Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
  • Contact

Mon profil

Recherche

Réseau

22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 00:58
L'Europe est le grand bénéficiaire de la mondialisation. La France n'est pas en reste. Par exemple, seulement 3.4% des emplois perdus en 2005 seraient dus à l'offshoring. La France est particulièrement forte à exporter ses services. Les politiciens européens habitués à travailler dans des systèmes corporatistes dominés par les syndicats et les politiciens n'apprécient pas le manque de contrôle que leur confère la mondialisation. "Bien que beaucoup d'Européens ne semble pas le réaliser, la mondialisation a été trés bonne pour eux- et le protectionnisme aura plus de conséquences néfastes que de points positifs. Est-ce que les politiciens seront assez francs pour le dire à leurs administrés?" 
Voici le résumé d'un article tiré du livre "Globalisation and Europe:“Globalisation and Europe: Prospering in the New Whirled Order”. By Daniel S. Hamilton and Joseph P. Quinlan"

Partager cet article

Repost0
22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 13:28
Selon Jean-Pierre Chevallier, à l'inverse de Fillon, qui raille le pseudo-libéralisme des pays riches, remettre de l'argent dans l'économie est une forme de libéralisme.  "C'est du libéralisme car ce sont 150 milliards de dollars qui retournent dans la poche des Américains à qui l’Etat restitue une partie des impôts qu’ils ont déjà payés. Moins d’impôts, moins de taxes, c’est du libéralisme !"

 

Partager cet article

Repost0
10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 11:16
Il y a deux siècles, les artistes engagés en politique comme l'était Lamartine réagissaient comme aujourd'hui: peu connaisseur en économie, donnant toute leur confiance en l'Etat. Dans sa correspondance, Bastiat s'adresse à Lamartine et tente de lui faire comprendre que cette charité demandée à l'Etat est vaine et contreproductive.
"Vous proclamez le droit au travail, vous l’érigez en principe; mais, en même temps, vous montrez peu de foi dans ce principe. Voyez en effet dans quelles étroites limites vous circonscrivez son action. Ce droit au travail ne pourra être invoqué que dans des cas rares, dans des cas extrêmes, pour cause de vie seulement (propter vitam), et à la condition que son application ne créera jamais, contre le travail des industries libres et le tarif des salaires volontaires, la concurrence meurtrière de l’Etat. Réduites à ces termes, les mesures que vous annoncez sont du domaine de la police plutôt que de l’économie sociale...
Vous reprochez à l’école Libérale d’être cruelle… Vous dites :" que l’état adopte les enfants trop nombreux. Voilà, certes, qui est bientôt décreté. Mais avec quoi, s’il vous plaît, les entretiendra-t-il ? Sans doute avec des aliments, des vêtements, des produits prélevés sur la masse sous forme d’impôts, car I’Etat, que je sache, n’a pas de ressources à lui, indépendantes du travail national." L’Etat ne déplace pas seulement les capitaux, il retient une partie de ceux auxquels il touche; et trouble l’action de ceux qu’il ne touche pas. De plus, la nouvelle distribution des salaires est moins équitable que celle à laquelle présidait la liberté, et ne se proportionne pas, comme celle-ci, aux justes droits de la capacité et de la moralité
vous ne pouvez servir deux maîtres. Vous ne pouvez travailler à la simpliticalion du pouvoir, demander qu'il ne touche " ni au travail ni à la conscience, et en même temps qu’il prodigue l’instruction, qu’il colonise, qu’il adopte les enfants trop nombreux, qu’il s’interpose entre les masses et leurs misères. Si vous lui confiez ces taches multipliées et délicates, vous l’agrandissez outre mesure; vous lui conférez une mission qui n’est pas la sienne; vous substituez ses combinaisons à l’économie des lois sociales ; Vous le transformez en "Providence qui ne voit pas seulement, mais qui prévoit; vous le mettez à  même de prélever et de distribuer d’énormes impôts; vous le rendez l’objet de toutes les ambitions, de toutes les espérances, de toutes les déceptions, de toutes les intrigues; vous agrandissez démesurément ses cadres, vous transformez la nation en employés ; en un mot vous êtes sur la voie d’un fouriérisme bâtard, incomplet et illogique… Inscrivez sur votre bannière "Société libre, gouvernement simple."


Partager cet article

Repost0
24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 11:50
Le réveil du baladeur MP3 arrose la chambre d'une douce balade américaine enregistrée en public. Devant sa porte, Fred trouve une bouteille de lait frais du pays. La cafetière italienne siffle, annonçant un café à point, en même temps que son portable couvert de messages. Fred ne boit que du moka bio d'Ethiopie. Une manière de soutenir l'Afrique. Le tram le happe à l'heure impartie, ce qui lui permet d'atteindre son bureau avant 9 heures. La Tribune du lundi avec ses petites annonces immuables trône sur celui-ci à côté de sa plume préférée: un Mont-Blanc. Ses stores de marque coréenne s'ouvrent automatiquement aux premières lueurs du jour. Négociations difficiles avec la Russie par téléconférence. Au resto à midi, il peut déguster un repas indien. Sobre, il boit de l'eau du robinet. En passant par le square, il rencontre le marchand de glaces artisanales qui lui propose un dernier parfum exotique: Sucre de canne. Quelques gamins tapent dans un ballon de cuir chinois dans l'herbe fraîchement tondue. Il passe rapidement en sortant du bureau par le grand magasin dont les gondoles revisitées annoncent de nouvelles promotions. Il respire un coup en prenant en sortant, une petite rue traversière aux trottoirs lustrés. Quelqu'un le retient par la manche et lui rend son portefeuille qu'il vient de laisser tomber. Il remercie chaleureusement. Vers 18 heures, Barbara vient le prendre dans sa nouvelle décapotable, carrosserie huilée, portières dont le bruit de fermeture en paraîtraît musical et jeux de vitesse comme sur du velours. Les voilà qui déboulent dans le fluide trafic de cette fin d'après-midi. Ce soir, on joue sérieux. Pas de cinéma. Pas de Web-TV. Il connaît son sujet sur le bout des doigts. Barbara filmera pour publication sur le site Web de l'association. Le thème de ce café-débat orchestré par Fred: "La main invisible, ce fantasme libéral"...

Partager cet article

Repost0
10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 00:00
J'ai lu le livre récent "Girondins jusqu'au tombeau" sur ces "libéraux conservateurs"  qu'étaient les Girondins pendant  la révolution française. (En voici ici une critique et une autre ) Même si la plus grande partie travaillait dans le négoce, les girondins étaient également constitués d'artisans et de commerçants. Ils étaient envers et contre tout attachés au libre-échange et à la propriété privée. Est-ce leur rapport avec le négoce étranger qui leur donnèrent cette foi? Pour eux, la révolution avait fait ses plus grands pas entre 89 et 93. Après juin 1793, décimés, ils ne virent plus que tyrannie dans la révolution."Ce peuple est trop enfant pour marier ses lois sans se blesser. Il reviendra à ses rois comme l'enfant revient à ses hochets! Nous nous sommes trompés de temps en naissant et en mourant pour la liberté du monde, nous nous sommes crus à Rome et nous étions à Paris." écrivit Vergniaud avant d'être emporté par la guillotine. Ayant perdu la partie face aux montagnards alliés aux vitupérants sans-culottes, ces pionniers de la liberté n'eurent que les désagréments de l'histoire qui ne garde parfois d'eux que l'image d'exploiteurs bourgeois, traditionnels et égoïstes. On pourrait retenir quelques faits poignants comme la mort de Pétion et Buzot en fuite devant la terreur dévorés par des chiens ou bien le cas du jeune Charles Jouin condamné à vingt ans assorties d’une exposition publique avec l’inscription : « calomniateur de la représentation nationale et des braves Parisiens ».

Partager cet article

Repost0
24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 08:20
Muscat : sultanat d'Oman. Entre mer et montagne, cette destination est un havre de tranquillité pour les touristes et les sportifs. Une tornade a dévasté une partie de la ville. Les plages sont impraticables, le centre-ville est provisoirement sans électricité. Pourtant, Oman est un petit paradis. Les commerçants débordent d'honnêteté. Il n'y a que quelque chat squelettique, au regard insolent qui puisse être agressif. Derrière l'abondance et la belle architecture sentant le neuf comme une cire d'abeille, en prenant un pas contraire, on croise parfois une apparence de dénuement. Ferrailles dépassant des combes, toits éreintés, poussières de chantier, murs laissés pour compte et plastiques flottant au gré du vent. Nombreuses sont les petites échoppes s'occupant de la maintenance des appareils électroniques et des téléphones. Une véritable industrie. Les autochtones, riches d'un pétrole abondant, ont réussi à rendre cette côte adossée au rocher, forte accueillante. Parfois on se croirait même sur une autre planète. L'entrée de Muscat est particulièrement spectaculaire. Une promenade magnifique  déroule ses dalles le long du port. À chaque pose, des statues de pierre affichent un méli mélo de dauphins aspirant à l'envol. Devant l'horizon, les lourds cargos formant un rideau d'acier aux larges pans de couleur. Des petits vaisseaux en bois en cheval d'arçon, prêts à arpenter les vagues, se laissent bercer, amarrés à quelques encablures du port. A droite, des adolescents jouent au cricket dans une palmeraie avec tout le sérieux que la chaleur leur octroie. Les hommes portent une robe blanche, un petit chapeau rond et léger. Les femmes, elles, sont en noir des pieds à la tête. À peine un petit liseré sur la robe pour apporter une touche personnelle. A l'opposé de la baie, on distingue une splendide mosquée surmontée d'une grosse boule bleue chamarrée. A l'horizon, la porte de Muscat apparaît sur un rocher, immense champignon tout rond et blanc laiteux. Derrière la grande arche, couleur de terre, évidence logique des petits fortins qui fleurissent aux abords de Muscat, La vieille ville offre alors aux visiteurs le magnifique palais du Sultan précédé d'une longue allée de pierre. Oman aime le business mais discrètement. Loin des magnificences arrogantes de Dubaï, Oman est la petite Suisse de la région, me dit un Pakistanais. Je croise au restaurant un groupe de jeunes et belles femmes devisant et portant un même sari aux teintes jaunes mordorés et de fières lunettes de soleil. Oman vit un islam quiet.

Partager cet article

Repost0
17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 00:03
La révolution a abrogé dans la nuit du 4 août 1789 les corporations, maîtrises et jurandes et proclamé la liberté du travail. Yves Guyot décrit le monde du travail avant 89. 
"Le commerce et l'industrie de Paris appartenaient à six corporations: les drapiers, les épiciers, les merciers, les pelletiers, les bonnetiers et les orfèvres. Nul ne peut s'établir boucher à Paris sans l'agrément de la corporation des bouchers. Il fallait pour le harnachement d'un cheval le concours de six corporations : les chaisiers faisaient le fond de la selle ; les bourreliers, les troussequins; les peintres selliers, les ornements; les blasonniers ; les armoiries; les lormiers, le mors, les gourmettes et les étriers... Il y eut aussi dans le Xivème un grand combat entre les rôtisseurs et les poulaillers. Les poulaillers reconnaissaient aux rôtisseurs le droit de rôtir un boeuf,mais leur déniaient le droit de rôtir un poulet. Les marchands, se considérant d'une caste supérieure ne voulaient rien avoir en commun avec "les artisans". Les merciers se vantaient d'avoir détaché de leurs corps les tapissiers qu'ils considéraient comme inférieurs. Les maîtres formaient une caste à part. Ils étaient les véritables possesseurs de la corporation : pour eux comme pour leur famille, tout était faveur. L'apprenti qui n'était point fils de maître, devait pendant de longues années non seulement travaillé pour le maître, sans salaire, mais payer lui-même. Celui qui ne payait en argent devait s'acquitter en sacrifiant un certain nombre d'années.
L'engagement de l'apprenti avait lieu devant le maître et était irrévocable. Livré tout entier à son maître, soumis à tous les caprices et à toutes ses exigences, l'apprenti n'était pas admis à déposer contre lui devant les prud'hommes. C'était un serf. Tous les règlements parlaient des devoirs de l'apprenti, aucun ne parle des obligations du maître. Le fils du maître était ouvrier de naissance.
Les corporations avaient des règlements ayant pour but d'uniformiser leur fabrication. Colbert en 1669 édicta quatre grandes ordonnances. Toute initiative personnelle était sévèrement réprimée. L'ordonnance du mois d'août 1669 prescrit les longueur et largeur que doivent avoir les draps. Le 18 mars 1671, Colbert publie une instruction en trois cent dix-sept articles pour composer les couleurs. Les règlements concernant le tissage entrent dans les plus minutieux détails. À tout instant, nos fabricants s'apercevaient qu'ils ne pouvaient produire ce que leur demandait l'étranger. Alors ils sollicitaient le gouvernement de vouloir bien apporter quelques modifications à ses réglements. Aujourd'hui le fabricant tissait une étoffe que le lendemain un règlement lui interdisait de vendre. Pour maintenir cette réglementation, sans cesse la maréchaussée, les inspecteurs tombaient dans les ateliers, bouleversant tout, s'appropriant les procédés secrets, les dévoilant, suspendant le travail, ruinant souvent le crédit par une fausse ou mauvaise interprétation de l'état des affaires. Un arrêt de 1784 prescrit que la longueur des mouchoirs fabriqués dans le royaume soit égale à la largeur. Turgot proclama la liberté du travail et cela lui coûta son ministère. Pourtant dès 1614, le Tiers-état avait demandé que toutes maîtrises de métiers fussent éteintes". Ce système de corporations de jurandes faisait si bien partie de l'échafaudage de féodalité et d'inégalité de l'Ancien Régime que ce fut dans la nuit du 4 août 1789 qu'il disparut."
Ainsi pour la révolution française le contrat doit se faire individuellement de gré à gré. La loi Le Chapelier en 1791 se basera sur cet esprit pour ne pas concéder aux ouvriers qualifiés parisiens un salaire minimum journalier et un contrat collectif. "L'anéantissement de toutes les espèces de corporations des citoyens du même était et profession, étant une des bases fondamentales de la constitution française et il est défendu de les rétablir sous quelque forme que ce soit..."
Cette loi discutable aujourd'hui et sans doute moins à l'époque devait rester en vigueur jusqu'en 1864 et fut toujours dénoncée par les Socialistes. Elle avait au moins pour avantage d'interdire également les associations entre patrons et de limiter l'abus de pouvoir syndical.
Référence : Yves Guyot: les principes de 89 et le socialisme
François Crouzet: La logique libérale de la révolution française

Partager cet article

Repost0
13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 00:03
La diminution du temps de travail était un sujet anticonstitutionnel aux U.S.A dès 1905
En 1897, une loi connue sous le nom de "Loi du travail de l'État de New-York" défendant à un salarié de travailler plus de dix heures par jour, même s'il veut augmenter son salaire a fait l'objet de contestations et le 20 mai 1895, elle fut déclarée inconstitutionnelle. Cette loi restreint nécessairement le droit de contracter entre l'employeur et l'employé concernant le nombre d'heures de travail. Le droit général de faire un contrat en rapport avec ses affaires est une partie de la liberté individuelle protégée par le 14ème amendement de la constitution des États-Unis.
"Il n'y a pas de base raisonnable pour restreindre la liberté d'une personne ou le droit de libre contrat en déterminant le nombre des heures de travail... Considérée comme une simple loi de travail, nous pensons qu'une loi telle que celle-ci ne comprend ni la sûreté, ni la morale, ni le bien-être du public et que l'intérêt du public n'est pas au moindre degré intéressé par un tel acte. On peut soutenir que la loi protège la santé de ceux qui sont engagés dans la profession de boulanger. Mais elle n'affecte aucune autre partie du public. La propreté et la qualité du pain ne dépendent pas de ce que le boulanger ne travaillera que dix heures par jour ou soixante heures par semaine. La limitation des heures de travail ne tombe pas de ce chef sous le pouvoir de la police.
L'interdiction de faire aucun contrat, dans la boulangerie qui fixerait un certain nombre d'heures de travail par jour, est, à notre avis, si en dehors d'une mesure convenable et juste qu'elle porterait atteinte à cette liberté de personne et de libre contrat garantie par la constitution fédérale. (juillet 1905 Bulletin of the Bureau of Labor). Référence : La démocratie individualiste d'Yves Guyot.

Partager cet article

Repost0
9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 00:29
Je partage la fascination d'Edouard Fillias  pour la révolution française. En témoigne nombre d'allusions dans ses articles. "La Révolution, la première, celle de 1789 avec laquelle nous voulons renouer, est née contre les privilèges et les inégalités, devenus insupportables alors que la pression fiscale ne cessait de s'accroître."  Les révolutions française et américaine marquent les grands débuts du libéralisme. La gauche française n'aime pas vraiment la révolution française, soupçonnée d'être une révolution inspirée par la grande bourgeoise. Elle garde la nostalgie des Sans-Culottes qui rêvaient de taxer les riches et de fixer les salaires... Quand la gauche française rêve de révolution, celle-ci est une posture inépuisable où le parangon de l'opprimé 2007 peut être ce jeune facteur de Neuilly et le parangon du révolutionnaire, le Che. Voir le blog de OB (Besançenot):  "(l'année 2007) ce sera une nouvelle fois l'occasion de faire du bruit, en préparant les mobilisations sociales et les résistances nécessaires pour que les opprimés et les exploités, bref la majorité, arrive à arracher à une minorité les droits légitimes qu’ils revendiquent..."

Partager cet article

Repost0
28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 00:08
Bastiat fait une analyse purement économique de la colonisation dans un de ses derniers pamphlets "Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas". Il s'insurge totalement contre tout projet pharaonique qui serait basé sur un prélevement de l'impôt. Il prend ironiquement le terme de Barbarie pour parler de l'Algérie afin de se moquer de l'emphase des défendeurs du projet.
"Mais voici quatre orateurs qui se disputent la tribune. Ils parlent d’abord tous à la fois, puis l’un aprés l’autre. Qu’ont-ils dit? De fort belles choses assurèment sur la puissance et la grandeur de la France, sur la nécessité de semer pour récolter, sur le brillant avenir de notre gigantesque colonie, sur l’avantage de déverser au loin le trop-plein de notre population, etc., etc. ; magnifiques pieces d’éloquence, toujours ornées de celte péroraison :
Votez cinquante millions (plus ou moins) pour faire en Algérie des ports et des routes, pour y transporter des colons, leur bâtir des maisons, leur défricher des champs. Par là vous aurez soulagé le travailleur français, encouragé le travail africain, et fait fructifier le commerce marseillais. C’est tout profit." Oui, cela est vrai, si l’on ne considere lesdits cinquante millions qu’à partir du moment où l'État les dépense, si l’on regarde où ils vont, non d’où ils viennent; si, I’on tient compte seulement du bien qu’ils feront en sortant du coffre des percepteurs, et non du mal qu’on a produit, non plus que du bien qu’on a empêché, en les y faisant entrer; oui, à ce point de vue borné, tout est profit. La maison bâtie en Barbarie, c’est ce qu’on voit; le port creusé en Barbarie, c’est ce qu’on voit; le travail provoqué en Barbarie, c’est ce qu’on voit; quelques bras de moins en France, c’est ce qu’on voit; un grand mouvement de marchandises à Marseille, c’est toujours ce qu’on voit. Mais il y.a autre chose qu’on ne voit pas. C’est que les cinquante millions dépensés par l’État ne peuvent plus l'être, comme ils I’auraient été, par le contribuable...
Comment cela se peut-il, si en transportant ce colon à Alger, on y a transporté aussi deux ou trois fois le capital qui I’aurait fait vivre en France?... Le ministre de la guerre a affirmé dernièrement que chaque individu transporté en Algérie a coûté à l'État 8000fr. Or il est positif que les malheureux dont il s'agit auraient très bien vécu en France sur un capital de 4000 fr...
Déplacer le travail, c'est déplacer les travailleurs, c'est troubler les lois naturelles qui président à la distribution de la population sur le territoire."

Partager cet article

Repost0