Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
  • Contact

Mon profil

Recherche

Archives

Réseau

15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 00:06
"Chez Grameen, nous voyons les pauvres comme des ´bonsai´ humain. Si une bonne graine d'un arbre géant est plantée dans un pot, l'arbre qui se développera sera une version miniature de l'arbre géant. Les gens sont pauvres parce que la société leur a refusé une vraie base sociale et économique pour se développer."                             Muhammad Yunus.
Alors que Muhammad Yunus, vient de recevoir le prix nobel de la paix, voici une interview de Iqbal Quadir qui a créé GrameenPhone sur le même modèle que Grameen.

En sept ans, GrameenPhone a apporté la téléphonie mobile à 100 millions de Bengalais. Pour son fondateur, Iqbal Quadir, c’est la preuve que le profit est un meilleur moteur de développement que la charité.  Interview réalisé par le magazine Bilan. Extraits.

Comment est né le concept des GrameenPhone?
En 1993, j’essayais de devenir banquier d’affaires à New York. Je communiquais par e-mails. Un jour, le système est tombé en panne. Dans mon bureau de New York, j’ai réalisé que, aux Etats-Unis comme au Bangladesh, la connectivité c’est la productivité. Certes, mais déployer une in­frastructure dont les coûts semblent hors d’atteinte pour la population pauvre du Ban­gladesh est une autre his­toire… Entre la baisse des prix de la technologie et le succès du pro­gramme de microcrédit de la Banque Grameen, je sentais qu’il y avait une possibilité. Si Grameen pouvait permettre à un paysan d’acheter une vache, il n’y avait pas de raison qu’elle ne puisse pas financer l’achat d’un téléphone portable. A con­dition que celui-ci devienne une vache, autrement dit que celui qui a ce téléphone puisse en faire un petit business en revendant des minutes ou qu’il voie son achat remboursé par les gains de productivité qu’il réalise sur le reste de son acti­vité
D’accord pour le financement des portables, mais cela ne résout pas le problème de l’in­frastructure?
Pour convaincre des investis­seurs, il faut qu’ils aient une perspective de profit. Gra­meenPhone est une entreprise qui fait aujourd’hui 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires Ce n’est pas de la philanthro­pie. Mes investisseurs sont tous gagnants. La Banque Grameen l’est avec 10 millions d’abonnés qui remboursent leurs mi­crocrédits. Telenor, l’opérateur norvégien qui a réalisé l’infras­tructure et gère le réseau, l’est avec une base de clients deux fois plus importante. Enfin, les investis­seurs privés qui m’ont confié 700 000 dollars entre 1995 et 1997 sont sortis l’an dernier en revendant leurs actions pour 33 millions de dol­lars. C’est trente fois leur mise.
Et l’économie du Bangladesh? Comment a-t-elle bénéficié des GrameenPhone?
Un tiers du trafic est généré par les petits entrepreneurs ruraux, les Grameen Ladies. Chacune vend un accès à une clientèle d’environ 400 personnes. Elles sont 250 000. Cela signifie que sur les 140 millions d’habitants du Bangladesh, 100 millions ont accès au téléphone. Cela change radicalement l’écono­mie du pays. L’Union interna­tionale des télécommunications considère que l’introduction d’un téléphone génère une augmen­tation du PIB de 5000 dollars. Même si seulement 5% de ce chiffre est exact, que cela ne représente que 250 dollars, les 10 millions d’abonnés de Gra­meenPhone génèrent 2,5 mil­liards de dollars de croissance en plus. En outre, la connecti­vité nous permet de nous utili­ser les uns les autres et de nous spécialiser. Or, la spécialisation est source de productivité
Cela s’applique à d’autres tech­nologies?
Le projet Emergence Energy que je mène avec l’inventeur américain Dean Kamen pro­meut la production d’électricité à partir de biogaz extrait du fumier que produisent les 21 millions de vaches du Ban­gladesh. Le test que nous avons fait l’an dernier ayant été con­cluant, nous travaillons à la création de l’usine qui fabri­quera des générateurs d’un ki­lowatt au Bangladesh
A vous entendre, cela a l’air simple. Ces projets ne rencon­trent- ils pas d’obstacles?
Si. Au cours du siècle dernier, l’innovation a eu tendance à renforcer la centralisation des pouvoirs. C’est particulièrement le cas avec l’eau ou l’électricité. Nous devons lutter contre les grandes entreprises existantes qui veulent commercialiser de grosses solutions clés en main au gouvernement.
Les technologies numériques ont rompu avec ce cycle en démocratisant l’accès et en don­nant plus de pouvoir aux con­sommateurs producteurs. J’ai coutume de dire que si le mar­ché est la main invisible de l’économie, les nouvelles tech­nologies sont ses jambes. Elles permettent aux pays en voie de développement de courir pour rattraper leur retard. Aujour­d’hui, un entrepreneur du Ban­gladesh a un accès e-mail gra­tuit sur Yahoo! et il peut télé­phoner gratuitement sur Skype. Nous essayons de reproduire cette logique du power to the people avec l’électricité et l’eau. Mais cela va à l’encontre des habitudes en matière d’aide au développement.
Vous êtes contre l’aide au dé­veloppement?
Pas si elle intervient pour renforcer l’esprit d’entreprise. Mais le plus souvent, elle ne fait que promouvoir la centra­lisation du pouvoir et n’est distribuée qu’en fonction de motivations politiques entre Etats.

Partager cet article

Repost 0
Published by Le crédule libéral - dans actualités
commenter cet article

commentaires