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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 00:33
Pour s'amuser avec l'idéologie politique, appliquons la technique de l'analogie. Le football et sa science sont notre vecteur: Voici trois sortes d'équipes: libéraux contre protectionnistes contre socialistes. Si le football nous était conté en termes d'idéologies politiques, cela donnerait ceci...

   1. Le libéralisme footballistique
Les équipes libérales sont des équipes qui privilégient un jeu basé sur les individualités. L'entraîneur bâtit sa tactique en fonction de la qualité des joueurs, essayant de tirer le meilleur parti de chacun d'eux. Ce n'est pas que les équipes libérales gagnent plus, ce sont plutôt celles qui font rêver le plus et qui offre au public le meilleur spectacle. Ainsi même si une équipe adoptant la tactique libérale perd le championnat, elle aura généré un chiffre d'affaires important en produits dérivés. Le plus souvent, l'attaque y est privilégiée, le marquage est secondaire et le jeu est totalement porté sur l'attaque. Les équipes libérales, si elles marquent beaucoup de buts, en prennent également. S'il leur arrive souvent de perdre lorsqu'elles rencontrent des équipes protectionnistes aguerries, elles restent néanmoins bien placées et régulières dans les compétitions. Le trait d'humour de Gary Linecker "Le football est un jeu qui se joue à onze et c'est toujours l'Allemagne (parangon de l'équipe protectionniste des années soixante-dix et quatre-vingt) qui gagne" a fait le tour du monde. En général, le recrutement dans l'équipe est décidé par l'entraîneur en fonction du principal critère de la qualité du joueur. Le jeu idéal libéral est basé sur une touche de balle et sur la première intention du joueur afin de privilégier sa spontanéité. Cette idée permet à l'équipe et aux joueurs d'atteindre un plus haut niveau de confiance et d'autonomie ainsi qu'une grande sensation de liberté dans le jeu. Afin de s'adapter à un jeu devenu plus rugueux dans les années soixante-dix,
avec un effectif particulièrement solide, le jeu libéral est devenu plus anarchiste en proposant l'adage "tout le monde attaque, tout le monde défend" sans distinction. Ainsi, ce "Football Total" toujours basé sur les personnalités de l'équipe exigeait néanmoins de chaque joueur une implication à tout instant dans le jeu. Le ballon pouvait passer d'un endroit à l'autre, le jeu consistait en une adaptation constante de la part des joueurs en fonction des opportunités et impliquait des changements de leader fréquents sans privilégier tel ou tel joueur, tel ou tel axe de jeu. La Hollande de 74 est un exemple de ce jeu libertarien poussé à un haut niveau d'exigence. Le Brésil surtout, peu protectionniste par nature, est connu et admiré dans le monde entier pour son football champagne et pour toujours porter dans l'histoire du football, la tactique du jeu libéral et spontané au plus haut niveau. En réaction au carcan protectionniste, le mouvement Joga-Bonito, animé par Éric Cantona et soutenu par l'entreprise Nike, tente de faire partager les valeurs universelles du fairplay et du beau football.

   2. Le protectionnisme footballistique ou Catenaccio
Le jeu protectionniste est un style de jeu en réaction contre l'incertitude de la défaite.  Les équipes protectionnistes détestent perdre et sont capables de toutes les turpitudes pour tenir le résultat. L'adage "seule la victoire est belle" est leur credo. Les pressions sur l'arbitre, la simulation et la mauvaise foi font partie intégrante du jeu. Les Italiens ont porté cette tactique de jeu au plus haut point avec le Catenaccio. La défense de zone ou le marquage à la culotte sont les points essentiels de ce style de jeu. Il s'agit de faire déjouer l'adversaire, voire de l'étouffer. Dès que l'adversaire approche de la surface de réparation, il est tiré par le maillot, bousculé afin de l'empêcher d'avancer et de l'impressionner. Heureusement à la fin des années quatre-vingt, les lois de protection des attaquants ont permis au jeu de respirer et de faciliter le jeu d'attaque aux abords de la surface de réparation. Les protectionnistes du jeu se sont adaptés. Ainsi le tirage de maillot, plutôt que l'agression physique, est devenu un des moyens les plus répandus d'expression du jeu protectionniste.
Les plus costauds et les plus agressifs sont placés systématiquement aux postes d'arrières. Le poste de libéro signifiant pour le joueur "toute liberté pour couper le jeu ou l'adversaire en morceaux" a été l'emblème du Catenaccio. L'option plus militaire de la défense en ligne lui a été peu à peu substitué. Les équipes protectionnistes offrent en général à leurs supporters une litanie d'ennui et de matchs nuls avec éventuellement au bout une victoire étriquée. Si la tactique protectionniste est maintenue trop longtemps, le spectacle se dégrade et les retombées télévisuelles diminuent imperceptiblement. Les équipes ne sont plus supportées pour la dynamique de leur jeu mais pour des raisons grégaires et patriotiques. Les présidents de club adoptent des tactiques libérales partielles en recrutant à prix d'or un joueur d'attaque de réputation très libérale pour faire le spectacle, (évitant par la même occasion que les autres équipes fassent de même) afin de redorer le blason du club. Le choix des joueurs est en général plein de considérations politiques voire nationalistes.  Malgré ces efforts, l'incertitude du football est toujours présente et les équipes protectionnistes ont des résultats toujours en dent-de-scie. Les Italiens sont de plus en plus capables en fonction de l'évolution d'un match d'adopter des tactiques de jeux des plus libérales aux plus protectionnistes, mélangeant le spectaculaire et l'agressif. Les Français de 1998 et de 2006 ont, eux aussi, bien intégré le côté caméléon du jeu à l'italienne et sont eux aussi de dignes représentants du Catenaccio européen appelé parfois Football Moderne.

    3. Le jeu socialiste
Le jeu socialiste obéit à des considérations tout à fait différentes. Il n'est pas porté à la victoire bien qu'il se déclare très souvent victime de la corruption et de la malignité arbitrale. Les équipes socialistes gagnent très rarement une compétition. L'idéal socialiste est d'apporter le bonheur total aux joueurs de football, il se soucie donc peu des réactions du public et encore moins de la qualité du spectacle. Ainsi dans le jeu socialiste, les lignes arrière, par lesquelles le jeu démarre, sont déterminantes et régissent complètement le mouvement. Le jeu socialiste est très pointilleux sur la répartition de la possession de balle entre les joueurs. Ainsi, les arrières relancent le jeu qui passe obligatoirement par les demis défensifs qui passent aux avants. Les arrières socialistes, d'un naturel méfiant et soucieux du bien-être général, n'aiment pas trop les avants, coupables selon eux de comploter, en simulant par exemple de multiples fautes. Les avants qui grâce aux buts marqués ont les faveurs du public et des médias sont tenus d'obligations par rapport aux autres joueurs. Par exemple un ailier gauche qui réussit à déborder devra faire une passe en retrait pour que l'arrière ou le demi puisse à son tour se mettre en lumière. Les coups francs sont toujours déterminés par des combinaisons complexes travaillées à l'entraînement et calculées par l'entraîneur qui est le maître unique et incontesté de l'équipe, garant du bonheur des joueurs.
Le mode de jeu privilégié est la contre-attaque qui évite aux avants d'avoir trop de ballons. Les joueurs ont une place déterminée et n'en changent jamais. Les remplacements de joueurs sont fréquents afin d'éviter que les joueurs jouent trop, deviennent des vedettes ou empiètent sur les autres. Il y a donc beaucoup de joueurs remplaçants afin d'éviter la fatigue. Les arrières, maîtres du jeu sous la houlette de l'entraîneur, peuvent avec son assentiment discret, exclure un des joueurs de l'équipe, coupable par exemple de marquer trop de buts au détriment de ses collègues. Ils peuvent boycotter l'aile gauche et ne plus passer de ballons à l'ailier coupable de prendre trop de citrons à la mi-temps ou d'avoir des chaussures de marque trop voyantes. Les équipes socialistes terminent souvent en fin de classement. Elles ont un jeu très stéréotypé facile à anticiper. Néanmoins, leur style de jeu rugueux et privilégiant les lignes arrière est une source d'inspiration constante pour le football protectionniste. Les équipes socialistes sont faciles à battre car les joueurs s'y ennuient copieusement et n'ont qu'une ambition: jouer, fort de leur expérience, dans une équipe protectionniste ou mieux, si leur technique le permet, dans une équipe libérale.

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Published by Le crédule libéral - dans fondations
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