On lira cet article de Jamie Whyle, prix Bastiat 2006, libéral iconoclaste. Pour lui, vouloir rendre l'éducation libre et gratuite est une vieille idée aux relents marxistes. "Si les écoles sont libres, les parents choisissent de préférence la plus réputée et ainsi la moitié se retrouve déçue. ... Si les écoles étaient privatisées, on éliminerait l'inégalité instantanément. La demande des uns pour de hautes écoles augmenterait le prix de celles-ci, alors que le manque d'intérêt pour une université la forcerait à offrir une remise. Ce processus continuerait jusqu'à ce que la différence de prix entre les écoles correspondent à la différence de valeur entre les deux écoles pour les parents. Les parents qui étudient le rapport qualité/prix ne préféreraient plus une école à l'autre. Ceux qui sont disposés à dépenser plus que la moyenne préféreront la haute école de Snodbury ; les autres préféreront l'université. Une bonne école chère contre une mauvaise école bon marché: c'est un vrai choix. Une bonne école libre contre une mauvaise école libre : ce n'en est pas un!"
J'ai lu le livre récent "Girondins jusqu'au tombeau" sur ces "libéraux conservateurs" qu'étaient les Girondins pendant la révolution française. (En voici ici une critique et une autre là) Même si la plus grande partie travaillait dans le négoce, les girondins étaient également constitués d'artisans et de commerçants. Ils étaient envers et contre tout attachés au libre-échange et à la propriété privée. Est-ce leur rapport avec le négoce étranger qui leur donnèrent cette foi? Pour eux, la révolution avait fait ses plus grands pas entre 89 et 93. Après juin 1793, décimés, ils ne virent plus que tyrannie dans la révolution."Ce peuple est trop enfant pour marier ses lois sans se blesser. Il reviendra à ses rois comme l'enfant revient à ses hochets! Nous nous sommes trompés de temps en naissant et en mourant pour la liberté du monde, nous nous sommes crus à Rome et nous étions à Paris." écrivit Vergniaud avant d'être emporté par la guillotine. Ayant perdu la partie face aux montagnards alliés aux vitupérants sans-culottes, ces pionniers de la liberté n'eurent que les désagréments de l'histoire qui ne garde parfois d'eux que l'image d'exploiteurs bourgeois, traditionnels et égoïstes. On pourrait retenir quelques faits poignants comme la mort de Pétion et Buzot en fuite devant la terreur dévorés par des chiens ou bien le cas du jeune Charles Jouin condamné à vingt ans assorties d’une exposition publique avec l’inscription : « calomniateur de la représentation nationale et des braves Parisiens ».
Pendant les pauses, les élèves affirment que l'image du Pakistan est déformée par les médias occidentaux qui semblent prendre un malin plaisir à en montrer les faces les plus caricaturales. Nous parlons des lois du mariage lorsque dans certaines provinces les mariages sont décidés par les parents. S. de Peschawar me dit qu'à 32 ans il habite toujours avec ses parents et que s'il se mariait, sa femme viendrait vivre chez lui avec sa mère. Quid des parents de la jeune femme. Je gaffe en présentant quelques traditions de la Suisse: vin, chocolat et fromage. Ils dévorent le chocolat, mais cillent sur leur séant lorsque je parle de la passion traditionnelle des Européens pour le vin. Ils me rappellent que le vin est interdit par les lois islamiques ici au Pakistan et qu'il est mauvais pour la santé. Selon eux, les Américains sont les principaux consommateurs de drogue dans le monde. Je gaffe encore en sortant un gros cliché du genre: "Le Sprite fait grossir". L'un d'eux me répond à juste titre qu'ici au Pakistan, les gens se foutent comme d'une guigne d'être trop gros... Chacun s'accorde à dire qu'être militaire au Pakistan vous offrent certains privilèges substantiels. L'un d'eux me rappelle que tant que le conflit palestinien ne sera pas résolu, il y aura toujours un problème. "Personne ne peut croire que les Palestiniens dans leur grand dénuement puisse faire peur aux Israéliens avec leurs tanks". Fiers de leur pays, ils m'apprennent ses contrastes: du K2, du Nanga Parbat dans l'Himalaya, montagne rebelle, à l'extrême désert. Quelqu'un lance que la situation s'améliore à Peschawar, il est aussitôt contredit par S. Les élèves me rappellent la diversité culturelle que constituent les quatre provinces. (Penjab, Baloutchistan, Sind, Nord-Ouest), la proportion importante d'hindous et de chrétiens vivant au Pakistan... En partant, S. de Peshawar me dit de m'arrêter un jour à Peshawar, ville merveilleusement hospitalière. M. m'offre un DVD "Similarities between Islam % Christianity", un livre traduit du français de Maurice Bucaille "The Bible, The Quran and Science", un autre "A brief illustrated guide to understanding Islam". Dans le dernier, on trouve ceci: "L'Islam, religion de miséricorde, ne permet pas le terrorisme".
Sans doute peut-on affirmer que les techniques du terrorisme de demain sont à l'état d'ébauche dans la guerre d'Iraq aujourd'hui. Les terroristes ont ces derniers temps particulièrement amélioré leurs techniques. Les premiers brouillons sont apparus ce week-end au Royaume-Uni. The Times, dans un article saisissant baptisé "The Enemy's new tools in Iraq" parlent d'un certain Saïf abdallah ainsi dénommé dans l'article. "For more than four years, he has been developing remote-control devices that Sunni insurgents use to detonate improvised explosive devices (IEDS), the roadside bombs that are the No. 1 killer of U.S. soldiers in Iraq." Ce crack de l'électronique, une espèce de Docteur Folamour de la bombe citadine est capable de fabriquer un détonateur à distance avec un vieil appareil électronique ou un téléphone. Ainsi, les Américains sont face à des "roadside" bombs risquant d'exploser à tout moment et pouvant demeurer dans n'importe quel container: cadavre, vieux frigo, voiture, tuyau... On rapprochera la réalité en Iraq à la projection de Daniel Pipes, "Intifada américaine", partant de faits réels, de ce que pourrait être une offensive du terrorisme aux Etats-Unis ou ailleurs... Il vaut mieux avoir une idée des risques majeurs que l'on court.
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Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!