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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:14

 Le Monde Diplomatique est un des plus beaux fleurons du journalisme de gauche et ses diatribes constantes, ses excursions au bout de la nuit de la critique, présentant le capitalisme libéral comme le responsable de tous les maux de notre société influencent profondément les points de vue. Si le Diplo se montre critique avec le capitalisme, posture aisée, il est plus rare de le voir exulter et de montrer quelques notes pleines d'espérance. A ce titre le Vénézuela du commandant Chavez est un exemple phare où depuis plusieurs années le monde diplomatique se montre dithyrambique. Cela est l'occasion de voir à quelle forme de société ses journalistes fondateurs aspirent, eux qui se montrent sans pitié avec les tactiques impérialistes des états tout en réclamant une plus grande concentration et redistribution sous l'égide de ceux-ci. Nous allons pour ce faire opposer la vision de Maurice Lemoine qui défend la révolution bolivarienne à Daniel, blogueur détaillant les errements de la société bolivarienne depuis plusieurs années. Ensuite nous assemblerons à la manière d'un jeu de type "cadavre exquis" les points de vue, pour voir les leçons que nous pouvons tirer de cette confrontation brute de fonderie. Notons que Daniel n'a rien d'un ultra-libéral ni même d'un cowboy de droite. Il est plutôt social-démocrate. Ce francophone préférait largement Hollande à Sarkozy lors des dernières élections.

 

Vision de Lemoine

Vision de Daniel (ici et )

Une grande part de la rente pétrolière a été utilisée pour financer la politique sociale.

 

 

On peut acheter les produits de première nécessité,

Les services de base ont des prix subventionnés.

 

 

Régime de sécurité sociale

 

 

 

Politique d’inclusion et d’éducation menée à tous les niveaux, aux livres et aux ordinateurs (les canaimitas) gratuits qui leur sont distribués.

 

200 000 retraités touchant une pension à la fin de la IVe république ont fait des petits et sont devenus 2 300 000 aujourd’hui.

 

Grande mission logement Venezuela ayant bâti des dizaines de milliers d’habitations depuis sa naissance

 

le pays est passé de 17 160 577 tonnes d’aliments produits en 1998 à 24 686 018 tonnes en 2010, soit une augmentation de 44 %

 

La pauvreté a régressé entre 2002 et 2010, passant de 48,6 % a 27,8 %, tandis que l’extrême pauvreté suivait la même courbe — de 22,2 % a 10,7 % (

 

Le Venezuela affiche par ailleurs le niveau d’inégalités le plus faible de la région : l’antithèse du néolibéralisme sauvage qui étrangle les Européens.

 

Face à un tel bilan, aucun opposant ne peut espérer l’emporter en affirmant représenter « la droite » avec le programme « décentralisation-autonomie-privatisations »

 

Une autonomie ayant pour objet de refaire de la compagnie pétrolière PDVSA un Etat dans l’Etat, exempté de toute responsabilité sociale, et de la Banque centrale du Venezuela (BCV) une entité échappant au pouvoir politique.

 

Le texte prévoit une élimination des « missions » si chères aux plus pauvres, mais qui représentent « une lourde charge fiscale », la fin des subventions agricoles, le gel des retraites et des augmentations de salaire, l’augmentation progressive des tarifs de l’électricité, de l’eau, du métro, du téléphone et des autres services subventionnés par le gouvernement.

 

Les problèmes réels que rencontre la « révolution bolivarienne » sont : personnalisation du pouvoir, corruption, faiblesse de l’appareil productif, insécurité...

Aujourd'hui, le Venezuela est un pays où les emplois ne sont pas créés en dehors du secteur public.

 

Coupures d'électricité et d'eau fréquentes

 

Les produits de base nécessite la visite d'au moins deux magasins.

 

La qualité des soins s'est effondrée au niveau de l'hôpital et elle est déficiente au niveau des soins primaires.

 

En 11 ans, la monnaie est passée d'environ 500/$ par à environ 6.000/$, et son taux d'inflation est à deux chiffres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut se faire tuer pour 100 $

 

 

Quatorze ans de « chavisme » ont profondément transformé le Venezuela.

Le Venezuela n'était pas un avant-poste colonial stérile quand Chavez a atteint ses fonctions en 1999. Chavez a fait pire aujourd'hui comparativement à ce que le pays était en 1998.

Celui qu’ils ont présenté comme un caudillo populiste, inefficace, archaïque et autoritaire, l’a une nouvelle fois emporté.

 

 

 

 

 

 

James Carter, dirigeant du centre éponyme, a déclaré : « En réalité, sur les quatre-vingt-douze élections dont nous avons surveillé le déroulement, je dirais que le processus électoral du Venezuela est le meilleur du monde. »

Un pays profondément divisé et intolérant où l'abus de pouvoir est devenu une des valeurs.

 

La "Race" est principalement une création de Chavez pour diviser le pays et verrouiller ses ambitions avec un soutien dévoué à des groupes spécifiques. Paradoxalement, aucun droit pour les minorités. C'est la tyrannie de la majorité.

 

La presse est relativement libre de critiquer et les élections sont régulièrement organisées. Le secret du régime de Chavez, c'est que le pouvoir judiciaire est soumis à la volonté de celui-ci. Toute plainte, toute action en justice que vous pouvez déposer contre le gouvernement, tout scandale rapporté dans les journaux ou les médias sont enterrés.

 

A partir de ces affirmations contradictoires que nous n'allons pas dénier, tentons de dégager quelques principes généraux qui pourraient s'appliquer à d'autres situations.

Par un simple jeu de cadavre exquis, nous obtenons quelques-unes des assertions suivantes.

 

Lorsque l'état redistribue avec la manne pétrolière, par exemple en augmentant les retraites, en subventionnant la politique d'éducation, en bâtissant des logements neufs, la pauvreté régresse et les inégalités diminuent en valeur relative.

Transformer durablement un pays signifie augmenter la dépendance des citoyens vis à vis de l'état en subventionnant de multiples activités, en annihilant la création d'entreprise privée et en gérant l'appareil productif.

(Lemoine)

Lorsque la centralisation autour de l'état augmente, la corruption augmente.

Lorsqu'un état centralisateur a pris le pouvoir durablement, il est très difficile sans paraître ridicule d'avancer des arguments insistant sur la décentralisation, l'autonomie et la privatisation... L'opposition semble condamner à se positionner au centre gauche...

Lorsque la pauvreté et les inégalités régressent, grâce à la centralisation autour de l'état, la délinquance ne diminue pas, elle augmente.

Lorsque les produits de base sont subventionnés, ils engendrent l'inflation.

Lorsque les services de base sont subventionnés, ils se dégradent.

Lorsque l'état redistribue la richesse, la délinquance augmente, les services publics de base se délitent.

Lorsque l'état centralise la gestion du système de santé, la qualité des soins de base régressent.

Lorsque l'état augmente la dépendance des citoyens par une centralisation accrue par exemple, la réélection de l'équipe dirigeante en est facilitée.

Pour permettre sa réélection tout en maintenant la liberté de la presse, un état doit personnaliser le pouvoir et tenir les rennes de la justice.

 

 

L'opposition directe entre les deux visions me paraît riche d'enseignements. Les aphorismes qui s'en dégagent sont à méditer. Quant un partisan de Chavez parle de diminution des inégalités, un social démocrate modéré parle de dégradation des services de base. Quant un partisan parle d'entreprise sociale, le modéré parle de pénurie. Quant un partisan parle de sécurité sociale, le social démocrate modéré parle d'effondrement des soins primaires. Quand un partisan parle de révolution démocratique, le social-démocrate parle de descente dans la barbarie pure et simple.

A chacun de choisir son modèle de société, car au moment de déposer son bulletin dans l'urne, il n'y a que parfois deux choix possibles.

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Published by Le crédule libéral - dans le bêtisier du Monde Diplomatique
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commentaires

Tietie007 21/06/2013


C'est assez curieux cette fascination pour Chavez, au sein de la gauche alter. Le défunt président qui se revendiquait du message du Christ, organisait un culte de la personnalité si intense,
qu'à sa mort, ses successeurs parlaient de l'embaumer ... A noter que sous l'ère chaviste le taux d'homicide a explosé, faisant du Venezuela un des pays les plus dangereux du monde ...pourtant, à
entendre le Monde Diplomatique, le Venezuela serait devenu une vraie terre promise ...Curieux qu'un pays baigné par tant de félicité soit le lieu d'un carnage permanent !

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