Rémunération de l'auteur

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Mercredi 31 mai 2006

Ce mois de mai a été placé sous le signe de la mort de Revel. Les messages à son propos ont battu tous les records de lecture.

Revel n'est plus!

Guy Millière écrit: "je vois en Jean-François Revel le dernier des très grands penseurs français."

Les AMD (armes de destruction massive) en Irak: fin mot de l'histoire?

Le libéralisme est-il à gauche? Le point de vue de Jean-François Revel

Jean-François Revel: du rejet du libéralisme

Victoire à la Pyrrhus de Sarkhozy

Comment le squelette lubrique qui abrite Goucho est-il devenu libéral?

Les trois messages suivants ont ensuite été les plus visités

Mathieu Laine dans C dans L'air: ne boudons pas ce rare plaisir d'entendre défendre le libéralisme à la télévision française

Le taux de chômage serait égal à 20% en France d'après Fabienne Brutus, employée à l'ANPE

L'Algérie est riche mais n'a pas les moyens d'utiliser sa fortune

Le mois de mai m'a valu quelques messages sérieux comme

Etat d'urgence de Michael Crichton: un thriller remarquable

La gauche libérale se déclare sur la scène internationale avec le manifeste d'Euston

Royaume enchanté: Blair en prend pour son grade

Démonter les mythes du 11 septembre

Les entreprises qui distribuent des dividendes sont de futures proies au rachat

Le bilan des deux septennats de Chirac par Sorman

L'épargne française serait négligeable par rapport à l'épargne américaine

Les syndicats français et l'effet de levier!

Rares sont les critiques contre le Monde diplomatique

Et quelques sourires comme

Nationaliser, c'est un peu comme virer sa femme de ménage

La nouvelle génération d'intellectuels issue de la vaillante résistance de la France au libéralisme

De la restauration du patrimoine par une entreprise privée

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Mardi 30 mai 2006
Michael Crichton réussit l'exploit de nous faire réfléchir sur le réchauffement climatique avec un thriller haletant "State of Fear" en anglais. De nombreux graphiques et articles scientifiques complètent l'argument en cours de lecture. Comme ce site qui montre dans le monde entier des augmentations de la concentration de CO2 dans l'atmosphère. Allant au bout de leurs convictions, les écolos organisés en groupe terroriste tentent de détacher un iceberg de la banquise ou de provoquer un tsunami. On rapprochera cette idée d'écolos jusqu'au-boutistes de l'actualité suivante. Le livre comporte plusieurs morceaux de bravoure où, entre deux séquences dans lesquelles leur vie ne tient qu'à un fil, héros et protagonistes, références à l'appui, débattent sur le réchauffement climatique. Exemple: Peter Evans tente de défendre la théorie du réchauffement, mais les graphiques qui lui sont présentés montrent une baisse de la température dans les zones peu urbaines. Perplexité.  Plus loin, John Kenner face à Ted Bradley décline l'histoire du Parc de Yellowstone dans laquelle les écologistes ont déréglé l'équilibre par des tentatives maladroites de régulation. L'idée principale du livre consiste à dénoncer l'état de crainte sur lequel surfe les mouvements écologiques pour obtenir gains et subsides. Le livre se termine par un message de l'auteur de quelques pages. "Je soupçonne que le réchauffement observé en surface sera en partie attribuable aux activités humaines. Je soupçonne que la principale cause d'origine humaine sera imputable à l'utilisation des sols et que la composante atmosphérique sera mineure." Comme rien n'est évident dans ce débat sur le changement climatique, on lira ici la critique du livre par le site RealClimate et la vision de l'Institut Molinari. qui considère sa contribution comme essentielle pour "placer la science au-dessus de l'idéologie".
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Samedi 27 mai 2006
Goucho peut rouler les mécaniques. Il a décidé de s'occuper personnellement du repassage et de la vaisselle et dès ce jour, il va cesser de dilapider l'argent du ménage en le donnant aux ménagères espagnoles et brésiliennes qui ont pignon sur rue dans le quartier. Il a congédié la femme de ménage pour donner l'exemple. Celle-ci en est pour ses frais concernant son abonnement de bus. Le seul ennui, c'est que Goucho va perdre beaucoup de temps et les chemises seront très mal repassées. Et puis, indolent parfois, il se laisse corrompre et préfère payer un verre aux copains plutôt que de nettoyer à fond. Prenons l'exemple de la Zambie qui a décidé de nationaliser ses mines de cuivre. Son niveau de production était de 700 000 tonnes. Il est passé à 249 100 tonnes.  Heureusement, la Zambie (The economist) a décidé d'employer de nouveau une femme de ménage, KCM une entreprise indienne. La production repart à la hausse et atteindra en 2008 la bagatelle de 900 000 tonnes. Goucho travaille en plus comme un "Charlot". Quand il nettoie le parquet, il met une tonne de produit et cela sent juste de l'autre côté de la rue. L'Equateur a nationalisé l'exploitation de son pétrole. Petroecuador appartenant à l'état est désormais le nouvel exploitant, C'est l'entreprise "yankee" Oxy qui a mordu la poussière. Le seul ennui, c'est que Petroecuador travaille très mal. Il va foutre en l'air l'environnement et les travailleurs locaux vont en souffrir. Finalement Goucho devra d'ici quelque temps retrouver une nouvelle femme de ménage s'il ne veut pas vivre dans le désordre permanent. C'est ce qu'a fait l'Algérie aussi après avoir nationalisé, il y a bien longtemps et elle ne s'en plaint pas.
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Jeudi 25 mai 2006
Seul moyen de faire recoller Goucho au peloton de la liberté, de le ramener à plus de pragmatisme et de l'empêcher de faire les yeux doux à la Sainte Trinité formée par Castro, Chavez et Morales? On peut toujours rêver. Désormais, la gauche libérale tient son manifeste (traduit en français par swissroll). Voici la version officielle en français.
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Mardi 23 mai 2006
Goucho a trouvé des raisons pour se prendre pour un intellectuel lucide, à la pointe du combat contre le capitalisme éhonté. Les libéraux nous abreuveraient de mensonges et les voilà démasqués. On relira ce message "Plus libéral, tu meurs!" On trouvera ici l'avis d'un journaliste de Marianne, Philippe Auclair, à travers son livre "Le royaume enchanté de Tony BLAIR" sur le Blairisme. (Charivari le 7 mai taille=6MB). Philippe Auclair prend le contrepied de quelques-unes des thèses des admirateurs de Blair. Exemples: Les statistiques du chômage sont biaisées par l'exclusion de 1.4 millions d'invalides en état de travailler. La dette, due au passif des retraites, serait équivalente (par rapport au PIB) à la dette française. Le Blairisme serait un savant mélange d'étatisme et de libéralisme. Les entreprises privatisées sont des clones des entreprises étatiques et n'offrent pas de gain de productivité. Le seul point positif du Blairisme serait l'intégration réussie de nombre d'immigrés...
Pour les cercles libéraux, la gauche française pardonne difficilement. "
Bien que Tony Blair soit travailliste, il n’a rien à voir avec les gouvernements travaillistes qui ont conduit l’Angleterre à la faillite à la fin des années 70. Les socialistes français qui ne se sont toujours pas résolus à appeler un chat un chat lui pardonnent difficilement, d’abord ses succès électoraux (il a été élu deux fois), ensuite ses succès économiques (n’y revenons pas), enfin ses réformes sociales (l’éducation, la pauvreté). Ils font valoir avec justesse que la vie n’est pas drôle pour tout le monde en Grande-Bretagne, mais ne proposent rien pour l’améliorer. Faisant la part du mal, ils rejettent le bon et considèrent Tony Blair comme une exception un peu louche dont il ne faut pas s’approcher."
Pour Johan Norberg en 2005: "L'influence de Thatcher est présente dans la politique de Blair : Une économie flexible et libérale, plus orientée vers les services publics, sans compromis face aux dictatures. Et avec certaines de ses réformes, telles que des incitations du marché dans la santé et à travers les frais d'université (auquels les Conservateurs s'opposent toujours) Blair est allé plus loin que Thatcher. Malheureusement, il emprunte ses traces dans son manque d'intérêt pour les libertés civiles et dans son manque de capacité à diminuer des dépenses publiques."

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Dimanche 21 mai 2006
Raymond Domenech nous fait croire pendant plusieurs mois que le débat se situe entre Barthez et Coupet alors que les choses sont déjà jouées. De la même façon, les journaux d'information en France nous offre une grande vacuité et si peu d'analyse sur les sujets essentiels. Rappel salutaire de Jacques Garello qui en a vu d'autres. Heureusement qu'il y a notamment Internet et les blogs... "Pourtant, les événements extérieurs et les menaces ne manquent pas. Eric LE BOUCHER en cite quelques unes : celle de l’Iran comme celle de POUTINE ; la Chine et les Etats-Unis qui font la course en tête et discutent seuls de l’avenir du monde ; les organisations multinationales qui prennent l’eau (qui sait encore à quoi sert le FMI et comment éviter le prochain échec de l’OMC ?) ; l’Europe qui est en panne ; le pétrole qui s’envole ; l’euro qui repart à la hausse : « mais la France ne voit rien, ne parle de rien, ne compte pour rien. Elle passe de la crise des banlieues à celle du CPE, du CLEMENCEAU à l’affaire Clearstream ».
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Samedi 20 mai 2006
Nombre de personnes pensent que tout n'a pas été dit sur le 11 septembre. Thierry Messan avec le réseau Voltaire est un des plus célèbres pourvoyeur de la théorie du complot (voir libre belgique de mai 06). Un travail important (déniché par extremecentre et Ludovic Monnerat) sur cette question a été réalisé en 2005 afin de tordre le coup à ces mythes.
"Nous avons pu démystifier chacune de ces affirmations sans ambiguïté et un peu de bon sens. Nous avons appris que quelques-unes des théories sont basées sur des erreurs de transmission de l'information lors de ce jour chaotique. D'autres sont les sous-produits d'imaginations cyniques qui visent à injecter le soupçon et l'animosité dans la discussion publique. C'est seulement en confrontant de telles affirmations avec des faits irréfutables que nous pouvons comprendre ce qui s'est vraiment produit ce jour gravé dans l'histoire." Voici la liste de
ces bruits de couloirs qui continuent de faire le tour de la terre!
1. C'est le Président George Bush qui a organisé 9/11.
2. Les avions militaires ont reçu l'ordre de rester à terre.
3. La tour sud a été heurtée par un avion-cargo militaire rempli de carburant.
4. Quand l'Armée de l'Air décide d'intercepter un avion suspect, ils atteignent habituellement l'avion en question en quelques minutes.
5. Des explosifs avaient auparavant été placés dans les tours afin de provoquer leur destruction totale.
6. Un feu de kérosène ne peut provoquer la fonte des structures métalliques.
7. Les fumées qui sont apparues avant la destruction des tours proviennent d'explosions internes.
8. Les enregistrements sismiques ont noté des explosions avant la chute des tours.
9. La vidéo prouve clairement que l'effondrement n'est pas dû à l'incendie, mais plutôt à une démolition programmée.
10. Thierry Meyssan conclut que le Pentagone a été heurté par un missile guidé par les militaires américains et non par le vol 77.  (Voir dernières vidéo parues en mai 06)
11. Les photographies montrant les fenêtres intactes directement au-dessus du site prouvent l'existence d'un missile ayant frappé le Pentagone.
12. Il n'y avait aucune épave sur le Pentagone. Aucun avion n'a heurté le pentagone.
13. Le vol 93 aurait été abattu par un jet de l'US Air force sur la Pennsylvanie
14. Le noyau principal du moteur… a été trouvé à des kilomètres du point d'impact avec des dommages comparables à ceux qui sont provoqués par un missile
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Samedi 20 mai 2006
Un petit tour d'horizon sur le blog de Bilan de ce livre d'économie iconoclaste. Exemple: "la criminalité a drastiquement baissé dans les années 1990 aux Etats-Unis grâce à la légalisation de l’avortement vingt ans plus tôt."
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Mercredi 17 mai 2006
La France produit une jeune génération d'intellectuels anti-libéraux. C'est bien dommage, on eût préféré le contraire pour redorer le blason de l'utopie libérale et l'associer à la modernité plutôt qu'aux combines d'une droite française tétanisée. On a vu apparaître "ces nouveaux intellectuels" notamment au cours du débat sur la constitution européenne, défendant le non avec âpreté. Chercheur au CNRS, Frédéric Lordon est l'un des représentants de cette "French Touch". Il est un défenseur farouche des prérogatives de l'état face au libéralisme. L'avantage avec Lordon, c'est qu'il n'est pas ennuyeux. Sauf cette fois. Ce mois d'avril 2006 dans le Monde Diplomatique, dans un article dénommé "Invasion de la charité privée", il s'insurge étrangement contre une pratique qui pour un libéral n'aurait rien de bien répréhensible: la philanthropie privée. Exemple: la restauration de la galerie des glaces par une entreprise privée. Mauvais coucheur, Lordon y voit une sorte de complot du libéralisme veillant à annihiler l'état dans son rôle social. "Remettre aux agents privés le soin de faire de l'action collective est autrement plus radical que ne l'est une simple stratégie de privatisation... Transformer la politique publique en moralisme ploutocratique, et prononcer ainsi la définition définitive de l'état social, voilà peut-être la nouvelle frontière libérale." Pour le rassurer, on citera Adam Smith concernant les devoirs du libéralisme laissant entendre que cette dernière pratique serait l'exception plutôt que la règle."... Et le troisième, c'est le devoir d'ériger ou d'entretenir certains ouvrages publics et certaines institutions que l'intérêt privé d'un particulier ou de quelques particuliers ne pourrait jamais les porter à ériger ou à entretenir, parce que jamais le profit n'en rembourserait la dépense à un particulier ou à quelques particuliers, quoiqu'à l'égard d'une grande société ce profit fasse plus que rembourser les dépenses."  Livre 5
Par Le crédule libéral - Publié dans : le bêtisier du Monde Diplomatique
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Dimanche 14 mai 2006
En économie, il y a deux génies. Marx et Keynes.
Bernard Maris, Professeur à l'université de Paris-VIII. Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles
 
Dans aucun domaine, peut-être, le virage néo-libéral des années 1990 n’est plus clair que dans celui des services publics dits « de réseau », c’est-à-dire ceux qui reposent sur une lourde infrastructure (énergie, communications, chemin de fer). Mais, si un coup d’arrêt n’est pas donné – et une occasion unique se présente avec le référendum – les années à venir seront pires, car c’est désormais l’ensemble des services marchands ou pouvant le devenir (c’est-à-dire presque tous les services) qui sont dans le collimateur de la Commission, de l’AGCS (accord général sur le commerce des services) et du patronat : la santé, l’éducation, la culture, la protection sociale, etc.

Jean Gadrey, Professeur émérite d’économie à l’Université Lille I

"La nouvelle rhétorique réactionnaire, loin de se présenter en France comme une figure inversée de la rhétorique progressiste, reprend à son compte le lexique de l’adversaire (1). Les prophètes du néolibéralisme, leurs exécutants politiques et leurs thuriféraires médiatiques veulent apparaître comme des « modernisateurs », courageux novateurs décidés à surmonter les « pesanteurs », les « blocages », les « immobilismes », les « tabous » de la société française ; comme des « réformateurs », adversaires indomptables de tout « conservatisme » ; comme de fervents partisans de l’« égalité des chances » déterminés à lutter contre les « privilèges des nantis » (à commencer par ceux des fonctionnaires et, par extension, de tous ceux qui ont l’aubaine de « bénéficier » d’un emploi stable) ; comme des « réalistes », capables de se confronter pragmatiquement au monde tel qu’il est (2) et aux chimères des défenseurs attardés d’un passé dépassé ; comme des adversaires résolus du chômage (n’ont-ils pas « tout essayé » ?), défenseurs des « exclus » (les « out »), contre les corporatismes frileux et les égoïsmes hexagonaux (les « in » qui bénéficient d’un « emploi à vie ») ; comme des internationalistes, « ouverts », adversaires inflexibles des « fermetures », des « protections » et des « replis souverainistes », etc".
Gérard Mauger Sociologue, directeur de recherches au CNRS.

La « raison démocratique » porte en elle la remise en cause du pouvoir du capital. « Un homme, une voix » : tel est bien la rupture radicale que l’on doit lui opposer.C’est en partant de leur situation de citoyen que l’on peut libérer les prolétaires de leurs chaînes, non en les renvoyant à leur condition subordonnée. Bref, c’est la citoyenneté qui émancipe bien plus que la « lutte des classes » (qui n’en existe pas moins).Il y a de bonnes raisons d’être anti-capitalistes. Il en est de plus importantes encore pour ne pas s’en contenter.
Christophe Ramaux Economiste à l’Université Paris 1


C’est pourtant au nom de l’efficacité économique que le pied néo-libéral fut mis dans la porte de notre modèle social. La porte est désormais grande ouverte à la tempête néo-conservatrice qui, en mettant fin au CDI et en s’attaquant prochainement au SMIC, veut balayer irréversiblement deux symboles forts du plein-emploi keynésien…
Liêm Hoang-Ngoc  Maître de conférences à l’Université de Paris I.


Nous sommes contre cette mondialisation parce qu’elle organise une gigantesque opération de captation de la richesse produite par les travailleurs à travers le monde.
Michel Husson Administrateur de l’ INSEE, chercheur à l’ IRES


La libéralisation des échanges a d’abord répondu à un principe instrumental, mais le problème c’est que la construction européenne a muté endogènement en cours de route, et d’un usage sagement instrumental, on est passé à une vision, je dirais, intransitive de la libéralisation des marchés, c’est-à-dire la libéralisation pour la libéralisation, la concurrence pour la concurrence, parce qu’elle est réputée être la forme supérieure d’organisation économique. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus. Il y a des configurations historiques qui ont montré dans le passé que ceci était complètement faux. La construction européenne repose sur cet axiome, et je vous certifie que c’est le terme même que l’on retrouve dans des documents très officiels, sur cet axiome que pour accomplir le bien-être des populations, le bien-être matériel des populations, il faut en passer par la concurrence généralisée. Eh bien non, cet axiome est faux !
Frédéric Lordon (CNRS)

Pourquoi l'Europe libérale n'est pas viable?
Bruno Théret Directeur de recherche CNRS- IRIS - Paris Dauphine

Nous sommes aussi en faveur d’une réduction du temps de travail dans les pays européens, dont l’application en France, si elle n’est pas parfaite, est critiquée de manière excessive. Mais il faut avoir pour cela un mouvement social qui appuie cette revendication... Les idées libérales sont dominantes, notamment chez les nouveaux adhérents à l’Union européenne. Ils sortent de régimes planifiés, autoritaires, centralisés. Leurs habitants aspirent à d’autres modes de fonctionnement, bien que les inégalités soient très importantes et risquent de s’accentuer. La sensibilité sociale-libérale a aussi beaucoup avancé ailleurs, notamment en Espagne où elle est incarnée par Zapatero.
Jacques Mazier - Professeur d'économie, CEPN-CNRS, Université de Paris-Nord
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