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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 20:08
Longuement étudié Jaurès en lisant plusieurs biographies. Monique Canto-Sperber (ici et à écouter ) a sans doute raison de le représenter comme une icône dont l'image est apte à refonder une gauche française non pas sur la marionnette de Jules Guesde, dont la lubrique bêtise est à entrer dans la légende. Jaurès était un fin tacticien. Il a enduré les acrimonies ridicules des congrès socialistes sans perdre de sa superbe. Il a réussi à louvoyer à travers plusieurs gouvernements de centre droit ou de droite et maintenir son image de défenseur de la classe ouvrière. On devine parfois à quel prix à travers la précieuse critique que fait de lui Yves Guyot dans la comédie socialiste (à télécharger ici en remerciant google) le montrant comme un opportuniste notoire.  Jean Jaurès a toujours avancé ses pions avec retard mais pertinence. Dans l'affaire Dreyfus, il s'engagea tardivement mais efficacement. Grâce à sa finesse d'analyse des rapports politiques, il avait deviné avec clarté et longtemps avant les autres que nous allions vers une guerre terrible contre l'Allemagne en 1914. Il aurait sûrement fait un excellent ministre des affaires étrangères. Hélas, s'il était philosophe talentueux, il n'avait pas la moindre formation en économie. Sans doute son engagement socialiste lui a t'il permis de passer à la postérité? S'il avait été radical, sans doute aurait-il suscité moins de rêveries autour de lui car il n'aurait pas participé à ce grand guignol mélodramatique, plein de fièvre er de sentiments qu'était la naissance du socialisme. Jean Jaurès a dans la plupart de ses combats attaqué l'omnipotence de l'état, plutôt que le capitalisme. Il se battit contre la collusion de l'Etat et des patrons. Il fut dreyfusard, anticolonialiste et évita les pétoires du nationalisme qui précéda la guerre. En ce sens, s'il existe un socialisme libéral, Jaurès est bien dans la lignée de celui-ci. 
Néanmoins, il reste à éclaircir deux points ambigus sans lesquels, il n'est pas un socialiste libéral, ni même un grand social-démocrate. Il désirait la destruction du capitalisme et négligeait (moins que les autres) la propriété privée. Néanmoins, il acceptait celle-ci en la parant du nom de propriété sociale. Coopératives, nationalisations pouvaient être considérées comme des propriétés sociales. Vu le contexte de l'époque, on peut considérer que l'argument de la destruction du capitalisme était rhétorique (il était imbattable à cet exercice) Néanmoins les nostalgiques ne manqueront pas de prendre à la lettre ses affirmations surtout en ces temps de crise où de nombreux apprentis-sorciers, à moins qu'ils ne soient que de simples aspirants au totalitarisme, parlent de remise en cause du capitalisme.

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Published by Le Crédule Libéral - dans fondations
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