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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 21:42

J'ai suivi ces deux dernières semaines les excellentes éditions de Répliques sur France Culture. La première était consacrée à l'anthropologue Emmanuel Terray et à son livre concernant la pensée de droite dont le message ici est en partie inspiré. Le principal invariant de la gauche serait le goût du changement... Ainsi, dans ce paradigme, Brejnev serait de droite et Hitler... de gauche.

Ce samedi l'émission était centrée sur le thème de l'éducation. Philippe Meirieu, antilibéral, grand ordonnateur de réformes de l'enseignement français face au libéral Philippe Nemo, auteur entre autres de la France aveuglée par le socialisme.

Si je veux bien convenir de la plupart des analyses de Philippe Némo, il y a un point où je rejoindrais Philippe Meyrieu : les classes hétérogènes. Dans un monde où l'on suppose que les menaces de coups de couteaux ne sont pas l'apanage des lycées hétérogènes et que les lois sont respectées, les classes homogènes me semblent une aberration. En effet, l'hétérogénéité des niveaux permet une émulation positive. Le bon élève évolue généralement dans un milieu favorable et si le milieu hétéroclite de sa classe nuisait à son apprentissage d'élite, il aurait tôt fait de rattraper par la suite son "retard". Les enseignants en Suisse obtiennent parfois des résultats similaires aux résultats des classes hétérogènes. (Hélas, ici aussi, les classes hétérogènes sont remplacées par des classes homogènes) Les meilleurs sont confortés et n'en deviennent pas meilleurs en proportion pour autant. Ils peuvent même apprendre quelque arrogance, se contenter de l'élite de pacotille dont ils leur semblent faire partie. Ils pourront ainsi même s'essayer à plus d'égoïsme et de quant à soi. De l'autre côté, les classes homogènes de bas niveau deviennent des mouroirs de l'éducation. De plus, derrière le grand rêve éducatif et socialiste qui a influencé ces trente dernières années, on trouve la propension à dénier l'apprentissage et le manuel. Les bons élèves ne seraient d'emblée que des intellectuels avant d'espérer le devenir par la passion des livres, par exemple. Voir à ce propos, cet article de Libération : Moi, boucher, je jette un os dans la mare de l’emploi

En classe homogène, il y a pour les classes considérées comme de faible niveau peu d'échappatoires possibles ni d'émulation. Nos élèves vont subir toute l'année sans jamais se confronter aux autres, en ne voyant d'horizon que leurs pareils. Pourquoi les résultats des hétérogènes montent-ils en comparaison des résulats des homogènes? Parce que dans ce cadre, le déclic peut se produire, le cancre peut parfois devenir bon élève du jour au lendemain. Tout peut arriver et rien n'est jamais acquis. On oublie combien les élèves sont encore jeunes et sensibles au moindre encouragement, aux punitions ou à la moindre des attentions. Un élève réputé "un peu bête" peut changer de comportement et rapidement refaire son retard. Si l'enseignement est agile et le prof habile, il utilisera la technique du parrainage. Un bon élève sera le mentor d'un autre élève et sera récompensé des progrès de son filleul. Cet apprentissage de la collaboration est bien plus utile à l'entreprise que la mentalité de ce futur diplômé aux dents longues ne le serait : habitué au travail en solitaire et à la seule gestion de sa carrière, incapable de travailler en équipe. L'entreprise du XXIème siècle, a plus grand besoin de collaboration entre ses employés que de bousculade et de lèche-bottes à l'image des premiers rangs de classe.

La saine concurrence prônée par la philosophie du libéralisme n'est pas le nivellement, au contraire. Elle suppose que tout le monde puisse entrer dans l'arène et essayer de devenir ce qu'il fera le choix d'être. C'est la première et plus importante égalité, le reste appartient aux individus et ce n'est pas à l'Etat de décider de l'ordre d'arrivée des courses ou de niveler les possibles de chacun des citoyens.

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Published by Goucho - dans questions
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commentaires

goucho 10/03/2013



De la part de Monge


Avez-vous des enfants dans des classes heterogenes?
Il n y aurait pas de discussions si ce terme recouvrait des differences de connaissances, de niveau. S'il y a probleme c'est que c'est la motivation, la conception de l'ecole qui sont
antinomiques. Mais libre a vous de mettre vos enfants dans une ecole de ce typ


Bonjour Monge,


J'ai effacé votre commentaire ci-dessus. Mon expérience se base sur le passage actuel de l'hétérogène vers l'homogène à Genève. C'est l'ocxcasion pour l'admnistration de reprendre un peu de
pouvoir. Pour l'instant les résulats semblent très discutables. Auparavant les classes homgènes des 12-14 rattrapaient les résulats des meilleurs. Je n'ai pas d'enfants en classe hétérogène en
France.


Merci Monge de votre commentaire

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