Dimanche 10 février 2008
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Il y a deux siècles, les artistes engagés en politique comme l'était Lamartine réagissaient comme aujourd'hui: peu connaisseur en économie, donnant toute leur confiance en l'Etat.
Dans sa correspondance, Bastiat s'adresse à Lamartine et tente de lui faire comprendre que cette charité demandée à l'Etat est vaine et contreproductive.
"Vous proclamez le droit au travail, vous l’érigez en principe; mais, en même temps, vous montrez peu de foi dans ce principe. Voyez en effet dans quelles étroites limites vous circonscrivez
son action. Ce droit au travail ne pourra être invoqué que dans des cas rares, dans des cas extrêmes, pour cause de vie seulement (propter vitam), et à la condition que son application ne créera
jamais, contre le travail des industries libres et le tarif des salaires volontaires, la concurrence meurtrière de l’Etat. Réduites à ces termes, les mesures que vous annoncez sont du domaine de la
police plutôt que de l’économie sociale...
Vous reprochez à l’école Libérale d’être cruelle… Vous dites :" que l’état adopte les enfants trop nombreux. Voilà, certes, qui est bientôt décreté. Mais avec quoi, s’il vous plaît, les
entretiendra-t-il ? Sans doute avec des aliments, des vêtements, des produits prélevés sur la masse sous forme d’impôts, car I’Etat, que je sache, n’a pas de ressources à lui, indépendantes du
travail national." L’Etat ne déplace pas seulement les capitaux, il retient une partie de ceux auxquels il touche; et trouble l’action de ceux qu’il ne touche pas. De plus, la nouvelle distribution
des salaires est moins équitable que celle à laquelle présidait la liberté, et ne se proportionne pas, comme celle-ci, aux justes droits de la capacité et de la moralité
vous ne pouvez servir deux maîtres. Vous ne pouvez travailler à la simpliticalion du pouvoir, demander qu'il ne touche " ni au travail ni à la conscience, et en même temps qu’il prodigue
l’instruction, qu’il colonise, qu’il adopte les enfants trop nombreux, qu’il s’interpose entre les masses et leurs misères. Si vous lui confiez ces taches multipliées et délicates, vous
l’agrandissez outre mesure; vous lui conférez une mission qui n’est pas la sienne; vous substituez ses combinaisons à l’économie des lois sociales ; Vous le transformez en "Providence qui ne voit
pas seulement, mais qui prévoit; vous le mettez à même de prélever et de distribuer d’énormes impôts; vous le rendez l’objet de toutes les ambitions, de toutes les espérances, de toutes les
déceptions, de toutes les intrigues; vous agrandissez démesurément ses cadres, vous transformez la nation en employés ; en un mot vous êtes sur la voie d’un fouriérisme bâtard, incomplet et
illogique… Inscrivez sur votre bannière "Société libre, gouvernement simple."
Par Goucho
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Publié dans : fondations
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