Dimanche 31 décembre 2006
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Par Le crédule libéral
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Vendredi 22 décembre 2006
Guy Sorman dans son excellent livre "Le progrès et ses ennemis" laisse entendre que les poètes ne seraient pas tout à fait des intellectuels. Ce livre est d'ailleurs passionnant si on ne veut pas se mirer sans réfléchir dans les trompe l'oeil écolos. Rappelons que Jean-François Revel, intellectuel éclectique, a écrit une anthologie poétique.
Je n'aime pas cette idée que le libéral par essence soit ce jeune cadre dynamique, collet monté. Le poète est un artisan des mots. Il n'est même pas toujours nécessaire d'être un chef d'entreprise pour être un libéral. Il est nécessaire de vouloir être libre dans une société libre et d'assumer ses choix, d'être l'entrepreneur de soi-même en quelque sorte! Il me semble d'ailleurs que c'est dans les sociétés les plus libres qu'on trouvera le plus de marginaux et d'originaux qui ne suivent pas le chemin tracé par la majorité. Le décalage et la marge possible sont aussi des signes de liberté dans une société. Le libéral est aussi celui qui, sans vivre aux crochets de la société, fait le choix de travailler, saisonnier ou intermittent (dans le sens noble du terme), quand et comment cela lui chante. L'image du libéral artiste ou détournée du "branlo assumé" ne me gêne pas. Bien au contraire. Dans un pays de plein emploi, il est plus facile de vivre ce genre de choix sans avoir une épée de Damoclès sur la tête.
Quelques extraits de la poésie loufoque et complètement schnaps de Jacques Ferry -Les écrits mystiques de Vicence- pour illustrer le propos de Guy Sorman.
"La poésie au détecteur de mensonges, les littératures cadavériques parlent aux français moyens ou aux Portoricains inférieurs. Ici l'ombre. J'aime écouter la météo tout seul sans lendemain, Autopsie d'une jeunesse désoeuvrée que consume la grasse matinée de la dernière chance, la vanité consacre mon existence aux balançoires, à la dipsomanie des ramoneurs burlesques. Les chats méchants donnent ma langue aux étoiles filantes. Le cerveau détruit par les anacondas, je pense au golf miniature en visitant les églises vénitiennes. La légion suspecte des dîneurs offre certains reflets des littératures inanimées..." et quelques aphorismes comme:
Nous voulons la retraite au stade pré-ombilical!
On ne prête qu'aux biches!
Les voyous en savent suffisamment pour faire tomber la nuit!
Le silence ne s'intéresse pas aux gens connus!
La jeunesse critique les lézards!
Le peuple de l'opium n'évite pas la clientèle de la récidive!
Les disques rayés ne dérangent pas les mauvais garçons !
Par Le crédule libéral
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Mercredi 20 décembre 2006
Qui n'a pas ferraillé face à quelques amis qui se demandaient sans rire si Bush n'avait pas organisé l'attentat du 9/11? Voici Un très bel article issu de la gauche radicale américaine à propos de la théorie du complot à lire ce mois-ci dans le monde diplomatique. Alexander Cockburn démonte les arguments ridicules qui tendent à considérer que Bush et Cheney ont tout manigancé. D'ailleurs cette croyance qui me semble aussi ridicule que celle consistant à imaginer que les Américains ne sont pas allés sur la lune est une ligne de fracture importante entre l'occident et le monde musulman. En Égypte, 69 % des Égyptiens sont persuadés de ce complot. En fait, les partisans de la théorie du complot surestiment la puissance américaine. Leur raisonnement s'arrête d'ailleurs aux limites de l'idéologie. Car il ne leur vient pas à l'idée, s'ils étaient cohérents avec eux-mêmes, que les photos d'Abu Graïb pourraient être une pure invention de la propagande américaine pour faire peur et la prison d'Ouantanamo une véritable mise en scène destinée à détourner le citoyen des véritables images de la guerre.
Par Le crédule libéral
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Dimanche 17 décembre 2006
Ce site est né entre autres de la lecture passionnée de l'ouvrage de Johan Norberg "Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste" montrant que l'évolution de la pauvreté n'est pas forcément celle que l''on pense notamment grâce à un capitalisme libéral affirmé et à la mondialisation. Ce n'est pas la vision d'Attali et d'Olivier Pastrée sur France-Culture le 7.12.06. (~1h40)
"OP -Une des caractéristiques fondamentales de la mondialisation est l'aggravation des inégalités. Partagez-vous ce point de vue?"
"JA -On peut prévoir une extraordinaire aggravation de la pauvreté. 6 Milliards d'habitants pour 2 .5 Milliards vivant sous le seuil de pauvreté. Demain 9 Milliards d'individus pour 5 Milliards en dessous du seuil de pauvreté."
Voilà qui stoppe net mon intérêt pour cette brève histoire de l'avenir proposée par Attali. De plus, je me dis souvent que l'avenir est plus modeste que le présent, il adore les surprises et l'histoire du monde est une improvisation permanente. Les prédictions les plus péremptoires, les "hyperprédictions" sont vouées au recyclage par le ridicule et ne sont là que pour faire mousser le présent. C'est sûrement le cas d'Attali dont l'horizon est situé à la prochaine campagne électorale. C'est d'ailleurs ce qui semble être arrivé à la plupart des prophéties d'Attali selon l'article "Attali, le prophète qui s'est toujours trompé" paru dans les Cercles Libéraux. Pour répondre aux informations erronées propagées par nos deux compères ci-dessous, on se fiera une nouvelle fois à Norberg qui reprend celles de la banque mondiale donnant la tendance sur les vingt cinq ans qui viennent... (voir également le commentaire de chroniquespatagones)
- La croissance par habitant des pays en voie de développement sera de 3.1 pour cent annuellement, comparé à 2.1 pour cent depuis 1980.
- Le revenu moyen dans les pays en voie de développement doublera, de $4 800 aujourd'hui à $11 000 en 2030 (semblable au revenu tchèque par habitant aujourd'hui).
- Des pays comme la Chine, le Mexique et la Turquie auront un niveau de vie équivalent à celui de l'Espagne aujourd'hui.
- « La bourgeoisie » (gagnant $4 000-17 000 par habitant) dans les pays en voie de développement augmentera de 400 millions à 1.2 milliard.
- La pauvreté extrême (<$1/day) sera réduite de 1.1 milliard à 550 millions - de 20 pour cent à 8 pour cent de la population de pays en voie de développement (elle était de 40 pour cent en 1980).
Par Le crédule libéral
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Le concept de racisme semble pour Albert Memmi, sartrien, auteur de "Portrait du décolonisé", vieux baroudeur de l'antiracisme, avoir subi quelque inflation. Voici ce qu'il laisse passer de son trouble dans l'émission au débat vif et heurté du 5/12/06 de Grain à Moudre avec notamment Caroline Fourest et Mouloud Aounit.
"Je ne me retrouve pas. Je suis dépassé car le racisme est infamant et absurde. Il était basé sur l'idée de hiérarchie entre les races. Il fallait donc que la race supérieure domine les races inférieures. Actuellement il y a toujours du racisme. Ce n'est pas le vrai problème, le vrai problème est l'emploi, l'éducation nationale, le vote des étrangers... Mettre cela sur le compte de l'antiracisme ne colle pas. Mélanger le conflit palestinien et la question du racisme est absurde. Quel rapport y a-t-il entre le racisme et le conflit palestinien ? Le racisme suppose que les races existent. Aujourd'hui la science a prouvé que la notion de race n'existe pas. C'est effrayant. On se bat à coup de faux concepts..."
Pour Luc Ferry, la notion de racisme s'est métamorphosé. Il est devenu un rejet des cultures. Lorsque aujourd'hui on dit "les musulmans eux ce n'est pas pareil, ils sont comme ceux-ci ou cela… on fait du racisme." Sur les définitions du concept de racisme on se rendra ici. On réécoutera l'émission sur ce lien.
Questionnaire à choix:
Pourquoi le concept de racisme est-il devenu si large?
- A- Pour recycler les militants sans cause en leur donnant des os à ronger
- B- Pour se substituer à l'impolitesse ringarde et bourgeoise
- C- Pour se racheter une conduite à peu de frais quand on a mauvaise conscience
- D- Pour gagner ses galons au paradis de la bien-pensance
- E- Pour fabriquer plus de racistes afin de pouvoir les ostraciser
- F- Pour prouver son bon coeur à une jolie blonde
- G- Pour faire redémarrer les turbines de la rhétorique quand on est à quai
- H- Pour jouer les vierges effarouchées plutôt que d'aller à l'église
- I- Pour lubrifier la langue des vipères
- J- Pour vendre dans le lot des idées de seconde main
- K- Pour faire progresser l'humanité
- L- ----
Par Le crédule libéral
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