Je puis le dire sans ambages. Il est vrai que l'histoire s'improvise plus qu'elle ne se décrète, que la réalité rattrape la fiction. Hollande a beau avoir aujourd'hui à son solde un minable 40% de satisfécits; les sondés sont terriblement versatiles, mais les votants ne se dédiront pas. D'un point de vue de l'orthodoxie de gauche, Hollande fait presque un sans faute ! Il est patient, mais il applique son programme. Il a reçu un formidable blanc-seing de la part des Français, son élection doublée d'une crise lui donne toute latitude pour agir comme il l'entend. Il fait des erreurs techniques et dieu sait si elles sont nombreuses, mais il progresse à vue d'œil. Le discours en Algérie a même agréablement surpris. Ce ne sont pas les fantassins mélodramatiques qui le trouvent trop à droite qui y changeront quelque chose, ils sont le folklore de la gauche. Tout sympathisant naïf sera invariablement déçu par le mécanisme à double contrainte qui siège dans toute politique de gauche : toute réforme de gauche porte en elle un effet de bord négatif pour ceux qu'elle entend défendre. Hollande sera réélu ! Pourquoi cette affirmation pédante et emphatique ? L'Ètat préfère de toute façon prendre dans une main, ce qu'il redonnera dans l'autre. Il préfère contrôler plutôt que laisser-faire. Hollande et son gouvernement augmentent avec méthode la dépendance des citoyens envers l'Ètat. Cette recette est celle qui assure aujourd'hui la réélection. Cette dépendance accroit la crainte de chacun d'être livré à soi-même. Il suffira, même avec une descente aux enfers, d'un relèvement des courbes au dernier moment, de caresser certains électeurs juste avant l'échéance pour suffire à cette réélection. On peut s'imaginer que, au pays des aveugles les borgnes étant rois, le très peu nous donnera parfois, à nous libéraux et souteneurs du capitalisme, la sensation du contre-emploi. Une dose de libéralisme dans un océan de bureaucratisme offrira quelques illusions..
Il est drôle de constater qu'aucune des mesures ne semble aller dans le bon sens économique. Pourtant Hollande nous rappelle à chaque fois qu'il espère diminuer le chômage et atténuer le déficit. A croire que si la croissance repart ou le chômage diminue, des causes totalement exogènes à la politique française en seront les moteurs.
Du point de vue de la communication, Hollande parle peu, contrairement à son prédécesseur. Mais il n'est pas seul. Le gouvernement innove dans l'ébauche d'un totalitarisme à visage féminin. Ses anathèmes ne sont pas proférés par d'obscurs bureaucrates à calandre brejnevienne, mais par des jeunes femmes pleines de peps à qui nous donnerions le bon dieu sans confession (Aurélie, Cécile, Najat...)
Exemple de première mesure libérale du gouvernement : le projet de taxation à 75% doit être revisité (sic). L'humour sera l'arme principale... dans les dix années à venir.
Les entreprises multinationales en Suisse s'adaptent à la crise. La question d'un pacte de croissance ne se pose pas, il n'y a que les pays qui s'offrent le luxe du
déficit économique et du Keynésianisme. Lorsque l'entreprise s'endette, c'est toujours pour investir. Néanmoins, malgré ces bons résultats apparents sur le plan mondial, au moindre effet de
cisaille entre augmentation des dépenses et diminution des ventes, l'entreprise auparavant généreuse en salaires, en voyage et en frais divers, ferme le robinet. Il faut prouver par A + B que sa
formation est utile, que son voyage est rentable. Plus de sponsoring, plus de marketing aux retours non tangibles. Et puis, peu à peu, si les courbes ne changent pas, on se sépare des
collaborateurs. Malheur à celui dont les activités ne sont pas en pointe, à celui qui subit un ralentissement dangereux dans son projet. Du jour au lendemain, il peut être remercié, à moins qu'il
accepte une mutation dans une lointaine destination. Il peut même négocier un "package" de départ de plusieurs mois de salaire en fonction de son ancienneté. L'entreprise tente d'y mettre quelque
forme, de communiquer au mieux avec ceux qui restent. Mais elle n'est pas à l'aise, elle préfère embaucher, c'est sa nature. Ce moment toujours difficile à vivre pour l'employé est heureusement
balancé par l'assurance-chômage (à laquelle il a cotisé) qui permet de retrouver finalement -non sans difficulté- un autre travail. Lorsque cela ne suffit pas encore, l'entreprise multinationale
déclare gagner en productivité et se prononce contre la bureaucratie. Á l'échelle de la planète, les niveaux hiérarchiques sont réduits drastiquement. Après les employés de base, des managers
sont remerciés à tous les niveaux de la société. Les coûts sont diminués. Après la crise, lorsque l'entreprise cessera de faire le dos rond, nul doute qu'elle ouvrira ses portes à de nouveaux
employés.
Ce scénario se déroule un monde du travail particulièrement flexible, où les règles de l'état interviennent fort peu et où les
syndicats sont inopérants.
En tant que crédule libéral, ayant suivi de loin comme tout un chacun le conflit, je voudrais manifester toute ma compassion envers le peuple québécois. Je suis solidaire de ces oreilles blessées par le bruit des casseroles.
Les Québécois sympathisants de gauche face à leur démocratie ronronnante ont la nostalgie des luttes européennes, si épiques et si pittoresques. Ils veulent du bruit et de la
fureur. En France, nous avons connu ces grandes manifestations, par exemple en 1993 et en 2006, lors des tentatives avortées de salaire minimum pour les jeunes. Nous ne sommes pas surpris par les
arguments cul par dessus tête généralement invoqués, qui débordent largement de leurs sujets, les empêchements des étudiants réfractaires d'assister au cours. Ainsi, la formulation d'un problème
pertinent comme "le financement des études" devient la lutte altermondialiste contre un libéralisme fasciste, un soulèvement salutaire contre le néolibéralisme et contre un système
bancaire qui déraisonne, même si cela n'a rien à voir. Je sais la nostalgie des anciens combattants de gauche qui, la larme à l'œil, vantent une jeunesse virulente. Le principe de bon sens qui
consiste à faire participer les bénéficiaires à leurs dépenses est mis à mal par la diabolisation du slogan "utilisateur payeur". Le principe inverse fait froid dans le dos.
J'ai plutôt le sentiment d'un nouveau soubresaut de notre bonne vieille gauche qui déteste la démocratie. La voilà qui se surprend à ébranler les gouvernements
grâce à ces fleurons du capitalisme que sont les réseaux sociaux, en se prenant pour une faiseuse de printemps. Á la décharge des étudiants, j'imagine les arrestations brouillonnes d'un
gouvernement québécois désarçonné (comme à leur habitude, ils ont même inventé une nouvelle loi) et peu habitué de ces
manifestations. Comme à leur mauvaise habitude, Les policiers français sont habitués depuis 1968 à ce genre d'affrontement. l
Je ne vois rien à travers cet apprentissage de la non-démocratie qui soit porteur d'espoir pour les Québécois qui pourraient se retrouver un peu plus
à la traîne du Canada
anglo-saxon. Je ne vois à l'avenir pour éviter ces vains affrontements qu'une solution : le référendum d'initiative populaire. Ainsi, les principales décisions des gouvernements seraient validées
par le suffrage universel : Une solution démocratique pour clouer le bec aux vieux grigous de la gauche alternostalgique et aux jeunes ambitieux qui rêvent d'un baptéme de roses sur le podium de
la lutte psalmodique et play-révolutionnaire.
Hollande a pu marquer les esprits lors du débat pour des raisons qui tiennent plus de la communication que de la politique. Il a slamé et sa pratique de l'anaphore lui a permis de marquer les esprits en appelant à un autre registre. Sa posture également a été plus solide que son adversaire (regard droit qui ne va pas chercher l'approbation des journalistes et plus grande immobilité qui donne plus de stature et évite le délitement en cas de difficultés). Néanmoins sa connaissance des dossiers m'a semblé faible à tel point que Sarkozy parfois l'a soulignée lourdement plutôt que de le suggérer (par le silence par exemple).
La publication d'une sobre déclaration des économistes libéraux dans le Wall-Street Journal me paraît pleine de bon sens. En supposant même que la politique de Hollande ne soit pas fondamentalement différente de celle de Sarkozy, il y a une autre raison pour laquelle il m'apparaît difficile de m'abstenir. Lors de l'entrée en fonction de Sarkozy, les présupposés et les clichés de gauche s'étaient un peu calmés dans les médias. Depuis les choses sont revenues en l'état et il faut à chaque fois décrypter les inférences des journalistes. La campagne a vu un véritable déchaînement de ce qu'on appelle parfois la propagande de gauche. J'ai de l'intérêt à écouter des penseurs de gauche comme Todd, Onfray et bien d'autres... voire même Badiou, mais j'ai plus de mal quand le moindre journaliste fait des inférences lourdes qui supposent le renforcement de l'état. Si la gauche a l'impression que la pensée unique est le libéralisme, j'ai le sentiment permanent du contraire. Oú est donc le tropisme?. Il me semble que Sarkozy, malgré son étatisme est un rempart face à ce déchainement constant. Mon expérience me fait croiser des jeunes qui apprennent à marcher sur la tête, qui pensent encore que ne pas trop travailler est une forme d'engagement politique, que le travail est l'expression même de l'exploitation de l'homme par le capitalisme, que l'entreprise privée le diable et Marx un penseur moderne. Je vais ainsi faire comme la grande majorité de mes compatriotes résidents en Suisse. Après avoir voté Bayrou, je vais voter pour le moindre mal, pour un altermondialiste de droite, pour le promoteur de la taxe Tobin, pour le traqueur d'exilés fiscaux, pour le protecteur des banques françaises et de leurs avoirs toxiques et bien d'autres horreurs... pour Sarkozy.
En appliquant les mêmes taux de report de voix qu'en 2007, les élections s'avérent serrées... On obtient ceci...
Téléchargez ce fichier excel et faîtes vous-même vos propres calculs en comparant avec 2007.
Je relisais cette citation sur le blogue de Chevallier qui me semblait
bien résumer la situation actuelle. "Les malheureux 7,7 millions de petits Suisses sont attaqués par les 300 millions de barbares ignares qui les cernent et par l’hyper puissance américaine
sous le prétexte que cette réussite serait le fait d’un paradis fiscal condamnable alors que règne chez eux l’enfer fiscal dont les effets négatifs sont accentués par les erreurs commises par
leurs dirigeants sur le plan économique."
Genève bruisse de la venue de riches Français qui passent le cap de l'évasion fiscale légale et s'installent ici. Les plus
cyniques des banquiers privés souhaitent même la victoire de Hollande afin qu'il y ait encore plus d'exilés français à Genève. Ceux-ci profitent du cordon
sanitaire qu'a créé Hildebrand en arrimant le franc suisse à l'Euro. Cette subtile manœuvre, qui était en apparence une bévue économique, maintenait en plus la Suisse dans la cour des grands. La
venue de ces étrangers a permis d'équilibrer cette balance financière. Hélas, la gauche en ce sens là a raison, (fait rare pour ne pas être noté) la droite Européenne soutient bêtement les
banques. Ainsi l'UDC qui ne pouvait supporter que le directeur de la Banque Nationale Suisse ait l'audace de demander aux banquiers voyous, comme l'UBS et le Crédit Suisse, de respecter le ratio
de fonds propres a réussi à le "dégommer".
On comprend les Français qui s'exilent. Un président élu comme Sarkhozy sur un mode conservateur parle, lui aussi, de taxer les riches. Il veut même mettre en
pratique ce fleuron de la pensée économique et alternative : la taxe Tobin. Ainsi, les perspectives sont noires pour les détenteurs de capitaux. Les banques privées suisses sont les derniers
refuges du libre capital avant que les Big Brother réussissent à faire remonter les informations sur un mode automatique. Le secret bancaire, incompréhensible pour Goucho, est une invention qui a
plus à voir avec les droits de l'homme qu'avec l'exploitation de celui-ci. Les États soutenus par la gauche s'empressent de la détruire. Les riches devront aller à Singapour pour trouver le
salut. Les rêves de décroissance au sens économique sont assurés.
Alors que beaucoup de nos doctes économistes alternatifs voient plus de courage que de bêtise à la proposition de Hollande de taxer les méchants riches à 75%, je me console de tant de médiocrité en cette campagne électorale en relisant Bastiat. Il faut dire que Sarkhozy a pris le pouvoir avec allant en 2007, mais il n'a pas créé de rupture. Il a en quelque sorte entériné toutes les dérives de ses trente dernières années. La gauche socialiste s'engouffre dans cette voie et réclame un coup de barre à gauche sans retenue, puisque la politique de Sarkhozy -soit disant à droite voire même libérale- n'a pas marché. Si Hollande prend le pouvoir, le décor est prêt, ce seront les années Sarkhozy qui auront brisé l'économie. Le socialisme, ce contempteur de la main invisible, a inventé depuis deux siècles la machine perpétuelle à dénoncer l'oppression économique, qu'il est le premier à plébisciter.
La gauche française rêve d'une Egypte des années 90 à l'échelle européenne (et cette Turquie mentionnée par Bastiat): un pays socialiste et centralisé, une masse de gens vivotant dans la débrouille et les petits salaires, des fonctionnaires pauvres mais rutilants en comparaison, un tourisme actif et une petite nomenklatura.
Si vous faites de la fraternité une prescription légale, dont les actes soient prévus et rendus obligatoires par le Code industriel, que reste-t-il de cette définition? Rien qu'une chose: le sacrifice; mais le sacrifice involontaire, forcé, déterminé par la crainte du châtiment. Et, de bonne foi, qu'est-ce qu'un sacrifice de cette nature, imposé à l'un au profit de l'autre? Est-ce de la fraternité? Non, c'est de l'injustice; il faut dire le mot, c'est de la spoliation légale, la pire des spoliations, puisqu'elle est systématique, permanente et inévitable. Que faisait Barbès quand, dans la séance du 15 mai, il décrétait un impôt d'un milliard en faveur des classes souffrantes? Il mettait en pratique votre principe. Cela est si vrai, que la proclamation de Sobrier, qui conclut comme le discours de Barbès, est précédée de ce préambule:
« Considérant qu'il faut que la fraternité ne soit plus un vain mot, mais se manifeste par des actes, décrète: les capitalistes, connus comme tels, verseront,
etc. » Vous qui vous récriez, quel droit avez-vous de blâmer Barbès et Sobrier? Qu'ont-ils fait, si ce n'est être un peu plus conséquents que vous, et pousser un peu plus loin votre propre
principe? Je dis que lorsque ce principe est introduit dans la législation, alors même qu'il n'y ferait d'abord qu'une apparition timide, il frappe d'inertie le capital et le travail; car rien ne
garantit qu'il ne se développera pas indéfiniment. Faut-il donc tant de raisonnements pour démontrer que, lorsque les hommes n'ont plus la certitude de jouir du fruit de leur travail, ils ne
travaillent pas ou travaillent moins? L'insécurité, qu'on le sache bien, est, pour les capitaux, le principal agent de la paralysation. Elle les chasse, elle les empêche de se former; et que
deviennent alors les classes mêmes dont on prétendait soulager les souffrances? Je le pense sincèrement, cette cause seule suffit pour faire descendre en peu de temps la nation la plus prospère
au-dessous de la Turquie.
Frédéric Bastiat Justice et Fraternité
Surprise! Malgré une campagne dynamique de la part de la gauche, l'introduction d'un salaire minimum sur Genève a été refusée. La droite genevoise en était toute étonnée. Hérésie économique : le SMIC est un instrument de démagogie accordée aux politiques pour se faire mousser. Trop haut, il asphyxie, trop bas, c'est comme s'il n'existait pas. Sans doute, ont-ils écouté les arguments du conseil d'état qui a pris l'exemple de la France
Les recherches actuelles ne démontrent pas qu’un salaire minimum légal, même élevé, soit en mesure de réduire la pauvreté. Au contraire, une étude récente
atteste qu’il n’y a pas eu de baisse significative du taux de pauvreté
en France depuis une douzaine d’années, malgré la hausse importante du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) sur cette période. La hausse du
SMIC n’a eu d’impact ni sur le pouvoir d’achat, ni sur le salaire médian.
A moins qu'ils aient lu l'excellent petit livret d'introduction à l'économie "Introduction à l'économie" écrit par Jacques Généreux, ami de Mélenchon. En effet, pour Généreux, le SMIC empêcherait l'accés au travail des plus défavorisés.
Jacques Sapir, éminent et sérieux avocat du protectionnisme, prédit la fin de l'euro pour 2012, le 7 avril dans l'émission "Ce soir ou jamais". Il rejoint en ce sens nombre d'économistes qui s'étonnent qu'on ait pu créer une monnaie commune avec un ensemble de nations aux politiques disparates. On citera des libéraux comme JP Chevallier et les Hayekiens qui depuis quelques années abondent dans ce sens... Ce qui était inconcevable hier, s'énonce aujourd'hui.
1. égalité des sexes
2. restaurer la confiance dans les institutions démocratiques
3. renforcer les droits et libertés individuelles contre l'etat
4. dynamiser les régions et les communautés
5. revitalisation de la classe moyenne
6. protection de l'environnement
| Juin 2013 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | |||||||||
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ||||
| 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | ||||
| 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | ||||
| 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | ||||
|
||||||||||