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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 15:46

 Les enseignants qui travaillent dans les zones d'éducation prioritaire sont parmi les héros de notre société, ils recollent les plaies de celle-ci. Chaque jour, ils ont affaire à des enfants perdus, qui n'ont pas digéré tous les codes, le vocabulaire et les exigences de notre société. L'enseignant aux prises avec ces enfants, dont la majorité est musulmane, qui ont du mal à se situer entre leur origine designée dans le bled et leur nationalité française tentent de leur inculquer par tous les moyens possibles un minimum de culture, de montrer aux parents que l'on ne cherche pas à les exclure, mais à simplement leur apprendre à décoder notre société. À leur faire comprendre que celle-ci est une société ouverte et moins contraignante que nombre d'autres à partir du moment où l'on a compris quelques-unes de ses exigences en matière de participation, de tolérance et d'éducation. D'un autre côté, et c'est cela le plus difficile, cet enseignant héroïque est aux prises avec une administration dont le tatillon n'a d'égal que la volonté délirante d'appliquer des procédures généralisées et absurdes. Ces enseignants sont parmi les moins bien lotis de l'Éducation nationale. Celle-ci leur fait valoir leur patience et les gains hypothétiques en points obtenus à être dans ce tourbillon, ce qui va à l'encontre de leur éthique et de leur engagement. Plus ils seront proches de leurs élèves, moins ils auront de temps à appliquer les procédures, moins ils seront reconnus par leur administration.

 Ils endurent également les remontrances des inspecteurs qui, eux-mêmes victimes de ce système, les incitent tous les jours à remplir des papiers que personne ne lira, plutôt que passer du temps à essayer d'aider leurs élèves. Ainsi, l'enseignant devient aujourd'hui une machine dont la priorité première est d'appliquer avec un vocabulaire inadapté, des procédures surdimensionnées, dont la pertinence paraît discutable. Ces enseignants glanent la récompense de leur travail dans les relations éphémères et puissantes qu'îls tissent avec leurs élèves, avec les espoirs qu'ils suscitent, tout en luttant contre l'administration kafkaïenne qui les dirige. S'ils veulent être soutenus, il leur faut trouver un moyen de maquiller leur talent pédagogique pour afficher leur docile respect  des procédures. Ils aident des élèves, mais ils n'auront aucun retour. Jamais l'administration ne trouve un moyen de leur donner un retour sur l'avenir de leurs élèves.

Dans une logique capitaliste, les personnes les mieux récompensées seraient celles qui sont au plus près des objectifs de la société. Ainsi, le vendeur au contact direct avec le client est reconnu pour cette qualité, au détriment parfois des ingénieurs de l'ombre qui créent les produits et facilitent la vente. Si on appliquait une logique capitaliste à ces professeurs, placés sur la ligne de front de notre société, ils devraient avoir le salaire le plus élevé des enseignants et être considérés comme les fers de lance de l'éducation nationale, comme le sont les meilleurs vendeurs au contact des clients, ou même encore plus prosaïquement, des commandos parachutistes, les plus exposés, dont l'image représentait le courage et forgeait la légende des armées.

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Published by Le crédule libéral - dans questions
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