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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 00:00
Croyez-vous qu'il soit facile de ne plus être socialiste?

J'ai dû taire mon arrogance face aux Américains que je prenais pour des imbéciles.
J'ai dû renoncer à mon émotion en évoquant les "avancées sociales" des gouvernements de gauche.
J'ai dû apprécier que l'activité indépendante que j'allais monter était plus porteuse pour la société que ma lutte sans faille contre le patronat.
J'ai dû conclure que la mondialisation n'était pas une mécanique inventée par le capitalisme pour mettre les travailleurs au chômage.
J'ai dû faire confiance à l'humanité.
Croyez-vous qu'il soit facile de ne plus être socialiste?

J'ai dû découvrir que mes meilleurs potes anarchistes, qui se targuaient de profiter des subventions de l'État en refusant de travailler, étaient de tristes maraudeurs.
J'ai dû ne pas rejeter les riches au premier chef et ne pas voir les "pauvres" comme une entité informe de laquelle j'allais me considérer comme le bienfaiteur potentiel, puisque j'étais de gauche.
J'ai dû m'affranchir de ma haine du commerce et des commerçants, ces "Dupont-la-joie personnifiés".
J'ai dû respecter les propriétaires, ces "petits-bourgeois puants", des appartements que je louais.
J'ai dû concéder que la théorie marxiste n'était pas forcément un cadeau pour l'humanité.
J'ai dû admettre que le Chili, ce n'était pas Allende.
J'ai dû accepter le capitalisme comme un bienfait alors qu'il rendait les riches plus riches et plus pauvres les pauvres.
J'ai dû conclure que les multinationales n'étaient pas responsables des difficultés de l'Afrique.
J'ai dû jauger la culture au même titre que les autres domaines et ne plus l'apprécier comme si elle fut universelle, dépassant tous les clivages et prioritaire sur toute subvention.
J'ai dû renoncer à cette posture gourmande qui ânonnait que la panacée était de distribuer gratuitement des allocations, quarante litres d'eau et un abonnement électrique gratuits.
J'ai dû désigner les intermédiaires, du nom de grossiste et de distributeur alors qu'ils étaient des parasites spoliant le producteur.
Croyez-vous qu'il soit facile de ne plus être socialiste?

J'ai dû me crisper lorsqu'il s'agissait de squatter dans l'allégresse militante des appartements inoccupés.
J'ai dû consentir que la propriété, cette invention de la petite bourgeoisie libérale était une forme sophistiquée de l'évolution humaine.
J'ai dû commencer à regarder l'État avec de plus en plus de circonspection...
J'ai dû me rendre à l'évidence que nombre de manifestations auxquelles j'avais participé étaient des attrape-nigauds.
J'ai dû perdre l'amitié de mes copains de gauche pour qui je suis désormais, un damné de droite...
Croyez-vous qu'il soit facile de ne plus être socialiste?

J'ai fait la paix avec mon passé que la lutte des classes a fourvoyé.
J'ai considéré que j'étais libre et qu'en face de moi, il y avait plein d'incertitudes et de lendemains qui dansent...

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Published by Le crédule libéral - dans fondations
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