Rémunération de l'auteur

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Vendredi 24 août 2007
Le réveil du baladeur MP3 arrose la chambre d'une douce balade américaine enregistrée en public. Devant sa porte, Fred trouve une bouteille de lait frais du pays. La cafetière italienne siffle, annonçant un café à point, en même temps que son portable couvert de messages. Fred ne boit que du moka bio d'Ethiopie. Une manière de soutenir l'Afrique. Le tram le happe à l'heure impartie, ce qui lui permet d'atteindre son bureau avant 9 heures. La Tribune du lundi avec ses petites annonces immuables trône sur celui-ci à côté de sa plume préférée: un Mont-Blanc. Ses stores de marque coréenne s'ouvrent automatiquement aux premières lueurs du jour. Négociations difficiles avec la Russie par téléconférence. Au resto à midi, il peut déguster un repas indien. Sobre, il boit de l'eau du robinet. En passant par le square, il rencontre le marchand de glaces artisanales qui lui propose un dernier parfum exotique: Sucre de canne. Quelques gamins tapent dans un ballon de cuir chinois dans l'herbe fraîchement tondue. Il passe rapidement en sortant du bureau par le grand magasin dont les gondoles revisitées annoncent de nouvelles promotions. Il respire un coup en prenant en sortant, une petite rue traversière aux trottoirs lustrés. Quelqu'un le retient par la manche et lui rend son portefeuille qu'il vient de laisser tomber. Il remercie chaleureusement. Vers 18 heures, Barbara vient le prendre dans sa nouvelle décapotable, carrosserie huilée, portières dont le bruit de fermeture en paraîtraît musical et jeux de vitesse comme sur du velours. Les voilà qui déboulent dans le fluide trafic de cette fin d'après-midi. Ce soir, on joue sérieux. Pas de cinéma. Pas de Web-TV. Il connaît son sujet sur le bout des doigts. Barbara filmera pour publication sur le site Web de l'association. Le thème de ce café-débat orchestré par Fred: "La main invisible, ce fantasme libéral"...
Par Le crédule libéral - Publié dans : fondations
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Vendredi 17 août 2007
Lorsqu'on est dans une voiture sur les périphériques du Caire, on est un peu comme dans un bateau à voile au milieu d'une régate apocalyptique. La voiture flotte. Elle frôle, elle ondule, elle fraye, elle miaule au milieu d'un concert de klaxons. Le code de la route est soumis au bon vouloir et à l'interprétation de chacun. Pourtant ce mouvement, cette course qui semble au passager novice conduire tout droit vers quelque enfer, dans la majorité des cas, aboutit (avec beaucoup de retard parfois). Dans ce bordel routier innommable, compte tenu du nombre de risques pris à la minute par chacun des conducteurs, on peut s'étonner du "faible" nombre d'accidents (trop important encore et terrible tout de même). On sait que pour nombre de chauffeurs, le prophète est le grand ordonnateur du trafic routier au Caire. Si on a une vision plus proche de l'athéisme et rationnelle de cette apparente organisation, on avancera l'analogie de la main invisible avec le trafic routier à la manière de Pascal salin dans "Libéralisme". Chacun s'occupant de ses petites affaires adopte un comportement "responsable" pour lui-même ce qui conduit à un mouvement d'ensemble tendant à l'équilibre relatif. On arrête le jeu de l'analogie ici. Car les constructivistes objecteront qu'avec un peu de régulation du trafic, on améliorerait les choses et les libéraux que la moindre régulation ne ferait que provoquer plus d'engorgements. Si ça se trouve, au Caire, la main invisible frappe à tour de bras.
Par Le crédule libéral - Publié dans : actualités
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Vendredi 10 août 2007
Me voilà de nouveau en Egypte, au Caire pour de nouvelles rencontres. Le "Business" semble ici encore plus frémissant que l'an dernier. Les entreprises étrangères s'installent avec confiance au Caire. Les Egyptiens ne rechignent pas à parler politique. Pour tous ceux que je croise, l'Amérique, en plus d'une guerre inique contre l'Irak, est responsable de la stabilité de la dictature en Egypte et dans tous les pays arabes... Un de mes interlocuteurs, fervent lecteur sur ces sujets (dont "l'effroyable imposture" de Thierry Meyssan dont il  vante la lecture) assure que la guerre d'Irak n'a rien à voir avec l'Islam. Elle est le fruit d'une stratégie géopolitique qui vise à gêner Chine et Russie. Ben Laden n'a rien à voir avec la religion. D'ailleurs il est une invention américaine compte tenu de ses relations anciennes avec ceux-ci.(J'avoue que pour l'humble auteur de ce blog, c'est une des questions les plus ambiguës actuellement. Accuser l'Amérique de Bush est d'un grand confort intellectuel. Les Libertariens américains sont d'ailleurs les plus véhéments contre la politique actuelle: voir cet article du candidat républicain Ron Paul... Cet argument est du pain béni à l'image de l'Europe pour nos politiciens. Il permet de dissimuler les turpitudes des politiciens arabes à leur peuple.) J'apprends également que l'Egypte souffre d'une centralisation excessive puisque toute l'activité est concentrée sur Le Caire. En France, on connaît.
Mon hôte revient d'Hawaï où il vient de passer sa lune de miel. Il y a laissé quelques espèces sonnantes. "On ne fait qu'une fois dans sa vie une lune de miel" assure-t-il. Sympathisant des frères musulmans, il convient que Moubarak a tellement siphonné l'opposition que seul le fils de Moubarak peut gouverner l'Egypte aujourd'hui. Il n'y a aucun représentant connu d'une opposition quelconque en Egypte. Il fulmine contre le Hamas.: "Des bêtes me dit-il, ce ne sont pas des Musulmans et ils ne pensent qu'au pouvoir".
S. est une femme charmante et enthousiaste. Elle conserve bien que musulmane un excellent souvenir de son éducation dans une école religieuse française au Caire et un souvenir très mitigé de son pèlerinage à La Mecque. Elle considère sa religion comme très égalitaire envers les femmes. En Arabie Saoudite, elle a ressenti une forte ségrégation y comprise sur les lieux de pèlerinage ce qui laisse à penser que les Saoudiens ont une interprétation détournée de la religion. Pour elle, l'Arabie Saoudite est le pays peu enviable.  
A l'Hotel Marriott, les grooms sont des champions du Good Morning. Ils arborent un badge synthétisant la nouvelle campagne du management de la chaine, axée client: "Yes is the answer! What is the question?" L'Hôtel Marriott, est un microcosme cosmopolite, une Egypte virtuelle. Ici, un mélange de tous les mondes possibles se côtoie dans les couloirs cirés. Cinquantenaires dont on peut supposer qu'ils ont répudié au moins une fois pour se farcir une jeunette portant le foulard et fière de sa promotion. Soixantenaires bedonnants en tribu à la démarche lourde, touristes en petites bandes, prostituées peinturlurées, couples en pleine romance, hommes d'affaires errants entre deux signatures et nombreuses boîtes aux lettres (femmes très voilées comme les appellent Paul Fournel dans son livre Poil de Cairot). J'apprends à mesurer l'intensité des regards derrière la fente qui ne laisse plus 
apparaître que son éclat à l'auguste flâneur. Je commencerais sans doute à imaginer les plus beaux atours derrière ces caches si je restais plus longtemps à errer dans ce petit havre qu'est le jardin central de l'hôtel...
Dans l'avion du retour, je rencontre un neurochirurgien heureux des formations qu'il vient de terminer après dix ans à dix médecins soudanais. "Le Darfour a été abandonné à lui-même, des années par le gouvernement soudanais. C'est incroyable, on peut espérer qu'avant que les Américains s'en mêlent, les deux parties puissent négocier". L'hebdo en français Al-Ahram pro Moubarak titre "Washington tente de renforcer ses liens privilégiés avec ses alliés arabes... Seul bénéficiaire : l'Etat hébreu." Quoi qu'il arrive, les Américains seront toujours des têtes de turcs !
Par Le crédule libéral - Publié dans : questions
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Samedi 4 août 2007
Petit bonheur de l'été, Michel Onfray entame un nouveau cycle de conférences sur France-Culture. Après avoir mis à bas le Christianisme, les années précédentes, il s'attaque cette fois au libéralisme qu'il entreprend de démonter, lui aussi. J'imagine qu'il va restaurer l'image de Babeuf et des Sans-culottes à travers sa vision d'un anarchisme proche de celui de Daniel Guérin. La conférence du 3 août est centrée sur "L'utopie libérale" sous l'égide de Bentham. 
Pour Onfray, les choses sont finalement assez simples. La pauvreté est générée par le libéralisme avec son cortège de prostitution et d'alcoolisme. Avec le libéralisme, il y a de moins en moins de riches et de plus en plus de pauvres, il existe plus de pollution et de démographie galopante et femmes et enfants sont forcés de travailler. Ainsi une grande part des maux qui affectent notre société est due au libéralisme : problèmes d'hygiène, mortalité... Mieux, selon la logique d'Onfray, plus les pays sont riches, plus il y a de pauvres. En appliquant ce raisonnement renversant, l'Islande, l'Irlande et quelques autres pays libéraux seraient constitués de nombreux pauvres dépecés par une horde minoritaire de riches capitalistes et les enfants travailleraient en nombre dans les usines irlandaises.
En renversant cet étrange raisonnement, l'Angola et quelques pays de l'Afrique comme le Mozambique ou le Zimbabwe, dùs à leur grande mortalité infantile seraient parmi les plus libéraux de la planète !
Bien qu'il entreprenne de mettre en lumière les préjugés culturels qui sous-tendent les concepts philosophiques, Onfray n'y échappe pas lui-même. Il garde une vision statique de l'évolution des sociétés -sa critique s'appuie sur une génération de la révolution industrielle du XIXème- le principe de conservation de la richesse globale du monde: vision statique des richesses où s'il existe des riches plus riches, c'est qu'il survit encore plus de pauvres.
Pour Onfray, la Main invisible est une idée abstraite, une mythologie chrétienne. Cette "abstraction" serait une projection de la "main de dieu". Laïque jusqu'au bout des ongles, il ne peut accepter l'idée d'un ordre naturel inspiré par une culture chrétienne. Sans doute fallait-il être d'obédience chrétienne au siècle des lumières pour appréhender  l'idée d'une organisation spontanée? L'anarchisme aurait pu aisément faire sienne cette idée. Celui-ci a laissé tomber l'idée de la main invisible se dépouillant d'un concept puissant pouvant l'aider à lutter contre l'État. (Voir cet article à propos de Lysander Spooner, anarchiste américain adepte de la main invisible et du droit naturel.) Néanmoins, accroché à la rambarde de l'esprit critique, et dieu sait s'il en faut avec ce philosophe détergent, les conférences d'Onfray restent passionnantes. A creuser l'idée que, chez certains libéraux, il y ait une tendance à surveiller voire à incarcérer. On ne peut pas tout le temps être parfait. Idée à suivre et à démonter... A écouter ici.
Par Le crédule libéral - Publié dans : vu/entendu
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