Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
  • Contact

Mon profil

Recherche

Réseau

2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 00:08
Voter a une très relative importance dans les démocraties libérales... Il est de bon ton de tenter de mobiliser les citoyens pour tel ou tel scrutin en laissant entendre que le vote est la chose la plus importante que l'on puisse faire. Il est également fréquent de mentionner le fait que les candidats ne sont pas représentatifs et que notre bulletin glissé dans l'urne ne sera qu'une stratégie de moindre mal sans enthousiasme. Ce contexte vu sous un autre angle pourrait être considéré plutôt comme un signe de maturité politique. Voici une traduction de l'article "Voter est une perte de temps" de l'iconoclaste James Whyle, prix Bastiat 2006, libéral néo-zélandais, qui s'applique à travers ses écrits à déchiffrer les bêtises subliminales cachées dans l'argumentation de nos politiciens au quotidien. Pour lui, dans une société libérale, le vote perd de son importance et c'est tant mieux...
"L'apathie politique, attitude qui consiste à ne pas voter est une attitude parfaitement saine. Les politiques rêveraient de pouvoir nous faire voter de force. Dans les pays totalitaires, les hommes d'affaires doivent avoir des accointances avec les politiciens. Dans les pays libres, on ne leur demande rien, les alternances politiques se font sans heurt ni démonstration d'enthousiasme avec un taux d'abstention qui n'aurait de quoi effrayer que les politiciens narcissiques de leurs prérogatives. Ainsi à partir du moment où un État cesse de faire la pluie et le beau temps en s'arrogeant et contrôlant nombre d'entreprises, le vote politique perd de son importance. Quand les grands partis politiques diffèrent peu dans leurs politiques, il n'est pas du tout surprenant que les gens ne votent pas. Ceci n'est pas regrettable mais plutôt bon signe. Signe que les choses se jouent sans doute ailleurs, une fois la démocratie installée.
La démocratie est exigée pour défendre notre liberté et notre prospérité. Quand les personnes ne peuvent pas lutter contre un gouvernement, le despotisme, la corruption et l'inefficacité s'installent. Mais nous ne devrions pas confondre notre amour de la démocratie avec notre passion pour le vote. Celui-ci n'est valable seulement qu'en cas de graves problèmes politiques. Le scrutin est comme une sortie de secours : c'est bon de l'avoir, mais dans l'idéal, il ne sert pas à grand-chose." Dans le cas de la France, qui n'est pas tout à fait un pays libéral, le choix d'un vote Bayrou peut passer pour un moindre mal
comme celui de ne donner sa voix à aucun des candidats.... On verra ici la position désenchantée de Madelin. Le choix Bayrou m'évoque cette interview de Vargas Llosa qui avançait que ce n'était pas la dictature qui avait ramené le Chili vers la démocratie libérale, mais un compromis centriste.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Decrauze Loic 08/04/2007 20:47

Ah ! rasante campagne
Tumultueuse marche vers le premier tour, les parades de la campagne laissent émerger les caractères des prétendants et l’agitation plus ou moins stratégique de leur équipe respective. Les thèmes s’égrènent au fil des urgences artificielles : la frénésie médiatique détermine la hiérarchie du jour.
 

La plongée dans l’histoire des présidentielles, ou de certaines municipales, provoque une nausée fascinée par les coups sans pitié portés entre adversaires. A visionner quelques documentaires, « Valéry Giscard d’Estaing ou le théâtre du pouvoir », « François Mitterrand : le roman du pouvoir », « Chirac jeune loup et vieux lion », et l’édifiant « Paris à tout prix », on en sort convaincu : meurtre du rival excepté, rien ne différencie les mœurs politiques actuels de ceux des temps antiques.
 

Abreuvé d’analyses, je tente de surnager face aux multiples positionnements des uns et des autres. L’instinct, le ressenti m’incline à croire à un remake de la version 74. Douze candidats parmi lesquels le Bayrou en phase ascendante.
 

Alors qu’à droite, hors centre, la bipolarisation s’affirme entre un extrême populiste et une droite marquée (n’oublions pas, avec quelque effort amusé, l’épiphénomène de Villiers), la gauche, elle, n’a tiré strictement aucun enseignement de l’émiettement de 2002 et s’est obscènement assise sur ses promesses d’union suite au front hystérique contre le traité constitutionnel. Pathétique spectacle d’une gauche qui s’octroie le  luxe suicidaire de multiples candidatures.
 

Cela nourrit-il seulement le débat de fond sur la gestion et les réformes nécessaires pour un pays timoré ?  La France, pays dont la jeunesse, quarante ans après 68, ne se bouge plus que pour revendiquer toujours plus d’Etat, de sécurité de l’emploi et pour ânonner ses angoisses sur une incertaine retraite.
 

L’offre politique s’est donc mise à l’aune des desideratas des populations françaises. Chaque chapelle se fait fort de combler les attentes de son public portant des artistes plus ou moins talentueux, mais indubitablement opportunistes.
 

Que croire : la sérénade révolutionnaire qui veut enfler l’Etat comme aux plus sombres heures du soviétisme ou l’antienne libérale dont la confiance dans les marchés frise avec l’aberration de la génération spontanée. La rapide étude des comportements des financiers, traders et autres boursicoteurs permet de saisir le poids d’un panurgisme délétère, et les vagues d’un irrépressible grégarisme. La simple rumeur dépréciative sur une société peut, par l’effet domino, occasionner une baisse notable du cours en bourse lequel impliquera, parfois sans fondement tangible, une atteinte à l’emploi réel.
 

A l’occasion des cinquante ans du traité de Rome, aucun des candidats français n’a la crédibilité pour initier une nouvelle impulsion au bourbier à vingt-sept qui a usurpé deux élargissements aux peuples européens avant même d’avoir le fonctionnement institutionnel adapté. Sans aucun doute la pire gourde du Conseil européen, prétendue clef de voûte qui a tout fait capoter.
 

Cette campagne se pare des quelques sujets nationaux, du bien franco-français, qui irriguent les préoccupations du peuple sans, à aucun moment, qu’un des candidats n’avoue que la destinée de notre pays est majoritairement dépendante de facteurs européens et mondiaux… sauf si nous tenons à prendre comme modèle la Corée du Nord. Un chômage consubstantiel à nos mœurs économico-publics  incapables de réformes libératrices et qui donnent encore la prime à la manne étatique qui calfate sans compter. Des fonctionnaires, trop protégés par des décennies de démagogie et de lâcheté politiques, qui n’admettent pas qu’on rogne leurs sacro-saints acquis sociaux, quitte à risquer l’implosion du système. La lubie d’un changement de République (évoqué par les antigaullistes dès l’élection de 1965) qui voudrait doper le Parlement et faire accroire qu’un changement de numéro romain résoudrait le mal français tout comme certains imposteurs ont défendu qu’un rejet de la constitution européenne éviterait la déferlante libérale.
 

Les discours ne doivent plus leurrer : ils ne servent pas la cause nationale, mais les seules ambitions personnelles. Chacun s’essaye, comme à chaque consultation électorale, au ratissage des voix selon son ancrage.
 

Paradoxe des postures : les anciens cumulards des candidatures campent le rôle des piques et de la verdeur révolutionnaire : la rupture extrême s’incarne chez les papy Le Pen et mamie Laguiller, alors que les primipares présidentiables sont les mastodontes susceptibles de l’emporter.
 

Jacques Chirac va donc passer le relais du pouvoir en bien meilleure santé que son admiré prédécesseur. Il pourra ainsi se consacrer à son autre passion, après l’inavouable goût pour la conquête : l’influence humaniste à l’échelle d’une planète toujours plus complexe. L’hommage quasi unanime a ses élans verbaux, sur la scène internationale, à propos des grands sujets de notre « maison [qui] brûle » a tracé sa marque dans l’histoire : la présidence de la parole.
 

Petit instantané abrupt, sans prétention idéologique, d’une campagne finalement très banale… le résultat le sera-t-il tout autant ?
 

htpp://pamphletaire.blogspot.com