de sécurité sociale, le social démocrate modéré parle d'effondrement des soins primaires. Quand un partisan parle de révolution démocratique, le social-démocrate parle de descente dans la barbarie pure et simple.

A chacun de choisir son modèle de société, car au moment de déposer son bulletin dans l'urne, il n'y a que parfois deux choix possibles.

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 10:00

La période actuelle avec la figure de Hollande et l'engouement pour Mélanchon me replonge dans les années 70 ou 80, ou je ferraillais, même si j'avais le coeur à gauche, pour défendre le capitalisme américain face à l'impérialisme soviétique que mes amis de gauche renvoyaient à l'époque dos à dos. Je me souviens de cette belle intervention de Rocard, responsable du PSU, qui avait dit avec courage  à l'époque. "Entre la Russie et l'Amérique, je choisis l'Amérique." Je me souviens des harangues de Marchais. Mélanchon est son reflet, dépouillé des oripeaux du parti et de l'ouvriérisme.

Avec Mélanchon et Hollande, la gauche retrouve l'ardente fièvre des possibles. Je repense à ce livre de Jean-François Revel "La grande parade". La ferveur de gauche malgré les démentis de la réalité ne s'est jamais étiolée en France. Les communistes ne se sont jamais tout à fait amendés. Cette fièvre tournée vers un avenir idéalisé est son moteur essentiel. Même si en matière d'expérience, on a du mal à trouver des réussites probantes, la gauche française propose de soigner le mal par de plus grands maux encore, en se targuant de faire le bien. Elle est la plus créative des gauches du monde. Elle a inventé en quelques années : l'Altermondialisme, le Anti(Néo)libéralisme, l'Indignation. Ces notions aussi essentielles et sans doute bien vaines sont établies dans le langage courant. Ce nouvel éclairage sur le monde ne semble pas encore avoir propulsé notre pays vers un meilleur avenir. Ses prophètes sont, par exemple, le quarteron discret de généraux du Monde diplo qui se plaint de l'ostracisme des médias à travers les "nouveaux chiens de garde". On peut compter en plus Alain Badiou, Stéphane Hessel et bien d'autres encore. Devant cette gauche si créative, qui joue des coudes sans se laisser effleurer par le doute, produit parfois de l'université française, la droite est hypnotisée. Elle s'en inspire souvent : impôts, taxes, règlementations multiples... car entre constructivistes, on trouve un terrain d'entente. Même le libéralisme, au mépris de l'histoire, semble frayer avec le fascisme et l'autoritarisme. Ainsi, même si la gauche perd les élections, sur le plan du marketing des concepts et du marché des idées : chapeau bas !

Goucho membre du conseil scientifique d'INEGAL

Pigiste au Monde Platonique,

Conseiller d'Antialternatives philosophales,
Professeur émérite à l'université de Paradis...

 

capitalismdead.png

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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 00:09
"Depuis plus de quarante ans, les Etats-Unis imposent à Cuba un embargo dévastateur qui fait obstacle à un développement normal et entraîne des conséquences tragiques pour les habitants de l’île." Ignacio Ramonet est désormais connu dans le monde pour son indéfectible soutien à la cause castriste. En vérité il a toujours aspiré au libre-échange entre les USA et Cuba. Voir Johan Norberg.
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29 juin 2006 4 29 /06 /juin /2006 00:09
"Nous attendons le jour où nous cesserons de perdre notre temps à ergoter avec la gauche pour savoir si la pauvreté augmente ou diminue mais plutôt pourquoi elle se réduit et comment la faire décliner encore plus rapidement et dans bien plus de pays." (Norberg)
A propos de la pauvreté, la gauche altermondialiste pousse des cris d'orfraie à bon compte. Les altermondialistes au fond d'eux-mêmes savent que le capitalisme - accompagné de son Raspoutine: le néo-libéralisme (sic) - est seul capable de mettre en application l'utopie d'une réduction dantesque de la pauvreté. Sinon, ils ne proposeraient pas sous la plume de Ricardo Patrella de "rendre illégale la pauvreté!". En effet, il faut un capitalisme solide et riche de promesses pour oser formuler cet aphorisme d'autruche, cette idée inconcevable et saugrenue en d'autres temps et d'autres cieux... "Rendre illégale la pauvreté"
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23 juin 2006 5 23 /06 /juin /2006 00:07
Les chiffres ont de multiples facettes. Nous présentions le 18 juin l'évolution favorable de la pauvreté dans le monde. On observera celle que rapporte Le monde diplomatique calquée sur celle de l'UNICEF. Les chiffres avancés par l'UNICEF sont toujours en valeur absolue. Les tendances sont ainsi occultées afin d'insister sur l'obscurité du tunnel plutôt que sur la lueur de sa sortie. C'était l'avis de Johan Norberg en 2005. Autre exemple, on ne pourra pas savoir après avoir lu cet article de Marianne si le travail forcé est en regression ou en augmentation (pas impossible en pensant par exemple à la prostitution). Dans le même ordre d'idée, revoir le message Capitalisme et santé: deux façons de voir le monde.
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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 00:01
La France produit une jeune génération d'intellectuels anti-libéraux. C'est bien dommage, on eût préféré le contraire pour redorer le blason de l'utopie libérale et l'associer à la modernité plutôt qu'aux combines d'une droite française tétanisée. On a vu apparaître "ces nouveaux intellectuels" notamment au cours du débat sur la constitution européenne, défendant le non avec âpreté. Chercheur au CNRS, Frédéric Lordon est l'un des représentants de cette "French Touch". Il est un défenseur farouche des prérogatives de l'état face au libéralisme. L'avantage avec Lordon, c'est qu'il n'est pas ennuyeux. Sauf cette fois. Ce mois d'avril 2006 dans le Monde Diplomatique, dans un article dénommé "Invasion de la charité privée", il s'insurge étrangement contre une pratique qui pour un libéral n'aurait rien de bien répréhensible: la philanthropie privée. Exemple: la restauration de la galerie des glaces par une entreprise privée. Mauvais coucheur, Lordon y voit une sorte de complot du libéralisme veillant à annihiler l'état dans son rôle social. "Remettre aux agents privés le soin de faire de l'action collective est autrement plus radical que ne l'est une simple stratégie de privatisation... Transformer la politique publique en moralisme ploutocratique, et prononcer ainsi la définition définitive de l'état social, voilà peut-être la nouvelle frontière libérale." Pour le rassurer, on citera Adam Smith concernant les devoirs du libéralisme laissant entendre que cette dernière pratique serait l'exception plutôt que la règle."... Et le troisième, c'est le devoir d'ériger ou d'entretenir certains ouvrages publics et certaines institutions que l'intérêt privé d'un particulier ou de quelques particuliers ne pourrait jamais les porter à ériger ou à entretenir, parce que jamais le profit n'en rembourserait la dépense à un particulier ou à quelques particuliers, quoiqu'à l'égard d'une grande société ce profit fasse plus que rembourser les dépenses."  Livre 5
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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 00:10
En économie, il y a deux génies. Marx et Keynes.
Bernard Maris, Professeur à l'université de Paris-VIII. Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles
 
Dans aucun domaine, peut-être, le virage néo-libéral des années 1990 n’est plus clair que dans celui des services publics dits « de réseau », c’est-à-dire ceux qui reposent sur une lourde infrastructure (énergie, communications, chemin de fer). Mais, si un coup d’arrêt n’est pas donné – et une occasion unique se présente avec le référendum – les années à venir seront pires, car c’est désormais l’ensemble des services marchands ou pouvant le devenir (c’est-à-dire presque tous les services) qui sont dans le collimateur de la Commission, de l’AGCS (accord général sur le commerce des services) et du patronat : la santé, l’éducation, la culture, la protection sociale, etc.

Jean Gadrey, Professeur émérite d’économie à l’Université Lille I

"La nouvelle rhétorique réactionnaire, loin de se présenter en France comme une figure inversée de la rhétorique progressiste, reprend à son compte le lexique de l’adversaire (1). Les prophètes du néolibéralisme, leurs exécutants politiques et leurs thuriféraires médiatiques veulent apparaître comme des « modernisateurs », courageux novateurs décidés à surmonter les « pesanteurs », les « blocages », les « immobilismes », les « tabous » de la société française ; comme des « réformateurs », adversaires indomptables de tout « conservatisme » ; comme de fervents partisans de l’« égalité des chances » déterminés à lutter contre les « privilèges des nantis » (à commencer par ceux des fonctionnaires et, par extension, de tous ceux qui ont l’aubaine de « bénéficier » d’un emploi stable) ; comme des « réalistes », capables de se confronter pragmatiquement au monde tel qu’il est (2) et aux chimères des défenseurs attardés d’un passé dépassé ; comme des adversaires résolus du chômage (n’ont-ils pas « tout essayé » ?), défenseurs des « exclus » (les « out »), contre les corporatismes frileux et les égoïsmes hexagonaux (les « in » qui bénéficient d’un « emploi à vie ») ; comme des internationalistes, « ouverts », adversaires inflexibles des « fermetures », des « protections » et des « replis souverainistes », etc".
Gérard Mauger Sociologue, directeur de recherches au CNRS.

La « raison démocratique » porte en elle la remise en cause du pouvoir du capital. « Un homme, une voix » : tel est bien la rupture radicale que l’on doit lui opposer.C’est en partant de leur situation de citoyen que l’on peut libérer les prolétaires de leurs chaînes, non en les renvoyant à leur condition subordonnée. Bref, c’est la citoyenneté qui émancipe bien plus que la « lutte des classes » (qui n’en existe pas moins).Il y a de bonnes raisons d’être anti-capitalistes. Il en est de plus importantes encore pour ne pas s’en contenter.
Christophe Ramaux Economiste à l’Université Paris 1


C’est pourtant au nom de l’efficacité économique que le pied néo-libéral fut mis dans la porte de notre modèle social. La porte est désormais grande ouverte à la tempête néo-conservatrice qui, en mettant fin au CDI et en s’attaquant prochainement au SMIC, veut balayer irréversiblement deux symboles forts du plein-emploi keynésien…
Liêm Hoang-Ngoc  Maître de conférences à l’Université de Paris I.


Nous sommes contre cette mondialisation parce qu’elle organise une gigantesque opération de captation de la richesse produite par les travailleurs à travers le monde.
Michel Husson Administrateur de l’ INSEE, chercheur à l’ IRES


La libéralisation des échanges a d’abord répondu à un principe instrumental, mais le problème c’est que la construction européenne a muté endogènement en cours de route, et d’un usage sagement instrumental, on est passé à une vision, je dirais, intransitive de la libéralisation des marchés, c’est-à-dire la libéralisation pour la libéralisation, la concurrence pour la concurrence, parce qu’elle est réputée être la forme supérieure d’organisation économique. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus. Il y a des configurations historiques qui ont montré dans le passé que ceci était complètement faux. La construction européenne repose sur cet axiome, et je vous certifie que c’est le terme même que l’on retrouve dans des documents très officiels, sur cet axiome que pour accomplir le bien-être des populations, le bien-être matériel des populations, il faut en passer par la concurrence généralisée. Eh bien non, cet axiome est faux !
Frédéric Lordon (CNRS)

Pourquoi l'Europe libérale n'est pas viable?
Bruno Théret Directeur de recherche CNRS- IRIS - Paris Dauphine

Nous sommes aussi en faveur d’une réduction du temps de travail dans les pays européens, dont l’application en France, si elle n’est pas parfaite, est critiquée de manière excessive. Mais il faut avoir pour cela un mouvement social qui appuie cette revendication... Les idées libérales sont dominantes, notamment chez les nouveaux adhérents à l’Union européenne. Ils sortent de régimes planifiés, autoritaires, centralisés. Leurs habitants aspirent à d’autres modes de fonctionnement, bien que les inégalités soient très importantes et risquent de s’accentuer. La sensibilité sociale-libérale a aussi beaucoup avancé ailleurs, notamment en Espagne où elle est incarnée par Zapatero.
Jacques Mazier - Professeur d'économie, CEPN-CNRS, Université de Paris-Nord
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1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 00:10
Voici quelques critiques du Monde Diplomatique sur un site libéral UrgeSat. Chose rare pour être soulignée. A la manière du documentaire, "Le cauchemar de Darwin", le journal donne parfois la nausée, il faut aimer le désespoir, et les noires impasses de la politique pour le lire de bout en bout. A ne conseiller qu'aux masochistes. A sa décharge, derrière des opinions taillées dans le marbre d'une nostalgie anticapitaliste, les journalistes citent leurs références et traitent de toute l'actualité internationale. Dans le milieu des années quatre-vingt, Goucho, abonné et fervent lecteur, y croyait discerner la fine lame de la vérité critique. J'avais été néanmoins étonné à l'époque, de découvrir que l'Arabie Saoudite était parmi les souteneurs financiers de cette entreprise. Que venait faire l'Arabie saoudite dans ce joli fleuron de l'intellectualisme français? Je n'ai hélas depuis plus retrouvé la moindre référence à ceci. Il est vrai que le journal est depuis des années traduit en arabe. La lumière du monde diplomatique éclaire le monde avec constance depuis une trentaine d'années.
Et Chavez, par exemple, sait reconnaître les siens: voir cet article sur le blog LaFronde qui ne mâche pas ses mots. Ramonet écrit un livre sur Castro. Daniel Mermet de France-Inter offre une tribune mensuelle au monde diplomatique pour mieux montrer à la France "la troisième voie". Voilà qui est encore mieux que d'être directement subventionné par l'état.
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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 23:19
"Là-bas si j'y suis", n'est-ce pas Radio-Tirana revisité par le romantisme et la nostalgie, avec le talent de Daniel Mermet? Dans les années 70, Radio-Tirana débitait ses sornettes avec un ton monocorde. "Là-bas si j'y suis" a l'ambition de susciter l'émotion, de flatter l'esprit d'analyse en faisant semblant de donner une information qui sort des sentiers battus. Tout en faisant vibrer la corde de la solidarité et d'un nouveau monde à construire, les idées déclinées renforcent à tout coup les préjugés les plus éculés de la gauche gauche. Le paradigme de base est simple: les patrons sont des exploiteurs, le capitalisme conduit le monde à sa perte, les communistes du siècle dernier étaient des coeurs purs.
Lorsque le moral est en berne, Goucho écoute l'émission de Daniel Mermet. Celle d'aujourd'hui 3 mars est un modèle du genre. Cela commence par le répondeur. Le pauvre Serge Dassault, enfourchant quelque gros sabots, avait dit le matin même sur France-Inter "rigidité=chômage, flexibilité=travail", "les chefs d'entreprise gardent les bons, et licencient ceux qui ne le sont pas, ils ont simplement besoin d'embaucher ou de licencier en toute liberté." Ces quelques mots prononcés déclenchent l'indignation et les moqueries des auditeurs. Le pauvre Serge Dassault est voué aux gémonies. Son discours sans ambages mais de simple bon sens semble avoir fait naître une ribambelle de futurs révoltés de toute génération. Comme si Dassault, sans le vouloir, avait ouvert un peu plus grande les mâchoires béantes de la fracture sociale. Goucho prend ses aises et le crédule libéral est déjà un peu pâle, gardant en arrière-pensée l'agilité politique d'un Chirac qui semble avoir pris son parti de cette France inamovible... Ce n'est que le début du calvaire. L'émission démarre tambour battant avec le discours de Chavez au dernier forum social à Caracas. "Le socialisme ou la mort!" "L'impérialisme Yankee ...  Le capitalisme détruit la nature et la planète. Le socialisme ou la mort!" Ensuite nous avons droit aux commentaires passionnés du journaliste stagiaire de Mermet à France-Inter, aux interviews de Chavistes qui nous montrent en quoi la démocratie participative faite de "protagonistes" se forge à travers les dénonciations des irrégularités et des contrôles nécessaires pour aider l'état dans son avancée révolutionnaire, On termine par la sempiternelle visite de la télévision locale, "cette télé alternative d'état" qui permet aux paysans de faire eux-mêmes des films. On s'aperçoit qu'au pays du socialisme du XXIème siècle, une simple télé locale subventionnée par l'état est un fleuron de la révolution du peuple et que la moindre activité de type animation poterie-vidéo se transforme en une prise de parole souveraine. Il est vrai que ce nouveau peuple de protagonistes, face aux riches médias qui harcèlent le gouvernement, est prêt à dégainer un nouveau bulletin de vote pour celui qui se targuait au début de son mandat de ne jamais vouloir s'accrocher au pouvoir. N'en pouvant plus, un peu de repos s'annonce aux informations de 18 heures avec les démêlés de Marseille avec le PSG, mais c'est trop attendre de notre radio alternative d'état qui nous targue d'un petit reportage sur Dieudonné et Bové au salon de l'agriculture. Jet de l'éponge!
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10 décembre 2005 6 10 /12 /décembre /2005 20:00
Dans l'article paru en 2003 d'Emir Sader dans le Monde Diplomatique sur le Vénézuela, on trouve l'extrait suivant :
"L’Amérique latine paie au prix fort le fait d’avoir été le laboratoire privilégié des expériences néolibérales. La ripaille financière qui a accompagné ces expérimentations en a fait l’une des régions les plus instables du monde en termes économiques, politiques et sociaux. De 120 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté en 1980 on est passé à 214 millions en 2001 (43 % de la population), 92,8 millions connaissant les affres de l’indigence (18,6 % de la population) (1)."
Quand on examine la référence citée par l'auteur, on découvre (1) « Panorama social de América latina 2001-2002 » on lit (Traduction Systransoft) :
"Comme en 2001, le plus grand accroissement se produit à nouveau en Argentine et on enregistrerait d'importantes détériorations au Vénézuéla, au Paraguay et l'Uruguay. Probablement seulement au Pérou et en République dominicaine, la pauvreté sera légèrement réduite. La situation la plus favorable est celle que présente le Chili et Panama, qui en 2000 ont atteint l'objectif de réduction de moitié de la pauvreté extrême, et comme le Brésil, la République dominicaine et l'Uruguay ils montrent un accomplissement partiel mais important de l'objectif, supérieur à à 95% dans les deux premiers cas et à 82% dans le tiers. À son tour, des pays comme Costa Rica, El Salvador, le Guatemala, le Mexique et le Nicaragua révèlent un progrès proche à à 40%. La Bolivie, le Honduras et le Pérou ont aussi montré des avances, bien qu'à un rythme qui, si maintenu, ne permettrait pas d'atteindre l'objectif souhaité à la fin de la période. Un panorama plus complexe est celui de la Colombie, de l'Équateur, du Paraguay et du Vénézuéla, dont les niveaux de pauvreté extrême durant l'année 2000 dépassaient ceux de 1990."
A propos de l'Argentine, il apparaît plutôt aujourd'hui que c'est l'abandon d'une politique libérale qui fut notamment responsable de la faillite. Quant au Chili et au Mexique, ils sont justement parmi les plus ouverts au libre-échange en Amérique latine ses dernières années. Quant au Vénézuela, on ne doute pas qu'il soit dans la liste et qu'il s'y installe tant que le président Chavez officiera. Ainsi, on découvre dans cet article une technique qui consiste à citer des statistiques qui sont le signe des échecs de la politique que l'on veut défendre en attribuant ses résultats à la stratégie que l'on veut abattre (ici le néolibéralisme).

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