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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 22:54

La Main invisible est une métaphore. Cette métaphore puissante a été maintes fois décrites afin de lui donner une existence plus concrète. Cette métaphore a connu le plus extraordinaire destin possible pour une métaphore : elle a été démontrée mathématiquement. C'en était trop pour ceux dont l'économie doit toujours être subordonnée à l'utopie... Ce fut le début de son déni !

Pour Pierre Garello dans l'excellent Dictionnaire du Libéralisme, "les doigts de la main Invisible ne sont autres que les règles de la propriété, du contrat et de la responsabilité".

La gauche rejette la notion de Main Invisible. On la comprend, cette métaphore de la coopération joue sur sa chasse gardée : collaboration et coopération. De plus, il est à la gauche difficile de concevoir un ordre non créé de toutes pièces.(Garello)

L'argument le plus fort contre la Main Invisible, qui a donné à la gauche plus d'aplomb, ces dernières années, pour la railler plus encore, est celui de Joseph Stiglitz. La Main Invisible ne peut s'appliquer que dans des conditions optimales. Ces conditions n'étant jamais réunies, la Main Invisible n'existe donc pas.

En 1983, Gerard Debreu obtient le prix nobel d'économie avec ses travaux mathématiques sur la théorie générale des prix en décrivant les conditions d'application possible de la Main Invisible.. "In this model, Arrow and Debreu managed to prove the existence of equilibrium prices, i.e., they confirmed the internal logical consistency of Smith's and Walras's model of the market economy."

Paradoxalement, cette approche d'une théorie donne à ses adversaires des armes à une contre argumentation : Les conditions à l'équilibre des prix de Debreu ne sont jamais atteintes. Ainsi la belle métaphore élévée au firmament de la théorie, est plongée dans le déni.

La Main Invisible me paraît toutefois la chose la plus concrète du monde. Travaillant dans une zone industrielle, il me suffit de jeter un oeil par la fenêtre. Je distingue le jeu continu des véhicules de livraison, des jardiniers, des vitriers qui s'affairent pendant que dans les bureaux, les employés de banque gèrent les comptes de leurs clients, les ingénieurs connectent des ordinateurs sur des réseaux complexes... La chanson de Dutronc "Il est 5 heures, Paris s'éveille" m'en paraît une bonne illustration. Celle-ci est la faculté à faire que chaque jour les trains arrivent à l'heure, qui'il y ait de belles fleurs sur les balcons et que chaque matin le pain soit savoureux. Dans le cas du dernier tsunami, la Main Invisible a été abattue. Ce fut la faculté de résilience des Japonais qui la redressa rapidement.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 10:43

En tant que crédule libéral, ayant suivi de loin comme tout un chacun le conflit, je voudrais manifester toute ma compassion envers le peuple québécois. Je suis solidaire de ces oreilles blessées par le bruit des casseroles.

Les Québécois sympathisants de gauche face à leur démocratie ronronnante ont la nostalgie des luttes européennes, si épiques et si pittoresques. Ils veulent du bruit et de la fureur. En France, nous avons connu ces grandes manifestations, par exemple en 1993 et en 2006, lors des tentatives avortées de salaire minimum pour les jeunes. Nous ne sommes pas surpris par les arguments cul par dessus tête généralement invoqués, qui débordent largement de leurs sujets, les empêchements des étudiants réfractaires d'assister au cours. Ainsi, la formulation d'un problème pertinent comme "le financement des études" devient la lutte altermondialiste contre un libéralisme fasciste, un soulèvement salutaire contre le néolibéralisme et contre un système bancaire qui déraisonne, même si cela n'a rien à voir. Je sais la nostalgie des anciens combattants de gauche qui, la larme à l'œil, vantent une jeunesse virulente. Le principe de bon sens qui consiste à faire participer les bénéficiaires à leurs dépenses est mis à mal par la diabolisation du slogan "utilisateur payeur". Le principe inverse fait froid dans le dos.

J'ai plutôt le sentiment d'un nouveau soubresaut de notre bonne vieille gauche qui déteste la démocratie. La voilà qui se surprend à ébranler les gouvernements grâce à ces fleurons du capitalisme que sont les réseaux sociaux, en se prenant pour une faiseuse de printemps. Á la décharge des étudiants, j'imagine les arrestations brouillonnes d'un gouvernement québécois désarçonné (comme à leur habitude, ils ont même inventé une nouvelle loi) et peu habitué de ces manifestations. Comme à leur mauvaise habitude, Les policiers français sont habitués depuis 1968 à ce genre d'affrontement. l

Je ne vois rien à travers cet apprentissage de la non-démocratie qui soit porteur d'espoir pour les Québécois qui pourraient se retrouver un peu plus  à la traîne du Canada anglo-saxon. Je ne vois à l'avenir pour éviter ces vains affrontements qu'une solution : le référendum d'initiative populaire. Ainsi, les principales décisions des gouvernements seraient validées par le suffrage universel : Une solution démocratique pour clouer le bec aux vieux grigous de la gauche alternostalgique et aux jeunes ambitieux qui rêvent d'un baptéme de roses sur le podium de la lutte psalmodique et play-révolutionnaire.

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 17:38

Comment la droite et la gauche raisonnent-elles à l'aune des forces spontanées? L'idée d'ordre spontané est de permettre au citoyen d'être libre de ses initiatives et de déterminer son destin par ses propres choix, plutôt que par des dictats et des contraintes venues de l'extérieur.

 

CONSTITUTION ET ASPIRATION AU BONHEUR

La liberté de la presse et de culte est une première condition indispensable à la possibilité d'existence des forces spontanées dans une société. Le XVIIE siècle a vu des révolutions importantes et l'émergence de monarchies constitutionnelles. C'est donc en Occident une période-charnière. La déclaration des droits de l'homme ou la constitution américaine sont parmi les premiers exemples de charte permettant de mettre en place les conditions d'expression de forces spontanées. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 constate quatre droits naturels fondamentaux : liberté, propriété, sûreté, résistance à l’oppression. Le contrat social invoque l'idée que le souverain puisse être redevable du bonheur de son peuple.  

Les forces spontanées s'expriment par l'action plutôt que par l'affrontement. La démocratie directe telle qu'elle est conçue en Suisse correspond l'expression de forces spontanées. Le citoyen est consulté sur la plupart des sujets importants ayant trait à l'évolution de la cité. La démocratie directe limite le despotisme étatique et la concentration des pouvoirs aux mains de quelques-uns.

 

  •  La gauche est attachée à la déclaration des droits de l'homme de 1793 et se réfère depuis peu le programme du CNR de 1945, résultat d'un consensus unique entre droite et gauche après la guerre. La gauche exècre tout rapport de domination. Le souverain est responsable du bien-être du peuple. La gauche revendique des droits nouveaux (logement, anti-précarité, santé...). Pour la gauche socialiste, le suffrage universel a été une revendication de la première heure. Le parti est l'instance par laquelle est censé naître la démocratie et s'exprimer les doléances du peuple.

  • La droite monarchiste qui avait rejeté la révolution à perdre toute influence. La droite autoritaire revendique la concentration des pouvoirs autour d'un monarque ou d'un dépositaire de l'autorité. Le souverain est responsable de l'ordre, de la justice et de la sécurité. Elle a souvent eu quelque méfiance envers le suffrage universel.
    La droite (libérale) se réfère à la déclaration de 1789 ou à la constitution américaine aux USA citée comme référence de l'établissement d'un ordre spontané (Ron Paul). La droite préfère la notion de contrat de gré à gré plutôt qu'un contrat général. La droite est récalcitrante envers tout droit nouveau, en dehors des droits naturels.

REGARD ET RAPPORT AU MONDE
 

La manière d'aborder le réel et le monde... Tolérer l'erreur et faciliter la prise de risque. Laissez s'exprimer les forces spontanées sans savoir où elle mène. Le principe de précaution va à l'encontre de la moindre prise de risque.

 

  • La gauche est fondée sur le Non et le refus du présent, sur le paradigme de la lutte des classes, sur les rapports de force entre travailleurs et patrons, entre capital et travail. Pour elle, les patrons exploitent leurs employés afin d'en tirer le maximum de profits. La gauche revendique l'acceptation de toutes les cultures (multiculturalisme). Pour la gauche, être à droite c'est avoir peur de tout et de l'étranger.
    La gauche prend des risques et n'a pas peur de l'avenir, voire de faire table rase du passé.

  • À droite, la réalité est acceptée dans toutes ses composantes et le présent y est exalté. La droite respecte et accepte toutes les cultures, mais se méfie du mélange de celles-ci. Chacun reste chez soi, selon ses coutumes, dans ses frontières, et la paix est assurée. La droite apprécie la singularité plutôt que la généralité, l'individu plutôt que le groupe. La métaphore de l'arbre dont les racines croissent naturellement est une métaphore revendiquée par la droite.

 

 

RAPPORT AU PRESENT 

L'indifférence est bannie d'une société spontanée. Toute action suscite une réaction. Toute expérimentation est soumise à évaluation, loin de toute idéologie qui est une forme d'anticipation. Une erreur reconnue après un banc d'essai permet de rectifier une action. On avance par essais et corrections d'erreur, avec pragmatisme. L'adaptation est permanente.  

 

  • La gauche est peu axée sur le présent, elle aime les utopies. Son credo est l'exaltation de l'avenir et la transformation du présent. Tout rapport de domination est combattu. La gauche parle souvent de résistance à l'oppression.

  • Pour la droite : le crime ne doit pas rester impuni. La droite est parfois taxée de présentisme, les choses sont telles qu'elles sont et on ne peut les changer sans casser des œufs. La droite a tendance à respecter l'ordre établi. (Penser à droite)

 

LA COOPERATION ET LA COLLABORATION

Faciliter les processus de solidarité et de coopération. Vivre en collectivité.

 

  •  La gauche met l'accent sur la solidarité et la coopération. Elle préfère la redistribution par l'État via l'impôt par exemple plutôt que par l'entreprise. Elle est très attachée à la notion d'égalité et de justice sociale. Elle reproche aouvent au capitalisme d'accentuer les inégalités, c'est-à-dire de faire que le pouvoir d'achat des pauvres augmente moins vite que celui des riches. Elle rejette la métaphore de la Main Invisible (Joseph Stiglitz). Il faut une intervention de l'État pour diminuer la pauvreté. En effet, à un moment ou un autre les forces spontanées du libre marché ne pourront atteindre à l'égalité. La concurrence  est perçue comme une compétition, comme un mécanisme darwinien destiné à anéantir les faibles. La gauche met ainsi l'accent sur l'égalité et la fraternité. La gauche reproche à la droite sa propension à l'égoïsme, à l'individualisme et le manque de compassion pour ses semblables.

  • La droite met l'accent sur la collaboration à travers notamment la main invisible qu'elle considère comme une excellente métaphore de la coopération spontanée. Chacun réalise ses objectifs personnels tout en étant relié par un fil invisible avec les autres. Ce qui réalise la plus grande harmonie. La droite libérale argue que le capitalisme est le seul moyen de permettre le développement harmonieux des sociétés. La droite considère la notion d'inégalité comme discutable puisqu'en premier lieu, ce sont les richesses produites qui font sortir les pays de la pauvreté. Elle préfère souvent s'en remettre aux forces spontanées du marché. L'impôt doit être faible, sinon il est considéré comme une spoliation. La droite insiste plus sur la liberté et l'égalité dans la mesure où celle-ci sera mieux réalisée par l'exercice spontané des forces du marché. Elle considère que les interventions de l'État ont des effets de bord nocifs sur les échanges économiques. La concurrence est un mécanisme autorégulateur indispensable permettant les choix spontanés des agents économiques alors que l'absence de concurrence facilite le clientélisme et la corruption. La droite reproche à la gauche sa propension à l'égalitarisme qui dissimule non pas une générosité, mais une jalousie à l'encontre d'un plus riche que soi. La droite plébiscite la redistribution par la charité, car celle-ci ne passe pas par l'État. La droite libérale reproche à la gauche sa propension à soutenir tout régime qui se revendique de gauche, même s'il est une dictature.

 

EMANCIPATION DE L'INDIVIDU

Faire confiance à l'initiative individuelle, l'autonomie et comment permettre l'émancipation des citoyens. 

 

  • La gauche plébiscite le collectif. Elle s'intéresse peu à la notion d'individu et de libre-arbitre. Elle aime les mouvements de masse (mass-games), les révoltes populaires, les associations et les actions collectives. Elle se méfie de la propriété qu'elle considère comme bourgeoise. Elle revendique la propriété sociale (Jaurès et la propriété sociale) et le partage de tous les moyens au service de tous. La coopérative lui est plus familière que l'entreprise, qui abrite une forme d'exploitation. L'individu est le produit de la société (constructivisme de Bourdieu), de la classe auquel il appartient. Elle se déclare souvent pacifique au moment de l'émergence de conflits. Elle insiste particulièrement sur l'éducation et la culture.

  • Hayek, prix Nobel d'économie et théoricien du libéralisme est un théoricien de l'ordre spontané considérant que le socialisme mène à la servitude. La droite est attachée aux droits de propriété. Le capitalisme a pour fondement la privatisation des moyens de production. Pour la droite libérale la notion d'individu est fondatrice. Pour la droite libérale, ces droits de propriété  (droits de propriété avec De Soto) sont la condition indispensable à la lutte contre l'esclavagisme et la pauvreté.

 

 

CONSTRUCTION DE LA SOCIETE

La politique se construit au jour le jour par la négociation et la résolution des contradictions, en évitant tout centralisme et concentration des pouvoirs. L'application des forces spontanées consiste dans la prise en compte des réalités à laquelle on ne peut échapper afin de les transformer et de les adapter au mieux des avantages de la cité. La fin ne justifie pas les moyens, le processus est aussi important que l'objectif. Les meilleurs lois sont celles qui sont respectées. Une bureaucratie tatillonne est un frein à l'expression de la spontanéité des individus.

 

  • Les régimes communistes ont souvent eu du mal sans user de contraintes à réussir de grands travaux ayant besoin de la participation de tous les corps de métier. La gauche aime rassembler, centraliser. Elle a pour objectif de mutualiser les ressources d'eau pour mieux les partager. Elle est défiante envers le libre échange, préconisant la régulation des marchés. Elle a tendance à rêver d'un gouvernement mondial plutôt qu'aux états nations. Elle a tendance à renforcer naturellement les prérogatives de l'État, garant de la justice sociale, par la création par exemple de postes de fonctionnaires, par la création de services gérés par l'État. Pour encourager l'innovation et la créativité, la gauche va utiliser par exemple les subventions aux associations. La gauche préconise les nationalisations et préfère les services publics, qui lui paraissent plus efficaces et moins chers. Pour le bien de la collectivité, elle n'hésite pas à s'ingérer dans les affaires d'autrui. Du point de vue économique, elle propose la relance par la demande en se basant sur la théorie du multiplicateur keynésien.

  • La droite considère que la profusion de fonctionnaires crée de la bureaucratie qui va finir par casser le jeu des forces spontanées. (Théorie des choix publics) La distribution de subventions peut rapidement s'apparenter à du clientélisme, finissant par créer de l'inégalité en venant brouiller le libre jeu de la concurrence. La droite plébiscite les privatisations, la baisse des dépenses publiques pour éviter une bureaucratie coûteuse à l'état  (L'Etat c'est la grande fiction....) et donc à l'ensemble des citoyens. Les patrons paient leurs employés au maximum de leurs possibilités, malgré leurs contraintes. La droite aime prendre en compte la notion de singularité et se méfie de la loi de la majorité qui n'hésite pas à violer les droits de propriété. Pour la droite "Small is beautiful", elle est souvent sensible à la notion d'état-nation, voire au nationalisme, pour la droite autoritaire. La partition lui est envisageable si les deux parties ont des conceptions divergentes.

 

 

RAPPORT A LA CREATIVITE ET A L'INNOVATION

Créativité et innovation sont un axe important de différenciation entre droite en gauche.

 

  •  La gauche aime innover à travers l'organisation sociale. Elle considère que depuis un siècle, sa lutte pied à pied contre le pouvoir a permis de progresser en matière d'acquis sociaux, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs...

  • La droite sollicite l'innovation individuelle ou entrepreneuriale. Elle considère que le capitalisme a permis de faire grandement progresser le niveau de vie et diminuer la pauvreté dans le monde.

Limites de l'exercice :

La généralisation entre droite et droite libérale dixit libéralisme est source de confusion. Si la gauche socialiste est antilibérale par essence, la droite n'est pas forcément libérale. La notion de forces spontanées est l'apanage du libéralisme. Sans doute faudrait-il se reposer sur un trinagle droite - gauche - libéralisme (ou bien droite libérale puisque le libéralisme initialement à gauche se reconnaît peu dans les valeurs de la gauche socialiste)

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 19:37

Cette drôlatique description de Jaurès est d'Yves guyot qui fut en son temps adversaire de Jaurès.

"En 1885, on vît arriver à la Chambre nu petit homme, une épaule plus haute que l'autre, mal nettoyé, la chevelure et la barbe d'un jaune aussi peu défini que le pelage du cheval de d'Artagnan, clopinant, inquiet, furetant partout, fouinant dans tous les groupes, l'œil quêteur, se fermant devant tout regard direct par un tic convulsif : on sut qu'il s'appelait Jaurès"

Pendant la campagne électorale, on a rapproché souvent Jaurès à Mélanchon. Il est vrai, toutes proportions gardées, si on transpose l'échiquier politique de l'époque, Mélanchon n'est pas loin de Jaurés. Je ne vois pas d'équivalent à Clémenceau. il faut dire qu'en ces temps, le socialisme n'avait pas encore fini de coloniser les bancs de la gauche.

Les socialistes en s'associant aux radicaux firent battre Guyot qui perdit son mandat de député.

  "Ceux-là se font anarchistes qui, ne trouvant pas la justice dans l'ordre capitaliste, s'imaginent, sur la foi de M Yves Guyot, qu'ils ne trouveraient pas la liberté dans l'ordre socialiste. En sorte que c'est nous qui faisons contre l'anarchie, je parie de L'anarchie doctrinale, la seule propagande efficace. (Jean Jaurès)"

Guyot reprochait à Jaurès son opportunisme, sa faculté de dire tout et son contraire, et son opposition molle voire son soutien au boulangisme...

M. Jaurié Callau oublie qu'au moment où tous les républicains sincères, où certains des socialistes même du parti possibiliste, s'unissaient pour sauver la France du retour à la dictature, M. Jaurès, qui voulait maintenir pour lui toutes les portes ouvertes, votait contre les poursuites du général Boulanger...

M. Jaurès était tout à tait propre à y répondre. Ses qualités d'obscurité habituelle ne pouvaient que lui servir dans une polémique de ce genre. En noyant l'accusation et son argumentation dans un torrent de mots où personne ne se reconnaît, à commencer, par lui, il peut échapper à ceux qui se contentent des apparences et ne serrent pas les questions. M. Jaurès déclara que « l'expropriation politique de la bourgeoisie est la condition nécessaire de son expropriation économique ». C'est l'air connu de Marx.

M. Jaurès a le plus profond mépris des faits et des chiffres. C'esl une force. Dépourvu d'esprit critique pour les autres, il suppose que les autres en sont dépourvus pour lui-même. Il ne pense que quand il parle : il est un des fils directs de ces sots de l'université du moyen âge qui pendant des siècles ont pris et ont fait prendre des mots pour des réalités. Il prononce avec solennité des formules comme celles-ci : « Affranchissons l'individu par ta souveraineté de la nation. »

Tirés de la Comédie socialiste.

Mais, l'article qui m'a le plus surpris est celui paru dans le Figaro. et écrit par Max Gallo. Sa biographie "Le grand Jaurés" fait 500 pages. Elle est une des plus riches qui se puisse lire et l'une des plus hagiographiques.

"La voix de Clémenceau vibre, aiguë. Il exprime le coeur de sa philosophie, de sa morale : «L'individu saura réformer de lui-même le cadre qui lui convient sans s'inquiéter de vos prophéties. Vous nous avez dit : "Faites comme les hommes de la Grande Révolution, choisissez votre bord." Il y a longtemps que j'ai choisi : contre vous et pour le juste et libre développement de l'individu. Voilà le programme que j'oppose à votre collectivisme.» ...Clémenceau ne se trompait pas.

Connaissant son Jaurès sur le bout des doigts, c'est Max Gallo. lui-même qui lui oppose le visionnaire Clémenceau.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 21:13

La relance crée des déficits qui entraîne la relance qui à son tour a besoin de relance qu'il faudra relancer encore... Stiglitz considère que baisser le coût du travail ne sert à rien s'il n'y a pas de demande. Ainsi, les pays rigides du point de vue des lois du travail s'en tire mieux en pleine crise. Paul Krugman se moque des Irlandais qui avec leur austérité (1/3 impôts , 2/3 baisse des dépenses)  n'obtiennent que des taux d'emprunt plus élevés. Krugman plébiscite le doux Hollande face à l'avarice de Merckel. Baisser les dépenses publiques est pour lui une hérésie. Les Européens ont donc raison de se révolter, contre ce quelque chose qui est à peine expérimenté en Grande Bretagne ou ailleurs. Pour Goucho, cet article de l'éminent Krugman est limpide et renvoie dans les cordes, une fois de plus, la pensée unique qu'est le libéralisme. Acquiesçons en partie au raisonnement de Krugman : oui, relâchons la pression. En baissant les impôts  (15% impôts , 85% baisse des dépenses) ! Nos gouvernants sont très prompts à lever des impôts. à chasser comme en Italie, les exilés fiscaux, à contrôler plus encore. Voilà qui n'est pas de nature à permettre la croissance ! Vive la liberté. Gordon Brown avait raillé la Suède qui, il y a quelques années, avait réduit ses impôts. Depuis la croissance est revenue et les impôts avec elle...

Intéressant, également. Krugman annonce la fin probable de l'Euro, ce qu'il ne semble pas voir d'un mauvais oeil.

 

"1. La Grèce sort de l'euro, très probablement le mois prochain.
2. 
Des retraits massifs des banques espagnoles et italiennes, vers l'Allemagne.
3a. 
Peut-être. Les banques interdisant de transférer des dépôts hors du pays et contrôlant les limites sur les retraits d'espèces.
3b. 
Alternativement, ou peut-être en tandem, énorme tension sur le crédit à la BCE afin d'empêcher les banques de s'effondrer.
4a. 
L'Allemagne doit choisir. Accepter d'énormes créances publiques indirectes sur l'Italie et l'Espagne...
4b. 
Fin de l'euro."

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 22:50

10 ans après l'introduction de l'euro, les pays européens souffrent d'intenses difficultés alors que le capitalisme mondial se porte relativement bien. On peut donc faire l'hypothèse d'un dérapage spécifiquement européen voire d'une très mauvaise influence de l'Euro.

Scénario 1 : la raison optimiste

Une première analyse raisonnable (Guy Sorman1) est de considérer que ces vicissitudes sont passagères (Guy Sorman 2) et que dans la difficulté l'Europe se construit au jour le jour. Des progrès immenses ont été accomplis depuis plusieurs mois notamment sous l'égide du couple franco-allemand. On parle même de mutualiser les dettes voire même de faire de l'Europe une sorte de confédération, de renforcer encore l'intégration. Ainsi sortir de l'Europe est une hérésie dangereuse. (Olivier Pastré) D’une certaine manière, la crise, pour nous comme pour le projet européen, est une opportunité forte.(Jean-Hervé Lorenzi)

Scénario 2 : la machine infernale et autodestructrice de l'Euro

Le second scénario, très peu raisonnable à l'inverse, consiste à considérer l'euro comme foncièrement vicié à la base. C'est depuis plusieurs années l'hypothèse de Philip Bagus, économiste libérale de l'école autrichienne. Néanmoins, cette lecture est peu fréquente ou elle est ébauchée à mots couverts par la plupart des défenseurs de la première solution, souvent, malgré eux, semblant apporter en filigrane de l'eau au moulin de ce second scénario. Comment expliquer cette descente aux enfers de la Grèce, du Portugal et dans une moindre mesure la France, alors que ces pays ont adopté l'Euro depuis peu de temps ? Une fois ces dettes mutualisées, qu'est-ce qui empêchera que cela se reproduise une nouvelle fois ? Il semble que personne parmi les politiciens au pouvoir n'ait le courage de dire : "On s'est trompé, reprenons à zéro !" La dérive est ainsi aisée de considérer que les responsables de la crise européennes sont les marchés et le libéralisme excessif de ces dernières années.

Nous avons examiné dans un message précédent le problème posé par des monnaies trop faibles ou trop fortes par rapport à leur valeur réelle. Pour Bagus, il existe en général une banque centrale par pays et lorsque cette nation emprunte et s'endette, la banque crée des obligations. Une dévaluation s'ensuit et ce processus de régulation des monnaies implique rapidement une perte de pouvoir d'achat du pays en question sous forme d'inflation. Dans le cas de l'Euro, où il existe une seule banque centrale pour plusieurs pays aux budgets disparates, cette régulation compensatoire est absente et les pays déficitaires avec un taux d'intérêt bas continuent à créer des déficits sans en avoir dans un premier temps les inconvénients. Les taux d'intérêts sont faibles, car les pays déficitaires bénéficient de la garantie implicite des pays vertueux. Ainsi les politiciens ne résistant pas au désir de se servir de cette manne en profitent pour renforcer la bureaucratie et les prérogatives de l'État. De telle sorte qu'il deviendra de plus en plus difficile de quitter l'Euro sans diminuer cette bureaucratie coûteuse et prégnante. De plus, l'harmonisation fiscale qui, peu à peu prend le pas, ouvre plus grande la voie à de plus fortes taxes et réglementations.

"Les coûts de l'Euro sont élevés. Ils comprennent une inflation résiduelle, une autodestruction du système monétaire, la croissance des prérogatives de l'État, la diminution de la concurrence entre les états. Les conflits entre les nations, malgré cette volonté de centralisation, s'accroissent pendant que les libertés s'amenuisent. Considérant tout cela, le projet de l'euro n'est pas digne d'être sauvée. Le plus tôt il se termine, mieux c'est."

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 20:26

Je gratte au fond de la cour de cette élection antilibérale quelques racines d'optimisme...Voici 3 points afin de panser provisoirement quelques plaies.

1. Reconnaissons que les amis de François Hollande ne sont pas des représentants de la gauche totalitaire: Manuel Valls, François Peillon, Serge Moscovici... Voilà qui est bon signe. Martine Aubry pourrait utiliser ses redoutables compétences à la promotion d'une gauche dure avec le ministère de l'intérieur pour éviter de faire trop de mal à l'économie. Les horaires des piscines ne pourraient être non pas une allégeance à l'Islam envahissant, mais plutôt une adaptation à la demande.

2. A propos de la nuit de la Bastille, les drapeaux algériens et palestiniens ne seraient pas le CQFD des constatations de Marine Le Pen, mais plutôt comme le disait Gilles Kepel ce matin sur France-Culture, une résurgence de la volonté de changement héritée du printemps arabe montrant que celui-ci est possible.

3. La normalité affichée de Hollande est un bon signe. On peut penser qu'un président au profil bas aura tendance à moins augmenter les prérogatives de l'Etat, à ne pas empiéter sur les libertés, à officier avec discrétion et à gérer ses dossiers avec sérieux et sans emphase, voire même à contre-emploi..

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:31

Quand on vit depuis des années sous le régime de Chavez, la possibilité d'avoir les résultats des votes rapidement, avec précision et sûreté, ainsi que l'image ci-dessous (du 8 mai) paraîssent extraordinaires.

"Un pays qui après une élection difficile est capable de se rassembler de cette façon, avec tous les symboles de respect de la République, est encore un pays qui a une certaine grandeur... Et chapeau bas à Sarkozy qui, après avoir donné un tel spectacle de lui-même lui coûtant l'élection, rappelle, au cas où le monde l'aurait oublié qu'il a toujours été un grand démocrate. Comparez ceci aux heures sombres de Chavez dans laquelle nous vivons aujourd'hui.... "

 

Daniel, français et vénézuélien, opposant farouche à Chavez. a soutenu Hollande...

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 10:52

Hollande a pu marquer les esprits lors du débat pour des raisons qui tiennent plus de la communication que de la politique. Il a slamé et sa pratique de l'anaphore lui a permis de marquer les esprits en appelant à un autre registre. Sa posture également a été plus solide que son adversaire (regard droit qui ne va pas chercher l'approbation des journalistes et plus grande immobilité qui donne plus de stature et évite le délitement en cas de difficultés). Néanmoins sa connaissance des dossiers m'a semblé faible à tel point que Sarkozy parfois l'a soulignée lourdement plutôt que de le suggérer (par le silence par exemple).

La publication d'une sobre déclaration des économistes libéraux dans le Wall-Street Journal me paraît pleine de bon sens. En supposant même que la politique de Hollande ne soit pas fondamentalement différente de celle de Sarkozy, il y a une autre raison pour laquelle il m'apparaît difficile de m'abstenir. Lors de l'entrée en fonction de Sarkozy, les présupposés et les clichés de gauche s'étaient un peu calmés dans les médias. Depuis les choses sont revenues en l'état et il faut à chaque fois décrypter les inférences des journalistes. La campagne a vu un véritable déchaînement de ce qu'on appelle parfois la propagande de gauche. J'ai de l'intérêt à écouter des penseurs de gauche comme Todd, Onfray et bien d'autres... voire même Badiou, mais j'ai plus de mal quand le moindre journaliste fait des inférences lourdes qui supposent le renforcement de l'état. Si la gauche a l'impression que la pensée unique est le libéralisme, j'ai le sentiment permanent du contraire. Oú est donc le tropisme?. Il me semble que Sarkozy, malgré son étatisme est un rempart face à ce déchainement constant. Mon expérience me fait croiser des jeunes qui apprennent à marcher sur la tête, qui pensent encore que ne pas trop travailler est une forme d'engagement politique, que le travail est l'expression même de l'exploitation de l'homme par le capitalisme, que l'entreprise privée le diable et Marx un penseur moderne. Je vais ainsi faire comme la grande majorité de mes compatriotes résidents en Suisse. Après avoir voté Bayrou, je vais voter pour le moindre mal, pour un altermondialiste de droite, pour le promoteur de la taxe Tobin, pour le traqueur d'exilés fiscaux, pour le protecteur des banques françaises et de leurs avoirs toxiques et bien d'autres horreurs... pour Sarkozy.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 22:38

En appliquant les mêmes taux de report de voix qu'en 2007, les élections s'avérent serrées... On obtient ceci...


 

Téléchargez ce fichier excel et faîtes vous-même vos propres calculs en comparant avec 2007.

 

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