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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 17:38

Comment la droite et la gauche raisonnent-elles à l'aune des forces spontanées? L'idée d'ordre spontané est de permettre au citoyen d'être libre de ses initiatives et de déterminer son destin par ses propres choix, plutôt que par des dictats et des contraintes venues de l'extérieur.

 

CONSTITUTION ET ASPIRATION AU BONHEUR

La liberté de la presse et de culte est une première condition indispensable à la possibilité d'existence des forces spontanées dans une société. Le XVIIE siècle a vu des révolutions importantes et l'émergence de monarchies constitutionnelles. C'est donc en Occident une période-charnière. La déclaration des droits de l'homme ou la constitution américaine sont parmi les premiers exemples de charte permettant de mettre en place les conditions d'expression de forces spontanées. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 constate quatre droits naturels fondamentaux : liberté, propriété, sûreté, résistance à l’oppression. Le contrat social invoque l'idée que le souverain puisse être redevable du bonheur de son peuple.  

Les forces spontanées s'expriment par l'action plutôt que par l'affrontement. La démocratie directe telle qu'elle est conçue en Suisse correspond l'expression de forces spontanées. Le citoyen est consulté sur la plupart des sujets importants ayant trait à l'évolution de la cité. La démocratie directe limite le despotisme étatique et la concentration des pouvoirs aux mains de quelques-uns.

 

  •  La gauche est attachée à la déclaration des droits de l'homme de 1793 et se réfère depuis peu le programme du CNR de 1945, résultat d'un consensus unique entre droite et gauche après la guerre. La gauche exècre tout rapport de domination. Le souverain est responsable du bien-être du peuple. La gauche revendique des droits nouveaux (logement, anti-précarité, santé...). Pour la gauche socialiste, le suffrage universel a été une revendication de la première heure. Le parti est l'instance par laquelle est censé naître la démocratie et s'exprimer les doléances du peuple.

  • La droite monarchiste qui avait rejeté la révolution à perdre toute influence. La droite autoritaire revendique la concentration des pouvoirs autour d'un monarque ou d'un dépositaire de l'autorité. Le souverain est responsable de l'ordre, de la justice et de la sécurité. Elle a souvent eu quelque méfiance envers le suffrage universel.
    La droite (libérale) se réfère à la déclaration de 1789 ou à la constitution américaine aux USA citée comme référence de l'établissement d'un ordre spontané (Ron Paul). La droite préfère la notion de contrat de gré à gré plutôt qu'un contrat général. La droite est récalcitrante envers tout droit nouveau, en dehors des droits naturels.

REGARD ET RAPPORT AU MONDE
 

La manière d'aborder le réel et le monde... Tolérer l'erreur et faciliter la prise de risque. Laissez s'exprimer les forces spontanées sans savoir où elle mène. Le principe de précaution va à l'encontre de la moindre prise de risque.

 

  • La gauche est fondée sur le Non et le refus du présent, sur le paradigme de la lutte des classes, sur les rapports de force entre travailleurs et patrons, entre capital et travail. Pour elle, les patrons exploitent leurs employés afin d'en tirer le maximum de profits. La gauche revendique l'acceptation de toutes les cultures (multiculturalisme). Pour la gauche, être à droite c'est avoir peur de tout et de l'étranger.
    La gauche prend des risques et n'a pas peur de l'avenir, voire de faire table rase du passé.

  • À droite, la réalité est acceptée dans toutes ses composantes et le présent y est exalté. La droite respecte et accepte toutes les cultures, mais se méfie du mélange de celles-ci. Chacun reste chez soi, selon ses coutumes, dans ses frontières, et la paix est assurée. La droite apprécie la singularité plutôt que la généralité, l'individu plutôt que le groupe. La métaphore de l'arbre dont les racines croissent naturellement est une métaphore revendiquée par la droite.

 

 

RAPPORT AU PRESENT 

L'indifférence est bannie d'une société spontanée. Toute action suscite une réaction. Toute expérimentation est soumise à évaluation, loin de toute idéologie qui est une forme d'anticipation. Une erreur reconnue après un banc d'essai permet de rectifier une action. On avance par essais et corrections d'erreur, avec pragmatisme. L'adaptation est permanente.  

 

  • La gauche est peu axée sur le présent, elle aime les utopies. Son credo est l'exaltation de l'avenir et la transformation du présent. Tout rapport de domination est combattu. La gauche parle souvent de résistance à l'oppression.

  • Pour la droite : le crime ne doit pas rester impuni. La droite est parfois taxée de présentisme, les choses sont telles qu'elles sont et on ne peut les changer sans casser des œufs. La droite a tendance à respecter l'ordre établi. (Penser à droite)

 

LA COOPERATION ET LA COLLABORATION

Faciliter les processus de solidarité et de coopération. Vivre en collectivité.

 

  •  La gauche met l'accent sur la solidarité et la coopération. Elle préfère la redistribution par l'État via l'impôt par exemple plutôt que par l'entreprise. Elle est très attachée à la notion d'égalité et de justice sociale. Elle reproche aouvent au capitalisme d'accentuer les inégalités, c'est-à-dire de faire que le pouvoir d'achat des pauvres augmente moins vite que celui des riches. Elle rejette la métaphore de la Main Invisible (Joseph Stiglitz). Il faut une intervention de l'État pour diminuer la pauvreté. En effet, à un moment ou un autre les forces spontanées du libre marché ne pourront atteindre à l'égalité. La concurrence  est perçue comme une compétition, comme un mécanisme darwinien destiné à anéantir les faibles. La gauche met ainsi l'accent sur l'égalité et la fraternité. La gauche reproche à la droite sa propension à l'égoïsme, à l'individualisme et le manque de compassion pour ses semblables.

  • La droite met l'accent sur la collaboration à travers notamment la main invisible qu'elle considère comme une excellente métaphore de la coopération spontanée. Chacun réalise ses objectifs personnels tout en étant relié par un fil invisible avec les autres. Ce qui réalise la plus grande harmonie. La droite libérale argue que le capitalisme est le seul moyen de permettre le développement harmonieux des sociétés. La droite considère la notion d'inégalité comme discutable puisqu'en premier lieu, ce sont les richesses produites qui font sortir les pays de la pauvreté. Elle préfère souvent s'en remettre aux forces spontanées du marché. L'impôt doit être faible, sinon il est considéré comme une spoliation. La droite insiste plus sur la liberté et l'égalité dans la mesure où celle-ci sera mieux réalisée par l'exercice spontané des forces du marché. Elle considère que les interventions de l'État ont des effets de bord nocifs sur les échanges économiques. La concurrence est un mécanisme autorégulateur indispensable permettant les choix spontanés des agents économiques alors que l'absence de concurrence facilite le clientélisme et la corruption. La droite reproche à la gauche sa propension à l'égalitarisme qui dissimule non pas une générosité, mais une jalousie à l'encontre d'un plus riche que soi. La droite plébiscite la redistribution par la charité, car celle-ci ne passe pas par l'État. La droite libérale reproche à la gauche sa propension à soutenir tout régime qui se revendique de gauche, même s'il est une dictature.

 

EMANCIPATION DE L'INDIVIDU

Faire confiance à l'initiative individuelle, l'autonomie et comment permettre l'émancipation des citoyens. 

 

  • La gauche plébiscite le collectif. Elle s'intéresse peu à la notion d'individu et de libre-arbitre. Elle aime les mouvements de masse (mass-games), les révoltes populaires, les associations et les actions collectives. Elle se méfie de la propriété qu'elle considère comme bourgeoise. Elle revendique la propriété sociale (Jaurès et la propriété sociale) et le partage de tous les moyens au service de tous. La coopérative lui est plus familière que l'entreprise, qui abrite une forme d'exploitation. L'individu est le produit de la société (constructivisme de Bourdieu), de la classe auquel il appartient. Elle se déclare souvent pacifique au moment de l'émergence de conflits. Elle insiste particulièrement sur l'éducation et la culture.

  • Hayek, prix Nobel d'économie et théoricien du libéralisme est un théoricien de l'ordre spontané considérant que le socialisme mène à la servitude. La droite est attachée aux droits de propriété. Le capitalisme a pour fondement la privatisation des moyens de production. Pour la droite libérale la notion d'individu est fondatrice. Pour la droite libérale, ces droits de propriété  (droits de propriété avec De Soto) sont la condition indispensable à la lutte contre l'esclavagisme et la pauvreté.

 

 

CONSTRUCTION DE LA SOCIETE

La politique se construit au jour le jour par la négociation et la résolution des contradictions, en évitant tout centralisme et concentration des pouvoirs. L'application des forces spontanées consiste dans la prise en compte des réalités à laquelle on ne peut échapper afin de les transformer et de les adapter au mieux des avantages de la cité. La fin ne justifie pas les moyens, le processus est aussi important que l'objectif. Les meilleurs lois sont celles qui sont respectées. Une bureaucratie tatillonne est un frein à l'expression de la spontanéité des individus.

 

  • Les régimes communistes ont souvent eu du mal sans user de contraintes à réussir de grands travaux ayant besoin de la participation de tous les corps de métier. La gauche aime rassembler, centraliser. Elle a pour objectif de mutualiser les ressources d'eau pour mieux les partager. Elle est défiante envers le libre échange, préconisant la régulation des marchés. Elle a tendance à rêver d'un gouvernement mondial plutôt qu'aux états nations. Elle a tendance à renforcer naturellement les prérogatives de l'État, garant de la justice sociale, par la création par exemple de postes de fonctionnaires, par la création de services gérés par l'État. Pour encourager l'innovation et la créativité, la gauche va utiliser par exemple les subventions aux associations. La gauche préconise les nationalisations et préfère les services publics, qui lui paraissent plus efficaces et moins chers. Pour le bien de la collectivité, elle n'hésite pas à s'ingérer dans les affaires d'autrui. Du point de vue économique, elle propose la relance par la demande en se basant sur la théorie du multiplicateur keynésien.

  • La droite considère que la profusion de fonctionnaires crée de la bureaucratie qui va finir par casser le jeu des forces spontanées. (Théorie des choix publics) La distribution de subventions peut rapidement s'apparenter à du clientélisme, finissant par créer de l'inégalité en venant brouiller le libre jeu de la concurrence. La droite plébiscite les privatisations, la baisse des dépenses publiques pour éviter une bureaucratie coûteuse à l'état  (L'Etat c'est la grande fiction....) et donc à l'ensemble des citoyens. Les patrons paient leurs employés au maximum de leurs possibilités, malgré leurs contraintes. La droite aime prendre en compte la notion de singularité et se méfie de la loi de la majorité qui n'hésite pas à violer les droits de propriété. Pour la droite "Small is beautiful", elle est souvent sensible à la notion d'état-nation, voire au nationalisme, pour la droite autoritaire. La partition lui est envisageable si les deux parties ont des conceptions divergentes.

 

 

RAPPORT A LA CREATIVITE ET A L'INNOVATION

Créativité et innovation sont un axe important de différenciation entre droite en gauche.

 

  •  La gauche aime innover à travers l'organisation sociale. Elle considère que depuis un siècle, sa lutte pied à pied contre le pouvoir a permis de progresser en matière d'acquis sociaux, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs...

  • La droite sollicite l'innovation individuelle ou entrepreneuriale. Elle considère que le capitalisme a permis de faire grandement progresser le niveau de vie et diminuer la pauvreté dans le monde.

Limites de l'exercice :

La généralisation entre droite et droite libérale dixit libéralisme est source de confusion. Si la gauche socialiste est antilibérale par essence, la droite n'est pas forcément libérale. La notion de forces spontanées est l'apanage du libéralisme. Sans doute faudrait-il se reposer sur un trinagle droite - gauche - libéralisme (ou bien droite libérale puisque le libéralisme initialement à gauche se reconnaît peu dans les valeurs de la gauche socialiste)

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Published by Le crédule libéral - dans fondations
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commentaires

Kris 30/05/2012


Remarquable synthèse. Bravo !