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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 00:08
Bastiat fait une analyse purement économique de la colonisation dans un de ses derniers pamphlets "Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas". Il s'insurge totalement contre tout projet pharaonique qui serait basé sur un prélevement de l'impôt. Il prend ironiquement le terme de Barbarie pour parler de l'Algérie afin de se moquer de l'emphase des défendeurs du projet.
"Mais voici quatre orateurs qui se disputent la tribune. Ils parlent d’abord tous à la fois, puis l’un aprés l’autre. Qu’ont-ils dit? De fort belles choses assurèment sur la puissance et la grandeur de la France, sur la nécessité de semer pour récolter, sur le brillant avenir de notre gigantesque colonie, sur l’avantage de déverser au loin le trop-plein de notre population, etc., etc. ; magnifiques pieces d’éloquence, toujours ornées de celte péroraison :
Votez cinquante millions (plus ou moins) pour faire en Algérie des ports et des routes, pour y transporter des colons, leur bâtir des maisons, leur défricher des champs. Par là vous aurez soulagé le travailleur français, encouragé le travail africain, et fait fructifier le commerce marseillais. C’est tout profit." Oui, cela est vrai, si l’on ne considere lesdits cinquante millions qu’à partir du moment où l'État les dépense, si l’on regarde où ils vont, non d’où ils viennent; si, I’on tient compte seulement du bien qu’ils feront en sortant du coffre des percepteurs, et non du mal qu’on a produit, non plus que du bien qu’on a empêché, en les y faisant entrer; oui, à ce point de vue borné, tout est profit. La maison bâtie en Barbarie, c’est ce qu’on voit; le port creusé en Barbarie, c’est ce qu’on voit; le travail provoqué en Barbarie, c’est ce qu’on voit; quelques bras de moins en France, c’est ce qu’on voit; un grand mouvement de marchandises à Marseille, c’est toujours ce qu’on voit. Mais il y.a autre chose qu’on ne voit pas. C’est que les cinquante millions dépensés par l’État ne peuvent plus l'être, comme ils I’auraient été, par le contribuable...
Comment cela se peut-il, si en transportant ce colon à Alger, on y a transporté aussi deux ou trois fois le capital qui I’aurait fait vivre en France?... Le ministre de la guerre a affirmé dernièrement que chaque individu transporté en Algérie a coûté à l'État 8000fr. Or il est positif que les malheureux dont il s'agit auraient très bien vécu en France sur un capital de 4000 fr...
Déplacer le travail, c'est déplacer les travailleurs, c'est troubler les lois naturelles qui président à la distribution de la population sur le territoire."

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Published by Le crédule libéral - dans fondations
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