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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 01:08
On écoutera ce débat intéressant à l'Université de tous les savoirs entre Thomas Piketty et Alain Madelin en octobre dernier.
Thomas Piketty n'est pas pour l'augmentation de la pression fiscale mais plutôt pour sa stabilisation. Il dénonce l'opacité des impôts en France et insiste sur leur faible valeur (3 % du PIB) par rapport aux autres pays. Il vaut mieux alléger les prélèvements sur le travail plutôt que les impôts. Il existe des prélèvements peu justifiés et opaques. Il existe des prélèvements pour la redistribution ainsi que pour les dépenses de l'état qui eux se justifient. D'autres émanent d'une logique d'assurance-chômage et santé personnelle. On a adopté le système de répartition car on a considéré que les marchés financiers étaient peu fiables pour conserver les avoirs financiers sur 30 ans. Dans le cas des retraites, ce que les gens cotisent, ils le touchent plus tard sous forme de revenu différé. Ainsi, le système de retraite complémentaire des cadres est l'exemple d'un prélèvement qui ne rapporte rien et plutôt coûteux pour la collectivité.  Le système de retraite par répartition marche ainsi sur la tête pour les gros salaires. Alors que ces cadres préféreraient le plus souvent gérer eux-mêmes leur financement retraite. Les prestations familiales, elles, sont relatives à une solidarité nationale. Ces dépenses devraient porter sur toutes les formes de richesse et non uniquement sur les salaires.
Alain Madelin lui, parle de prélever moins et mieux pour augmenter la croissance. Les pays nordiques, s'ils ont de forts prélèvements ont ouvert leur service public à la concurrence et investissent plus. Pour preuve, si on veut créer des emplois, il faut créer un statut fiscal dérogatoire. On prélève mal aux deux extrêmités de l'échelle des revenus. Dans la partie haute de l'échelle des revenus, on dégrève les investissements, on décourage les initiatives. Pour les revenus les moins qualifiés, on laisse les pauvres comme "dans une bouteille" dont il est très difficile de s'échapper. Les allègements sont le plus souvent mal ciblés. C'est la smicardisation. La sortie du système de l'aide sociale est parfois contreproductive. L'endettement n'est pas condamnable s'il correspond à des investissements et s'il n'excède pas nos capacités de remboursement. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Une approche moderne consisterait à accepter les inégalités fécondes et motrices de notre économie. L'impôt devrait être allégé et simplifié.

Le débat entre les deux hommes est vif par la suite... La diminution des prélèvements devrait se faire sur un point de PIB par an sans déficit tout en dopant la croissance, à la manière de l'Espagne. La croissance est un facteur important. Piketty tente de justifier l'immobilisme ainsi. "C'est plus compliqué que cela !" répète-t-il. La croissance étant proportionnelle aux dépenses, il est difficile de descendre la pression fiscale. Paradoxalement, Piketty défend la médecine libérale à la française qui à la fois associe une logique de concurrence et une logique d'égalité. Au contraire, pour Madelin, l'économie de la santé est extrêmement régulée et tarifée. On lira la position d'Alexandre Delaigue sur Libération, plus proche de celle de Piketty. Celle de Jean-Pierre Chevallier plus proche de Madelin et... Sarkozy.

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Published by Le crédule libéral - dans vu-entendu
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