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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 00:03
La révolution a abrogé dans la nuit du 4 août 1789 les corporations, maîtrises et jurandes et proclamé la liberté du travail. Yves Guyot décrit le monde du travail avant 89. 
"Le commerce et l'industrie de Paris appartenaient à six corporations: les drapiers, les épiciers, les merciers, les pelletiers, les bonnetiers et les orfèvres. Nul ne peut s'établir boucher à Paris sans l'agrément de la corporation des bouchers. Il fallait pour le harnachement d'un cheval le concours de six corporations : les chaisiers faisaient le fond de la selle ; les bourreliers, les troussequins; les peintres selliers, les ornements; les blasonniers ; les armoiries; les lormiers, le mors, les gourmettes et les étriers... Il y eut aussi dans le Xivème un grand combat entre les rôtisseurs et les poulaillers. Les poulaillers reconnaissaient aux rôtisseurs le droit de rôtir un boeuf,mais leur déniaient le droit de rôtir un poulet. Les marchands, se considérant d'une caste supérieure ne voulaient rien avoir en commun avec "les artisans". Les merciers se vantaient d'avoir détaché de leurs corps les tapissiers qu'ils considéraient comme inférieurs. Les maîtres formaient une caste à part. Ils étaient les véritables possesseurs de la corporation : pour eux comme pour leur famille, tout était faveur. L'apprenti qui n'était point fils de maître, devait pendant de longues années non seulement travaillé pour le maître, sans salaire, mais payer lui-même. Celui qui ne payait en argent devait s'acquitter en sacrifiant un certain nombre d'années.
L'engagement de l'apprenti avait lieu devant le maître et était irrévocable. Livré tout entier à son maître, soumis à tous les caprices et à toutes ses exigences, l'apprenti n'était pas admis à déposer contre lui devant les prud'hommes. C'était un serf. Tous les règlements parlaient des devoirs de l'apprenti, aucun ne parle des obligations du maître. Le fils du maître était ouvrier de naissance.
Les corporations avaient des règlements ayant pour but d'uniformiser leur fabrication. Colbert en 1669 édicta quatre grandes ordonnances. Toute initiative personnelle était sévèrement réprimée. L'ordonnance du mois d'août 1669 prescrit les longueur et largeur que doivent avoir les draps. Le 18 mars 1671, Colbert publie une instruction en trois cent dix-sept articles pour composer les couleurs. Les règlements concernant le tissage entrent dans les plus minutieux détails. À tout instant, nos fabricants s'apercevaient qu'ils ne pouvaient produire ce que leur demandait l'étranger. Alors ils sollicitaient le gouvernement de vouloir bien apporter quelques modifications à ses réglements. Aujourd'hui le fabricant tissait une étoffe que le lendemain un règlement lui interdisait de vendre. Pour maintenir cette réglementation, sans cesse la maréchaussée, les inspecteurs tombaient dans les ateliers, bouleversant tout, s'appropriant les procédés secrets, les dévoilant, suspendant le travail, ruinant souvent le crédit par une fausse ou mauvaise interprétation de l'état des affaires. Un arrêt de 1784 prescrit que la longueur des mouchoirs fabriqués dans le royaume soit égale à la largeur. Turgot proclama la liberté du travail et cela lui coûta son ministère. Pourtant dès 1614, le Tiers-état avait demandé que toutes maîtrises de métiers fussent éteintes". Ce système de corporations de jurandes faisait si bien partie de l'échafaudage de féodalité et d'inégalité de l'Ancien Régime que ce fut dans la nuit du 4 août 1789 qu'il disparut."
Ainsi pour la révolution française le contrat doit se faire individuellement de gré à gré. La loi Le Chapelier en 1791 se basera sur cet esprit pour ne pas concéder aux ouvriers qualifiés parisiens un salaire minimum journalier et un contrat collectif. "L'anéantissement de toutes les espèces de corporations des citoyens du même était et profession, étant une des bases fondamentales de la constitution française et il est défendu de les rétablir sous quelque forme que ce soit..."
Cette loi discutable aujourd'hui et sans doute moins à l'époque devait rester en vigueur jusqu'en 1864 et fut toujours dénoncée par les Socialistes. Elle avait au moins pour avantage d'interdire également les associations entre patrons et de limiter l'abus de pouvoir syndical.
Référence : Yves Guyot: les principes de 89 et le socialisme
François Crouzet: La logique libérale de la révolution française

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Published by Le crédule libéral - dans fondations
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