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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 23:19
"Là-bas si j'y suis", n'est-ce pas Radio-Tirana revisité par le romantisme et la nostalgie, avec le talent de Daniel Mermet? Dans les années 70, Radio-Tirana débitait ses sornettes avec un ton monocorde. "Là-bas si j'y suis" a l'ambition de susciter l'émotion, de flatter l'esprit d'analyse en faisant semblant de donner une information qui sort des sentiers battus. Tout en faisant vibrer la corde de la solidarité et d'un nouveau monde à construire, les idées déclinées renforcent à tout coup les préjugés les plus éculés de la gauche gauche. Le paradigme de base est simple: les patrons sont des exploiteurs, le capitalisme conduit le monde à sa perte, les communistes du siècle dernier étaient des coeurs purs.
Lorsque le moral est en berne, Goucho écoute l'émission de Daniel Mermet. Celle d'aujourd'hui 3 mars est un modèle du genre. Cela commence par le répondeur. Le pauvre Serge Dassault, enfourchant quelque gros sabots, avait dit le matin même sur France-Inter "rigidité=chômage, flexibilité=travail", "les chefs d'entreprise gardent les bons, et licencient ceux qui ne le sont pas, ils ont simplement besoin d'embaucher ou de licencier en toute liberté." Ces quelques mots prononcés déclenchent l'indignation et les moqueries des auditeurs. Le pauvre Serge Dassault est voué aux gémonies. Son discours sans ambages mais de simple bon sens semble avoir fait naître une ribambelle de futurs révoltés de toute génération. Comme si Dassault, sans le vouloir, avait ouvert un peu plus grande les mâchoires béantes de la fracture sociale. Goucho prend ses aises et le crédule libéral est déjà un peu pâle, gardant en arrière-pensée l'agilité politique d'un Chirac qui semble avoir pris son parti de cette France inamovible... Ce n'est que le début du calvaire. L'émission démarre tambour battant avec le discours de Chavez au dernier forum social à Caracas. "Le socialisme ou la mort!" "L'impérialisme Yankee ...  Le capitalisme détruit la nature et la planète. Le socialisme ou la mort!" Ensuite nous avons droit aux commentaires passionnés du journaliste stagiaire de Mermet à France-Inter, aux interviews de Chavistes qui nous montrent en quoi la démocratie participative faite de "protagonistes" se forge à travers les dénonciations des irrégularités et des contrôles nécessaires pour aider l'état dans son avancée révolutionnaire, On termine par la sempiternelle visite de la télévision locale, "cette télé alternative d'état" qui permet aux paysans de faire eux-mêmes des films. On s'aperçoit qu'au pays du socialisme du XXIème siècle, une simple télé locale subventionnée par l'état est un fleuron de la révolution du peuple et que la moindre activité de type animation poterie-vidéo se transforme en une prise de parole souveraine. Il est vrai que ce nouveau peuple de protagonistes, face aux riches médias qui harcèlent le gouvernement, est prêt à dégainer un nouveau bulletin de vote pour celui qui se targuait au début de son mandat de ne jamais vouloir s'accrocher au pouvoir. N'en pouvant plus, un peu de repos s'annonce aux informations de 18 heures avec les démêlés de Marseille avec le PSG, mais c'est trop attendre de notre radio alternative d'état qui nous targue d'un petit reportage sur Dieudonné et Bové au salon de l'agriculture. Jet de l'éponge!

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Published by Le crédule libéral - dans le bêtisier du Monde Diplomatique
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