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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 18:13

La démocratie directe en Suisse, dont on pourrait penser qu'elle puisse limiter les prérogatives de l'état, fonctionne parfois à front renversé. De nombreuses initiatives tendent à augmenter la bureaucratie et le contrôle de l'État alors que le gouvernement lui-même ne soutient pas ces initiatives : contingentement de l'immigration, contrôle des plafonds de salaires, salaire minimum... L'initiative des syndicats visant à instaurer un salaire minimum va dans ce sens. Voici quelques  réflexions à ce propos...  

 

Pour un homme de gauche avéré comme Goucho et pour la plupart des commentateurs bien intentionnés, il ne fait aucun doute que le salaire minimum garanti est un acquis social, voire une avancée pour toute civilisation démocratique. Pourtant, cette "évidence" est porteuse d'effets de bord puissants qui modèlent notre société. Aucun politicien en France n’oserait avancer la suppression de ce salaire minimum, tout en s’ingéniant constamment à le contourner.

 

  • ·         Dans le meilleur des cas, le salaire minimum ne sert à rien.

Si le salaire minimum est au prix du marché, il n’a pas d’effet économique. Il ne sert donc à rien. Il peut exister nombre d’autres systèmes comme le RSA en France pour le remplacer. En Suisse, le salaire minimum existe de manière implicite, il est dépendant des régions et de leur environnement économique. Son instauration au niveau national romprait ce déséquilibre.

  • ·         Il constitue un levier potentiel pour les politiciens démagogiques

 Il constitue un levier potentiel pour tous les politiciens qui peuvent pour se faire élire, professer son augmentation. L'attitude compassionnelle envers le salaire minimum est d'une emphase qui frise le ridicule.

  • ·         L'instauration du salaire minimum instaure un changement de paradigme

Le système de pensée de la gauche est inspiré de la lutte des classes en supposant que le patron est un exploiteur potentiel de son personnel. En instaurant, un salaire minimum on valorise ce paradigme. En instaurant un salaire au-dessus du prix du marché, on le met en scène. les travailleurs s’anonymisent. ils deviennent des numéros, des “smicards”. Il y a moins de négociation individuelle de salaires et de négociation tout court. Les rapports de forces deviennent la norme. Les rôles se figent. Les patrons freinent des deux pieds et les syndicats poussent dans le registre des acquis sociaux.

  • ·         Les salaires s’aplatissent ou le chômage augmente

Pour compenser les dépenses sur les bas salaires trop élevés, les entreprises diminuent les salaires de ceux qui pourraient être au-dessus du salaire minimum. Les travailleurs peu qualifiés et les travailleurs un peu plus qualifiés sont logés à la même enseigne. Si les entrepreneurs ne peuvent compenser cette augmentation de salaire, ils n’embauchent pas. 

  • ·         Le SMIC augmente la dépendance des entreprises à l’état et la bureaucratie.

Le gouvernement fixe le jeu des taxes qui s'appliquent aux salaires. En instituant également les salaires planchers, il diminue donc d'autant les marges de manoeuvre des entreprises. Après que Hollande avec sa main gauche ait augmenté le Smic, la main droite de son premier ministre Valls propose des mesures pour contrer les effets pervers du SMIC et les effets de bords deviennent ingérables. À ce jeu, il n’y a que la bureaucratie et les politiciens qui y gagnent.

  • ·         Le SMIC est inégalitaire et discriminatoire

Le SMIC prive d’accès à l’emploi les travailleurs peu qualifies et les "discriminent". Le semblant d’égalité salariale se double de difficultés d’accès au monde du travail pour ceux qui ne sont pas immédiatement rentables. Voir “Pourquoi les émeutes suédoises?

  • ·         La France est un excellent laboratoire des effets pervers du SMIC.

Le SMIC trop proche du salaire moyen en France a tenté d’être contourné plusieurs fois. Par Balladur en 93 et avec le SMIC jeune avec le gouvernement Chirac. Par 2 fois, la droite a plié. Elle a depuis abandonné avec les résultats que l’on sait sur le chômage. On trouvera toujours de doctes et mesurés commentateurs pour nous dire que le SMIC est un facteur d’égalité en France. Les troubles des banlieues, le nombre des travailleurs clandestins sont un des effets pervers potentiels d’un salaire minimum trop élevé qui rend les entreprises moins flexibles et plus dépendantes de l’État. Dans ce cadre, les Français en sont réduits à rêver d'inverser la courbe. Les politiciens eux s’accommodent du chômage depuis 30 ans et dans le pire des cas le provoquent par de multiples lois et impôts contracdictoires qui empêchent de travailler "en rond".

  • ·         Le SMIC est une forme de protectionnisme pervers des travailleurs

Les syndicats suisses professent qu’une entreprise qui ne peut payer 4000 CHF ses travailleurs n’est pas viable. Il faut donc à ces « capitalistes » purs et durs que sont les syndicats suisses des entreprises dégageant une marge subséquente. Les petites entreprises ont dans ce cadre moins le droit d’exister et de tenter de croître.

  • ·          Le SMIC suppose un niveau de productivité minimum

Le salaire minimum est donc une revendication de productivité minimum. Une entreprise de faible productivité n’est pas viable. Il est vrai que dans une entreprise familiale dépendant de la sueur de ses actifs, on trouve peu de syndicalistes engagés. Pour pouvoir survivre sur le long terme, les entreprises vont utiliser des machines et négliger la main de l’homme. Cette revendication d’un haut salaire minimum participe de manière importante à modeler notre société.

 

Le climat de travail est sans doute dans l’ensemble beaucoup plus apaisé qu’en France, car les entrepreneurs ont plus de marge de manœuvres, les rapports de force n'y sont pas toujours la régle et la concurrence vive entre les entreprises pour trouver un bon employé..

Gageons que si le salaire minimum passe en Suisse, ce climat ne s’améliorera pas. Mais les commentaires seront élogieux. On y verra pour ce pays une manière de se « civiliser ». Si les Suisses votent contre (comme nous l’avons fait à Genève l’an dernier), ce signe intéressant et différentiateur de ce pays, pour un capitalisme moins réglementé et donc plus humain, suscitera peu de commentaires.

On lira cet article sur le salaire minimum ; enfer pavé de bonnes intentions. Celui-ci également plus détaillé.

On lira cette lettre ouverte pour éviter la pauvreté, aux autorités politiques aux USA,

Si on n'est pas encore convaincu, on écoutera l'émission de cet article à partir de la 31ème minute.

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Published by le crédule libéral - dans fondations
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commentaires

Fornost 22/04/2014 17:40

Merci pour cet article !