Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
  • Contact

Mon profil

Recherche

Réseau

28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 00:02
"Il a lutté contre chaque forme d'intervention d'état, le règlement de la prostitution, la prohibition de l'alcool, la limitation du nombre de tenanciers d'échoppe avec alcool, la fermeture des endroits de jeu, les pénalités contre la spéculation. Il était premier lieutenant de maître d'hôtel de Josephine dans sa campagne héroïque en France [contre les lois d'anti-prostitution], et a même payé de six mois de prison la violence de ses attaques contre la police de Paris. Aucune morale! Plutôt ivresse, prostitution, ruine sous le régime de la liberté, que la modération, la vertu, la sobriété, la respectabilité sous le régime du règlement d'état. Il n'admettait pas que la morale puisse exister si ce n'était comme produit naturel de liberté."
Critique émise par Charles Gide - un des fossoyeurs de l'idée libérale en France selon Salerno - de Yves Guyot, auteur libéral de "Principes de l'économie sociale" en 1892. Grand adepte du laissez-faire.
Référence : Salerno http://www.mises.org/etexts/bastiateconomics1.pdf

Partager cet article

Repost0
23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 00:42
Petit voyage dans la riche Bibliothèque Publique et Universitaire de Genève. Mes explorations recouvrent les textes libéraux français du XIXème siécle. Je prends Harmonies Économiques (les textes sont disponibles en téléchargement) de Bastiat, le plus rare de ses livres, "Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas", son dernier pamphlet. Je dévore les écrits énergiques d'Yves Guyot. "La Tyrannie Socialiste", "ABC du libre-échange" et surtout "Les principes de 89 et le socialisme". Dès 1848, je découvre combien les libéraux ont ferraillé contre les Socialistes. Je découvre avec un peu d'effroi et d'amusement l'extraordinaire stabilité des propositions socialistes depuis bientôt deux siècles à travers l'opération de réfutation du Socialisme et du Marxisme que tente Yves Guyot. Cette stabilité confère une intéressante actualité à sa description de la Tyrannie Collectiviste. Nous en reparlerons... Dés 1848, le Socialisme constituait une profonde régression intellectuelle et économique pour les libéraux. Voici quelques extraits tirés de la préface d'Harmonies Économiques. Bastiat y déclare en filigrane que la société capitaliste a plus de chances d'offrir le rêve des Socialistes que les mesures régressives qu'ils avancent.
"Socialistes, vous avez foi dans l'Association. Je vous adjure de dire, après avoir lu cet écrit, si la société actuelle, moins ses abus et ses entraves, c’est-à-dire sous la condition
de la Liberte, n’est pas la plus belle, la plus complète, la plus durable, la plus universelle, la plus équitable de toutes les Associations...
Communistes, vous voulez que les hommes, devenus frères, jouissent en commun des biens que la Providence leur a prodigués. Je prétends demontrer que la société actuelle n’a qu’a conquérir la Liberté pour réaliser et dépasser vos voeux et vos espérances : car tout y est commun à tous, à la seule condition que chacun se donne Ia peine de recueillir les dons de Dieu, ce qui est bien naturel; ou restitue librement cette peine à ceux qui la prennent pour lui, ce qui est bien juste."
Bastiat conclut Harmonies Economiques en parlant une dernière fois du socialisme.
"Je n’ai jamais douté que les écoles socialistes n’eussent entrainé beaucoup de cœurs généreux et d’intelligences convaincues. Mais enfin le caractère général du socialisme est bien bizarre, et je me demande combien de temps la vogue peut soutenir un tel tissu de puérilités. Tout en lui est affectation... II affecte dans ses écrits une délicatesse de nerfs si féminine qu’il ne peut entendre parler de souffrances sociales. En même temps qu’il a introduit dans la littérature la mode de cette fade sensiblerie, il a fait prévaloir dans les arts le goût du travail et de l’horrible... Mais ce que le socialisme affecte surtout, c’est la religiosité !"

Partager cet article

Repost0
14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 00:33
Pour s'amuser avec l'idéologie politique, appliquons la technique de l'analogie. Le football et sa science sont notre vecteur: Voici trois sortes d'équipes: libéraux contre protectionnistes contre socialistes. Si le football nous était conté en termes d'idéologies politiques, cela donnerait ceci...

   1. Le libéralisme footballistique
Les équipes libérales sont des équipes qui privilégient un jeu basé sur les individualités. L'entraîneur bâtit sa tactique en fonction de la qualité des joueurs, essayant de tirer le meilleur parti de chacun d'eux. Ce n'est pas que les équipes libérales gagnent plus, ce sont plutôt celles qui font rêver le plus et qui offre au public le meilleur spectacle. Ainsi même si une équipe adoptant la tactique libérale perd le championnat, elle aura généré un chiffre d'affaires important en produits dérivés. Le plus souvent, l'attaque y est privilégiée, le marquage est secondaire et le jeu est totalement porté sur l'attaque. Les équipes libérales, si elles marquent beaucoup de buts, en prennent également. S'il leur arrive souvent de perdre lorsqu'elles rencontrent des équipes protectionnistes aguerries, elles restent néanmoins bien placées et régulières dans les compétitions. Le trait d'humour de Gary Linecker "Le football est un jeu qui se joue à onze et c'est toujours l'Allemagne (parangon de l'équipe protectionniste des années soixante-dix et quatre-vingt) qui gagne" a fait le tour du monde. En général, le recrutement dans l'équipe est décidé par l'entraîneur en fonction du principal critère de la qualité du joueur. Le jeu idéal libéral est basé sur une touche de balle et sur la première intention du joueur afin de privilégier sa spontanéité. Cette idée permet à l'équipe et aux joueurs d'atteindre un plus haut niveau de confiance et d'autonomie ainsi qu'une grande sensation de liberté dans le jeu. Afin de s'adapter à un jeu devenu plus rugueux dans les années soixante-dix,
avec un effectif particulièrement solide, le jeu libéral est devenu plus anarchiste en proposant l'adage "tout le monde attaque, tout le monde défend" sans distinction. Ainsi, ce "Football Total" toujours basé sur les personnalités de l'équipe exigeait néanmoins de chaque joueur une implication à tout instant dans le jeu. Le ballon pouvait passer d'un endroit à l'autre, le jeu consistait en une adaptation constante de la part des joueurs en fonction des opportunités et impliquait des changements de leader fréquents sans privilégier tel ou tel joueur, tel ou tel axe de jeu. La Hollande de 74 est un exemple de ce jeu libertarien poussé à un haut niveau d'exigence. Le Brésil surtout, peu protectionniste par nature, est connu et admiré dans le monde entier pour son football champagne et pour toujours porter dans l'histoire du football, la tactique du jeu libéral et spontané au plus haut niveau. En réaction au carcan protectionniste, le mouvement Joga-Bonito, animé par Éric Cantona et soutenu par l'entreprise Nike, tente de faire partager les valeurs universelles du fairplay et du beau football.

   2. Le protectionnisme footballistique ou Catenaccio
Le jeu protectionniste est un style de jeu en réaction contre l'incertitude de la défaite.  Les équipes protectionnistes détestent perdre et sont capables de toutes les turpitudes pour tenir le résultat. L'adage "seule la victoire est belle" est leur credo. Les pressions sur l'arbitre, la simulation et la mauvaise foi font partie intégrante du jeu. Les Italiens ont porté cette tactique de jeu au plus haut point avec le Catenaccio. La défense de zone ou le marquage à la culotte sont les points essentiels de ce style de jeu. Il s'agit de faire déjouer l'adversaire, voire de l'étouffer. Dès que l'adversaire approche de la surface de réparation, il est tiré par le maillot, bousculé afin de l'empêcher d'avancer et de l'impressionner. Heureusement à la fin des années quatre-vingt, les lois de protection des attaquants ont permis au jeu de respirer et de faciliter le jeu d'attaque aux abords de la surface de réparation. Les protectionnistes du jeu se sont adaptés. Ainsi le tirage de maillot, plutôt que l'agression physique, est devenu un des moyens les plus répandus d'expression du jeu protectionniste.
Les plus costauds et les plus agressifs sont placés systématiquement aux postes d'arrières. Le poste de libéro signifiant pour le joueur "toute liberté pour couper le jeu ou l'adversaire en morceaux" a été l'emblème du Catenaccio. L'option plus militaire de la défense en ligne lui a été peu à peu substitué. Les équipes protectionnistes offrent en général à leurs supporters une litanie d'ennui et de matchs nuls avec éventuellement au bout une victoire étriquée. Si la tactique protectionniste est maintenue trop longtemps, le spectacle se dégrade et les retombées télévisuelles diminuent imperceptiblement. Les équipes ne sont plus supportées pour la dynamique de leur jeu mais pour des raisons grégaires et patriotiques. Les présidents de club adoptent des tactiques libérales partielles en recrutant à prix d'or un joueur d'attaque de réputation très libérale pour faire le spectacle, (évitant par la même occasion que les autres équipes fassent de même) afin de redorer le blason du club. Le choix des joueurs est en général plein de considérations politiques voire nationalistes.  Malgré ces efforts, l'incertitude du football est toujours présente et les équipes protectionnistes ont des résultats toujours en dent-de-scie. Les Italiens sont de plus en plus capables en fonction de l'évolution d'un match d'adopter des tactiques de jeux des plus libérales aux plus protectionnistes, mélangeant le spectaculaire et l'agressif. Les Français de 1998 et de 2006 ont, eux aussi, bien intégré le côté caméléon du jeu à l'italienne et sont eux aussi de dignes représentants du Catenaccio européen appelé parfois Football Moderne.

    3. Le jeu socialiste
Le jeu socialiste obéit à des considérations tout à fait différentes. Il n'est pas porté à la victoire bien qu'il se déclare très souvent victime de la corruption et de la malignité arbitrale. Les équipes socialistes gagnent très rarement une compétition. L'idéal socialiste est d'apporter le bonheur total aux joueurs de football, il se soucie donc peu des réactions du public et encore moins de la qualité du spectacle. Ainsi dans le jeu socialiste, les lignes arrière, par lesquelles le jeu démarre, sont déterminantes et régissent complètement le mouvement. Le jeu socialiste est très pointilleux sur la répartition de la possession de balle entre les joueurs. Ainsi, les arrières relancent le jeu qui passe obligatoirement par les demis défensifs qui passent aux avants. Les arrières socialistes, d'un naturel méfiant et soucieux du bien-être général, n'aiment pas trop les avants, coupables selon eux de comploter, en simulant par exemple de multiples fautes. Les avants qui grâce aux buts marqués ont les faveurs du public et des médias sont tenus d'obligations par rapport aux autres joueurs. Par exemple un ailier gauche qui réussit à déborder devra faire une passe en retrait pour que l'arrière ou le demi puisse à son tour se mettre en lumière. Les coups francs sont toujours déterminés par des combinaisons complexes travaillées à l'entraînement et calculées par l'entraîneur qui est le maître unique et incontesté de l'équipe, garant du bonheur des joueurs.
Le mode de jeu privilégié est la contre-attaque qui évite aux avants d'avoir trop de ballons. Les joueurs ont une place déterminée et n'en changent jamais. Les remplacements de joueurs sont fréquents afin d'éviter que les joueurs jouent trop, deviennent des vedettes ou empiètent sur les autres. Il y a donc beaucoup de joueurs remplaçants afin d'éviter la fatigue. Les arrières, maîtres du jeu sous la houlette de l'entraîneur, peuvent avec son assentiment discret, exclure un des joueurs de l'équipe, coupable par exemple de marquer trop de buts au détriment de ses collègues. Ils peuvent boycotter l'aile gauche et ne plus passer de ballons à l'ailier coupable de prendre trop de citrons à la mi-temps ou d'avoir des chaussures de marque trop voyantes. Les équipes socialistes terminent souvent en fin de classement. Elles ont un jeu très stéréotypé facile à anticiper. Néanmoins, leur style de jeu rugueux et privilégiant les lignes arrière est une source d'inspiration constante pour le football protectionniste. Les équipes socialistes sont faciles à battre car les joueurs s'y ennuient copieusement et n'ont qu'une ambition: jouer, fort de leur expérience, dans une équipe protectionniste ou mieux, si leur technique le permet, dans une équipe libérale.

Partager cet article

Repost0
27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 00:13
Yves-(Arthur) Guyot fut le poète de la liberté absolue. Partisan d'une immense et raisonnée déreglementation de toutes les instances de l'Etat, il fut un redoutable observateur de la France en mutation. Ardent défenseur de ces "intouchables" qu'étaient les prostituées, attaché immuablement aux principes de la révolution française, il écrivit "Une saison en enfer socialiste". Sa poésie fut celle de l'énergie totale dédiée ä la défense du libre échange, "rêvant de républiques sans histoires, de guerres de religion étouffées, de révolutions de mœurs, de déplacements de races et de continents :... de tous les enchantements." Lucide et avant-gardiste, il eut ä ferrailler ä la fin du XIXème contre l'armada de la "poésie" allemande, - qui est à la poésie ce que la harangue est au poisson d'eau douce et ce que le roulement de tambour est au syntagme grecque-  qui allait malheureusement quelques décennies plus tard transformer les passions vibrantes et poétiques des pays de l'Est en b-rimades stakhanovistes.

Le capital "sue le sang et la boue"
Voilä ce que retienne les disciples
Voilä qui livre au mépris tous les économistes
représentés comme les serviteurs du Vampire
Mais ces procédés de dialectique et de rhétorique
bons pour les ignorants, les badauds et les naïfs
sont le contraire de la méthode d'induction
grâce ä laquelle toutes les sciences ont fait leur grande découverte.
Ces procédés
nous les connaissons pour les avoir vu employés
par le charlatan empanaché,
au langage obscur et emphatique qui promet
une universelle panacée. .
Nous entendons de l'orchestre forain comme l'écho
qui appelle ä la parade les badauds
Sophismes socialistes - A propos de Marx

Partager cet article

Repost0
21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 00:13
Avec Federico Bastiat Lorca, l'adage "nul n'est prophète en son pays" s'avère plus vrai que nature. Mort en 1850, il est depuis interdit de Lagarde & Michard. Pourtant, modeste et loin des pompeuseries sociolistiques de la poésie dite engagée, il fait éclater ä chaque page un feu d'artifice d'images fulgurantes et logiques qui sont l'évidence crue. La simplicité pure de son oeuvre, son humour le desservent largement aux yeux de ses détracteurs. Il exerce néanmoins une profonde influence jusqu'au début du XXème siècle puis est jeté dans les oubliettes de l'histoire. Avec "Là tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté."  c'est Baudelaire qui avait repris incidemment son thème de l'harmonie totale concourant au bonheur de tous. Il est heureusement réhabilité après la seconde guerre mondiale par l'école autrichienne de poésie qui voit en lui un des plus grands poètes de tous les temps. En France, il demeure toujours cet inconnu comme si "par une nuit sans lune, sa mémoire fut jetée dans une tombe sans nom."



Aussi les Socialistes ont vu l'antagonisme partout:
Entre le propriétaire et le prolétaire,
Entre le capital et le travail,
Entre le peuple et la bourgeoisie,
Entre l'agriculture et la fabrique,
Entre le campagnard et le citadin,
Entre le regnicole et l'étranger,
Entre le producteur et le consommateur,
Entre la civilisation et l'organisation,
Et, pour tout dire en un mot:
Entre la Liberté et l'Harmonie
.....

 La société est une organisation qui a pour élément un agent intelligent,
moral, doué de libre arbitre et perfectible.
Si vous en ôtez la liberté, ce n'est plus qu'un triste et grossier mécanisme.
La liberté! Quiconque repousse la liberté
n'a pas foi dans l'humanité.
La liberté engendrer le monopole! Non.
Cet enchaînement monstrueux,
cet accouplement contre nature n'existe pas;
il est le fruit imaginaire d'une erreur.

L'oppression naître naturellement de la liberté!
Affirmer cela, c'est affirmer que les tendances de l'humanité sont radicalement mauvaises,
mauvaises en elles-mêmes,
mauvaises par nature,
 mauvaises par essence;
c'est affirmer que la pente naturelle de l'homme est vers sa détérioration,
et l'attrait irrésistible de l'esprit vers l'erreur.
Harmonies économiques

Partager cet article

Repost0
18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 00:07
Luc Ferry est invité à Genève le 12 octobre dernier pour une conférence sur le thème "Handicap d'hier, d'aujourd'hui et de demain" par l'institution EPSE. Sa démonstration commence par l'évocation de ses années au ministère de l'éducation où il lui semblait difficile de faire passer l'idée d'intégrer des handicapés dans les classes. Il avance une explication qui dépasse largement le cadre du sujet. Résumé.
L'histoire de nos relations à la folie et aux troubles mentaux a mis en exergue deux modèles:
  • le modèle de l'idiot du village ou le fou faisait partie de la vie quotidienne.
  • Le modèle de l'enfermement où le fou devait être soigné (voir le film Vol au dessus d'un nid de coucou)
Depuis le moyen-âge et jusqu'au début du XXème siécle, le premier modéle a prévalu. Le second plus proche du rationalisme moderne atteint son apogée dans les années 70-80 avec l'antipsychiatrie. Ainsi, le fou dans le premier modéle étant considéré comme inférieur et ne faisant pas partie du même monde était plus aisément toléré dans la vie quotidienne et ne provoquait pas la peur. A partir de Freud et de la psychanalyse, ce fou est devenu un autre nous-même, il est devenu un sujet. Ainsi, il provoque la peur et sa mise à l'écart est une manière de combattre cette peur. Ainsi pour Luc Ferry, si l'on compare notre réaction face à la folie au racisme, ce dernier ne serait pas le produit d'un irrespect ou d'une peur de l'autre comme "la vulgate soixante-huitarde" le crie sur les toits. Il serait la résultante d'une idée inverse: la "peur du même".

Partager cet article

Repost0
3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 00:10
Jean-Pierre Chevallier, économiste iconoclaste, donne aux libéraux une leçon d'économie à sa façon. Goucho se marre bien, d'ici qu'il entonne un refrain du genre "la gauche a toujours raison devant l'histoire" . Pour avoir défendu les vertus d'une stricte gestion des dépenses publiques bien des fois, ce blog en prend pour son grade.  "Les Français qui défendent le libéralisme se trompent complètement en prônant une orthodoxie budgétaire (dette et déficit publics à zéro) qui aurait des conséquences fortement négatives. Les Reaganomics leur conseilleraient donc de maintenir à ce niveau le déficit et les dettes de l’Etat, de remettre de l’ordre dans les comptes des entreprises et de l’Etat et surtout de diminuer les prélèvements obligatoires de 55 à 34 % du PIB comme aux Etats-Unis et en Irlande (ce qui permettrait d’assurer une croissance du PIB de l’ordre de 5 % et le plein emploi). Le manque de culture économique est considérable en France, même dans le microcosme libéral…"

 

Partager cet article

Repost0
24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 00:01
Voici un extrait du livre de Philippe Manière écrit en 1997. "L'aveuglement français".
Ce livre est un excellent livre d'introduction au libéralisme. En voici un exemple!
QUAND L'ÉTAT INVENTE L'EMPLOI PRECAIRE?
S'il y a une catastrophe sociale que les Français sont convaincus d'avoir évitée mieux que beaucoup de leurs voisins, c'est bien la précarité. Des jobs de courte durée qui ne mènent à rien et qui tiennent les salariés dans une insupportable incertitude du lendemain : voilà, pensent la plupart de nos concitoyens, la tare des sociétés anglo-saxonnes. Beaucoup d'experts affirment c'est au prix de cette fameuse précarité que les États-Unis ou la Grande-Bretagne, par exemple, obtiennent de meilleurs résultats que nous en matière de chômage. Et ce prix-là, nous dit-on, la France s'honore de n'être pas prête à le payer.
Admirable posture ! Mais ce que les experts ne nous disent pas, c'est que la question n'est plus à débattre. D'ores et déjà, malheureusement, les salariés français vivent la précarité au jour le jour. Ne sont concernés ni les fonctionnaires ni la plupart des salariés qualifiés du privé, au chaud dans une grande entreprise. Mais les autres, la masse des non qualifiés, et surtout les jeunes, vont déjà par bataillons entiers de petits boulots en contrat à durée déterminée. En mars 1996, l'Insee recensait environ 1,8 million de personnes occupant des « emplois précaires » (intérim subi, contrats aidés par l'État, contrats à durée déterminée, apprentissage, etc.). Et tous les indices montrent que ce nombre ne fait que croître. Pour être complet, il faut y ajouter quelque 1,6 million de salariés ayant accepté un temps partiel faute de mieux. Plus du tiers des jeunes de vingt à vingt-quatre ans vit une situation de précarité.
Comment pourrait-il en être autrement ? Dans n'importe quelle ANPE , un simple coup d'œil aux offres d'emploi montre que les contrats «normaux» - de droit privé et à durée indéterminée - sont devenus minoritaires. Les jeunes arrivant sur le marché du travail n'ont donc guère d'autre choix qu'un emploi dont ils savent d'ore et déjà qu'il ne durera que trois, six, dix-huit mois dans le meilleur des cas. Dans certains bureaux de l'agence pour l'emploi, c'est jusqu'à 80 % des «jobs» offerts qui sont soit des CDD (contrats à durée déterminés, surtout, des CES (contrats emploi solidarité) ou des CIE (contrats initiative emploi) - emplois pratiquement publics puisque massivement aidés par l'État, toujours limités dans le temps.
Paradoxe saisissant : c'est la puissance publique qui nourrit  cette précarité dont les gouvernements successifs dénoncent à juste titre les ravages psychologiques  et sociaux ! On s'en doute, la précarisation de l'emploi n'est pas l'objectif des politiques publiques. Elle en est, hélas, la conséquence inévitable : l'État veut encourager les entreprises, les administrations ou les associations à embaucher, mais il ne veut pas que les uns ou Ies autres s'habituent à un coût du travail réduit ni qu'ils s'installent durablement dans les aides. Il a donc eu l'idée de contrats subventionnés, mais qui comportent une échéance. Le CES (contrat emploi solidarité), par exemple, est un mi-temps rémunéré au Smic dont le coût est pris en charge par l'État à hauteur de 75% à 95 % - ce qui laisse très peu à payer aux administrations et aux associations auxquelles il est réservé. Mais il dure généralement six mois ou un an, et n'est pas renouvelable sauf exception. Dans de très rares cas, on peut occuper un CES pendant trois ans - jamais plus.
Au terme de cette période, que se passe-t-il? En théorie, l'employeur qui est satisfait peut «consolider » son CES en un emploi classique, à durée indéterminée et sans aide publique. Cela reste néanmoins exceptionnel. Généralement, il n'a pas le budget pour rémunérer normalement son employé. Même satisfait de ses services, il le renvoie donc à l'ANPE et rembauche immédiatement une autre personne qui, elle, étant éligible au CES, lui coûtera moins cher... pendant quelque six à dix-huit mois. Vous avez dit précarité ?
De même, les contrats aidés dont peuvent bénéficier les entreprises privées - il en existait, fin 1997, la bagatelle de soixante-seize catégories! - sont presque systématiquement à durée déterminée. Avec exactement les mêmes effets pervers. Le CIE est l'un des plus avantageux. Pendant deux ans, l'employeur bénéficie d'une totale exonération des charges sociales, d'une prime mensuelle d'environ deux mille francs par employé sorti du chômage. Mais le plus souvent, lorsque cette manne se tarit, le titulaire du CIE retourne pointer. Et son patron lui Si l'employeur trouve un successeur. Il sera inexpérimenté, mais subventionné.
Et c'est ainsi que des centaines de milliers de français sont enfermés dans le circuit démoralisant des jobs à durée déterminée - passant de contrat de qualification en CES, puis de CES en CIE, puis de CIE etc. Raffinement suprême : pour être admis comme bénéficiaire de certains dispositifs, il faut pouvoir justifier d'une durée de chômage minimum : pas de CIE, par exemple, si l'on n'a pas pointé en vain durant douze mois à l'ANPE. Ce n'est plus seulement la précarité que l'État organise. C'est carrément le chômage !
Et tout cela à grands frais. Comme toujours, les intentions sont pures : c'est faute d'emplois marchands en nombre suffisant que l'État n'a eu de cesse, depuis quinze ans, de multiplier les aides à l'emploi privé et les contrats de travail assistés. Mais les inconvénients de cette politique sont énormes. À commencer par un coût devenu colossal au fil des années : les aides à l'emploi pèsent désormais quelque 150 milliards de francs par an. Depuis la crise du pétrole de 1973, la France a consacré, au titre de la dépense pour l'emploi, la bagatelle de 3500 milliards de francs : l'équivalent d'un peu plus de deux années de budget de l'État, ou encore du volume de la dette publique accumulée à la mi-1996. Ce qui a pour conséquence plus d'impôts, donc moins de consommation et d'investissement dans la sphère marchande.
On pourrait l'accepter si l'efficacité du dispositif d'aide publique à l'emploi n'était de plus en plus faible. Les experts gouvernementaux l'admettent eux-mêmes : l'État évite chaque année moins de chômeurs en dépensant plus d'argent. Au cours des quatre années passées, l'impact net des aides a l'emploi a oscillé entre... 9000 et 48000 chômeurs de moins par an. Une goutte d'eau dans la mer de nos 3 à 4 millions de demandeurs d'emploi.
Mais l'État ne fait pas que dépenser. Il édicte aussi des règles - pour le bien des travailleurs, il va sans dire. Malgré la géniale proposition de l'inénarrable Bernard Tapie, on n'a pas encore décidé de rendre le chômage illégal. Mais à peu près tout le reste a été fait. Le code du travail pèse 730 grammes dans sa version la plus courante - 2464 pages imprimés sur papier bible... Il prévoit tout et le reste : l'article 224-4 exige l'installation d'une chambre d'allaitement dans «les usines qui emploient plus de cent femmes de plus de quinze ans » afin de leur permettre de nourrir leurs bébés. Surtout, il impose des masses de paperasse. À elle seule, la déclaration d'embauche implique quatre formulaires pour quatre administrations différentes.
Au prix de directions du personnel pléthoriques et grâce à des armées d'avocats spécialisés, les grand entreprises parviennent, en général, à maîtriser les subtilités byzantines de cette masse de textes qui se sont stratifiés au fil du temps. Les petites, évidemment, ne le peuvent pas. Un patron de PME ou un artisan doivent choisir : soit ils se plongent dans l'ivresse talmudique de l'étude du droit social, soit ils s'intéressent tout prosaïquement à leurs clients et à leurs affaires.
Bizarrement, la plupart d'entre eux optent pour la seconde solution ; et, pour avoir la paix avec les prud'hommes et l'inspecteur du travail, ils prennent deux mesures conservatoires.
La première : éviter d'embaucher. La seconde : ne jamais embaucher à durée indéterminée. Les patrons savent en effet que le pire problème qu'ils peuvent avoir, c'est un licenciement qui tourne mal. Les règles en sont touffues, largement jurisprudentielles, et souvent très favorables au salarié - car au droit général se combine, dans chaque branche, une convention collective le plus souvent généreuse et protectrice (comme dans la banque ou la presse par exemple). La procédure est complexe ( lettre recommandée, entretien préalable, motivation des causes «réelles et sérieuses », etc.), et son non-respect est sanctionné par de lourdes indemnités à verser au salarié. Pour éviter les ennuis, mieux vaut donc ne pas se mettre en position de devoir débaucher. Mais une chute d'activité justifiant un allégement des effectifs peut toujours survenir, tout comme une mésentente avec un salarié.
C'est pourquoi la solution idéale, aux yeux de bien des patrons, est le CDD (contrat à durée déterminée) : au moins la séparation, prévue dès le départ au contrat ne posera aucun problème... L'avantage est considérable.
L'inconvénient? Rien de grave : tout simplement, la précarité organisée. Les salariés savent qu'ils devront à coup sûr quitter l'entreprise dans un an à trois au maximum. Un raffinement particulièrement remarquable du droit du travail interdit en effet à un employeur de renouveler un CDD plus d'une fois. Comme un CDD ne peut excéder dix-huit mois, la formule ne permet pas d'employer à échéance fixe pendant plus de trois ans (deux fois dix-huit mois). Si, à tort ou à raison, un patron se refuse à embaucher des salariés à durée indéterminée, il est donc condamné à «faire tourner» son personnel sur cette base - et même à se séparer des employés qui donnaient satisfaction. C'est ce que l'on voit au jour le jour dans les petites entreprises françaises, notamment dans le commerce et, plus généralement, dans tous les secteurs dynamiques de l'économie.
L'État, nous dit-on, n'a qu'un souci, une obsession : l'emploi, la sécurité de l'emploi. Sur ce double critère, le bilan de son intervention est tout bonnement catastrophique. La puissance publique engloutit des sommes himalayesques sans obtenir d'autres effets que la modification de l'ordre des chômeurs dans la file d'attente - cela au prix d'une précarité qu'elle prétend haïr. Et elle réglemente le travail jusque dans les plus infimes détails, avec ce résultat admirable que  les employeurs embauchent le moins possible et presque toujours pour une période courte.
Jarry, Kafka et Courteline sont hélas morts trop tôt pour goûter cette farce grinçante. Quant aux millions de personnes qui en sont les acteurs, curieusement, ils n'en rient pas.
                   Philippe Manière
Si on veut voir les conséquences de la précarité en France en conservant un oeil critique sur les raisons invoquées de celle-ci, on écoutera les émissions de Daniel Mermet sur ce thème.

Partager cet article

Repost0
15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 01:37
Goucho rêve d'un gouvernent mondial. C'est un vieux rêve de gauche. La paix assurée par une entité mondiale qui arbitrerait les conflits. Les libéraux rêvent du contraire. Par analogie avec la production d'énergie, pendant que Goucho rêve de centrales thermiques dantesques, d'usines à gaz desservant par ses grosses conduites électriques pleines de déperdition une multitude reconnaissante, le crédule libéral rêve de petites centrales solaires et d'éoliennes disséminées au besoin sur toute la surface de la terre et gérées localement. L'institut Constant tente d'approcher les raisons de ce choix libéral. Extraits: "C'est pourquoi un ordre global efficace doit se baser sur la concurrence paisible entre des modèles et des systèmes les plus variés. Nous devrions nous garder de définir une autorité politique globale ultime qui aurait le pouvoir d'imposer au monde, au moyen d'une vaste organisation bureaucratique et militaire, ce qu'elle déterminerait comme juste..."
"Car même un gouvernement mondial pourrait faire des erreurs, et ses fautes seraient d'autant plus dangereuses que son pouvoir mondial le libérerait de toute concurrence comme de la nécessité de rechercher les solutions les meilleures et les plus satisfaisantes aux problèmes les plus sérieux grâce à sa prétention à un monopole global sur la "vérité"."

Partager cet article

Repost0
12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 00:02
Cet été, j'ai écouté avec intérêt les conférences de Michel Onfray. Sa vision critique des lumières, son horreur des thèses de Sade ont ponctué mon été... Son érudition, sa volonté de rendre intelligible la philosophie sont passionnantes. Hélas, Onfray n'est pas Ayn Rand. Une fois de plus, un intellectuel français, est un antilibéral notoire. Son combat principal est l'athéisme, en second lieu, il voue le libéralisme aux gémonies. Sans doute, le libéralisme en s'accommodant de la religion grâce à la séparation de l'église et de l'état, n'est-il pas assez loin pour Onfray dans la promotion de l'athéisme?  Son athéisme, son intérêt pour la notion de contrat et pas forcément celui de Rousseau, son goût apparent pour la liberté aurait pu le conduire vers d'autres voies. On écoutera (se dépêcher) sa vision iconoclaste de la révolution française. Celle-ci s'éloigne de celle de François Furet pour se rapprocher de celle de Daniel Guérin. En contrepoint, on pourra relire l'article de François Crouzet sur Euro 92 décrivant cette révolution française en deux temps vue par les libéraux. Pour Onfray, la révolution française fut une révolution libérale et Robespierre était un bourgeois libéral. "Voltaire triomphe avec son bras armé: Robespierre!... Dieu, propriété, sûreté, commerce et liberté sont les fondements de cette révolution!" Un des points d'achoppement majeur est la propriété privée. Onfray voit la propriété privée comme un principe destructeur. La révolution française aurait surtout servi les grands propriétaires et les entrepreneurs. Conséquent envers lui-même, Onfray conserve quelque fascination pour Gracchus Babeuf et les sans-culottes: victimes de cette "révolution française avortée, par et pour le peuple". L'an prochain, il aura l'occasion d'exposer ses thèses sur Babeuf. En voici un extrait avant la lettre où l'on voit que la notion de propriété sans celle de liberté et de responsabilité peut aboutir à cette description de Babeuf: "C'est la grande propriété qui fait les oppresseurs et les opprimés, les oisifs gonflés de vanité et les esclaves écrasés sous le poids d'un travail excessif... C'est la grande propriété qui a inventé et soutient le trafic des blancs et des noirs (...) C'est elle qui, dans les colonies, donne aux nègres de nos plantations plus de coups de fouet que de morceaux de pain." Goucho serait-il babouviste? Voilà qui clarifierait le débat.

Partager cet article

Repost0