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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
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  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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27 novembre 2005 7 27 /11 /novembre /2005 00:49
Un bon article du Monde Diplo écrit en 2001. Une fois n'est pas coutume. Cette fois des faits et pas trop d'idéologie. A part, en conclusion, une petite nostalgie exprimée pour le bon temps où les communistes quadrillaient les quartiers. Morceaux choisis!
Nostalgie
"On le remarque plus particulièrement dans les quartiers « sensibles », dans les lieux de « mal vie » : un « système » socio-politique cohérent qui reposait sur une culture ouvrière politisée, vivante à l’usine et dans les quartiers populaires, est en voie d’extinction. Cette culture a volé en éclats sous l’impact des effets multiples de la crise (paupérisation, pression croissante au travail, fuite des ouvriers les moins mal lotis dans l’habitat pavillonnaire, sauve-qui-peut individuels). Pour l’instant, rien ne l’a remplacée."
Anecdote : Leur débrouillardise se retourne contre eux
"Les jeunes qui s’affichent dans le quartier en pilotant des voitures allemandes puissantes (BMW, Mercedes) sont accusés d’être des dealers (« C’est pas avec une paye d’ouvrier qu’on peut se payer des bagnoles pareilles »). Ils s’en défendent : ces voitures, qui ne passeraient pas le contrôle en Allemagne,ont été achetées environ 40000 francs."
Le problème des emplois intérimaires
"Le « plein-emploi » apparu l’année dernière a peu à voir avec celui des « trente glorieuses » : la reprise se manifeste avant tout par une flambée de l’intérim.
En attente de titularisation, le jeune intérimaire cherche à bien se comporter. Il arrive qu’on lui signifie qu’il ne sera pas repris la veille du dernier jour du contrat d’intérim....
Selon un responsable de la police, l’agglomération compterait une « population flottante » - expression qu’on croirait directement empruntée à Marx - de 10 000 anciens intérimaires."
"Mais la forme que prend cette embauche - précarité, conditions d’exploitation - fait qu’elle ne se traduit pas immédiatement par une embellie du moral de ces jeunes. Ces expériences de travail peuvent même redoubler leur « rage », les empêchant de passer du côté des ouvriers installés, ceux qui ont fini par « se ranger »."
L'enseignement finit par lâcher ces ados.
"Les enseignants des écoles primaires et des collèges de zone d’éducation prioritaire (ZEP) ont souvent indiqué ce qui leur est apparu comme la rupture des années 1990 : la fin de l’effort scolaire pour une partie croissante de leurs élèves qui leur répondaient « à quoi bon ? ». Ces années ont fabriqué des masses de jeunes dotés d’un potentiel de rage sans limite..."
"La violence de l’émeute urbaine exprime la haine, souvent retournée contre soi, d’un groupe socio-culturel particulier : des enfants d’immigrés, qui ont subi une élimination scolaire précoce - ou qu’on a orientés vers les « sales » lycées d’enseignement professionnel (LEP) de la région - et qui se sentent enfermés dans un destin de losers. Marquée négativement par l’institution scolaire, souvent sans repères familiaux, en rupture, cette génération est à la fois endurcie précocement par les épreuves de la vie (familles pauvres, monoparentales, etc.), et rebelle, dès l’école primaire, à la plupart des formes d’autorité institutionnelle. Elle a du mal à reconnaître une quelconque légitimité aux institutions. La violence qu’elle exprime plonge ses racines dans l’ordre social, mais aussi dans le quartier, dans les familles, dans l’histoire."
"Il n'est pas toujours nécessaire de se flageller à cause de la ghettoïsation"
"La ZUP de Montbéliard n’est pas, il s’en faut, une cité-dortoir grise, triste et décrépite. C’est presque une ZUP modèle, équilibrée, où les immigrés représentent environ 30 % de la population. Bref, tout sauf un ghetto noir aux Etats-Unis."
A fleur de peau: comme quoi les émeutes n'ont pas attendu Sarkozy
"A l’usine, le souci qu’ont certains jeunes, enfants d’immigrés, de défendre de manière sourcilleuse leur honneur social peut les conduire à ne tolérer aucune remarque de leurs chefs. Leurs catégories de perception sont structurées par cette histoire des rapports sociaux liés à l’immigration, par cette « haine » que les plus violents d’entre eux déclarent vouer au pays d’accueil et à toutes les institutions qui les représentent. Se voit étiquetée et condamnée comme « raciste » la moindre remarque négative à leur propos."

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Published by Goucho - dans actualités
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