Jeudi 25 juin 2009
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Dans l'émission du Grain à Moudre du 22.06, j'ai trouvé le débat intéressant où André Comte-Sponville et Pierre Corguff discutent du
capitalisme et de ses alternatives possibles. Pour le social-démocrate André Comte-Sponville, il n'en existe pas. Toutes
les alternatives participent du capitalisme. Pour Pierre Corguff, anticapitaliste assumé et anarchiste. Il faut essayer,
tout en évitant le totalitarisme. Cela me rappelle les théories de Hayek: s'il existe des alternatives qui puissent ouvrir l'imagination, elles ne peuvent être explorées que par l'initiative
spontanée. Aujourd'hui, il n'y a que le capitalisme libéral qui magnifie l'initiative spontanée. Si le responsable ne sait pas où il va, il ose y aller, il prend le risque du laissez-construire. Un
projet entièrement conduit et imaginé par l'Etat est voué à l'échec. Pourtant, les commentaires semblent compter sur l'Etat pour nous sortir des ornières et
trouver des solutions. L'Etat capitaliste est en apparence bon-enfant, il fait de son mieux pour aider les pauvres. Hélas, il est maladroit et finit par se prendre les pieds dans le tapis. On
déclare péremptoire que Hayek s'est trompé et implicitement que Keynes a raison. Ainsi, on est pas prêt d'innover et de faire des découvertes. Les anarchistes ou pseudo-tels, s'ils étaient
cohérents, devraient être tous du côté d'Hayek. Ils ne devraient pas s'affirmer anti-capitalistes mais anti-corporatistes. Il n'y a pas d'échappatoire, toutes
les alternatives participent bien du capitalisme.
Par Le crédule libéral
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Dimanche 21 juin 2009
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/2009 19:31
J'ai quelque désagrément à m'intéresser à la politique en ce moment. Le travail et des projets plus personnels m'accapar
ent. Je n'ai pas de choses particulièrement intéressantes à dire. Je discute parfois avec un
ancien militant de l'UMP pro-Sarkozhy. Il a parfaitement absorbé les clichés de gauche et les ressert à la moindre occasion. En plus de cela, il aime bien les états forts voire
tentaculaires. C'est à se demander s'il ne vaut pas mieux parfois un bon vieux gauchiste c'est à dire un beauf de la politique. Il ne fait pas spécialement bon être libéral ces
temps. Les anti nous assènent des vérités de plomb, ils veulent entraver le monde avec des lois anti-réchauffement qui auront aussi peu d'effet sur nos pollutions qu'elles vont confiner
à l'absurdité. ils rêvent naïvement de réguler plus que jamais.
Seule consolation, je dévore les biographies de Lafayette. Il est typiquement français qu'un personnage de cette envergure ne soit pas plus présent dans nos références. Pionnier de la liberté, du
libre-échange et d'une indéfectible amitié avec les US, ses biographies ne sont pas excessivement nombreuses. Le personnage a traversé une des périodes les plus tumultueuses de l'histoire de
France sans jamais se départir de sa verve libérale. Heureusement la littérature l'a sorti de l'ombre avec le LaFayette épique et courageux de Joseph Delteil. Avant de dévorer d'autres
biographies, celle du Duc de Castries, de Gonzague St Bris, de René Belin, je me délecte de celle d'Olivier Bernier, l'Américain, baptisée Lafayette comme il se doit.
Ajouté aprés lectures des biographies :
Si nos gouvernements se gaussent d'une France éprise de liberté, toujours proche des droits de l'homme, cette réputation, ils la doivent en grande partie, non pas à
la révolution synonyme de terreur, mais à un homme associé aux idéaux de celle-ci: LaFayette. Un libéral qui plus est!
Par le crédule
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Jeudi 30 avril 2009
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Avec la crise, le libéralisme est la tête de turc des langoureux de la réglementation; des rêveurs de lois à multi-têtes de chapitre, d'emphases juridiques avec
floraison de notes de bas de page, d'algorithmes logorrhiques à désambigüiser les cas épineux et de systèmes à noyer les effets de bord. Les amoureux d'un libéralisme modéré qui s'accommodent d'un
état qui serait peu interventionniste "stratège, léger et fin régulateur" ont eux découvert leur tête de turc : c'est Hayek. C'est Milton Friedmann avec la soi-disant thérapie de choc dont
l'a affubé N. Klein, c'est Greenspan, hypnotisé par la trop extrême Ayn Rand. Bref c'est le néolibéralisme et ses figures de proue: L'école "allemande", selon Slama pour ne pas désigner l'école
autrichienne... Malgré ses points très discutables qui sont représentatifs de la grande confusion intellectuelle sur l'explication de la crise, l'émission est passionnante. On y trouve des citations intéressantes. A réécouter ici. (à partir de 35mn). J'ai apprécié notamment la définition de A.G Slama. "Le libéralisme se définit contre
l'ordre moral, il s'agit de faire confiance à l'individu pour distinguer entre le bien et le mal. C'est un mode d'organisation qui privilégie la liberté de l'individu à condition qu'il ne soit pas
enfermé dans des groupes, il n'y a pas de fin dernière, ce n'est pas une idéologie..."
Par Le crédule libéral
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Mercredi 22 avril 2009
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On trouvera ici une excellente critique d'un documentaire nommée "The End of
Poverty". Apparemment ce documentaire présenté en 2008 lors du festival de Cannes est un véritable bréviaire de clichés sur le capitalisme mondialisé : "les riches plus en plus riches, le
Nord contre le sud, les grandes entreprises capitalistes qui appauvrissent le monde..." Cela m'a rappelé les documentaires qu'Arte (extrait retrouvé ici) nous avaient infligés en octobre 2008 en les présentant comme des argumentaires incontournables
contre les privatisations. Arte que je regarde frequemment, est bien souvent une télévision de propagande altermondialiste. Depuis 90, j'y ai appris l'horreur économique du néolibéralisme, la
noblesse de Chavez et bien d'autres choses que je me suis empressé d'oublier. Si ces documentaires ne nous démontrent pas les soi-disants effets désastreux de la privatisation, ils restent
intéressants. A propos des chemins de fer britanniques, on y voit à travers le regard de syndicalistes désoeuvrés les multiples tâtonnements de cette privatisation, qui ne s'est pas faîte sans
difficultés. De multiples entreprises sont impliquées. Pour lisser ces difficultés d'organisation, l'État britannique a du entretenir les voies ferrées par lui-même car elles étaient partagées par
toutes ces sociétés. Le documentaire nous balade à Cochabamba en Bolivie. Cet exemple est lui-même cité par l'article ci-dessus. "As the film notes, the Cochabamba privatization was a big mistake. What it doesn’t say is that before privatization Cochabamba was an equally good example of state-supported monopoly at its
worst, replete with fare hikes (35 percent) and resource theft. " On s'y étonne que l'eau privatisée doive augmenter alors qu'auparavant elle
était payée en partie par les impôts. On est surpris du commentaire laconique de la fin où les habitants auraient repris soi-disant le contrôle de leur eau. Aux Philippines, on voit des hôpitaux
privés rutilants et des hôpitaux publics exangues comme si les deux allaient automatiquement de pair. La partie la plus étrange est dévolue à Soweto où un gentil "gauchiste" -qui sera assassiné-
détourne toutes les distributions électriques pour les remettre gratuitement aux pauvres de Soweto. C'est une conception romantique et bien étrange. Cette violation des lois les plus élémentaires
semble plébiscitée par les auteurs. En tous cas, je n'y vois pas d'arguments contre la privatisation. Si l'État décidait de donner de l'électricité aux plus pauvres, rien ne l'empêcherait de
l'acheter aux sociétés privées. Tous ses exemples pourraient sans doute être repris par un documentariste talentueux pro-mondialisation qui à l'inverse fustigerait le manque d'organisation des
États en terme de justice et de police, d'allocation des budgets ou de mise en route d'une politique de privatisation décente.
Par Le crédule libéral
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Jeudi 16 avril 2009
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/2009 17:40
Il me semble que l'assimilation du capitalisme à la compétition pure et dure est très confortable intellectuellement. Cette affirmation me paraît plutôt une
projection de la manière dont les gens voient le monde plutôt qu'une réalité. Il est vrai que le capitalisme d'état et ses petits privilèges laissent souvent sur le carreau ceux qui n'en sont pas.
Dans une émission consacrée au vin, le 13 avril, on constatait que l'esprit de collaboration des vignerons californiens leur avait permis de progresser rapidement pour se hisser à la hauteur
des vignerons bordelais, qui, bien que voisins, ne se voyaient jamais pour partager leur expérience.
Jacques Garello rappelait en 2002 dans son intéressant livre sur Bastiat, que le capitalisme peut porter une vision du monde plutôt généreuse.
"Telle est la véritable nature de la vie économique. L'homme est un serviteur: il est tourné vers les autres. Voilà pourquoi l'entreprise ne peut pas être perçue comme un centre productif.C'est
ne considérer que ce que l'on voit. Le travail et le capital constituent ce qui se voit. Ce que l'on ne voit pas, et pourtant constitue la véritable réalité, c'est que l'entreprise est au service
de la communauté, du client, de la satisfaction des besoins de l'humanité. Toute l'activité économique, entrepreneuriale, salariale, capitaliste n'a de sens que si elle est au services des
autres."
Par Le crédule libéral
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Dimanche 5 avril 2009
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/2009 00:24
Pour provoquer Goucho, après avoir argumenté sur le fait que les gens de gauche préfèrent les dictatures à la liberté, contrairement à l'image d'Epinal qu'ils se
plaisent à porter, il m'amuse parfois de célébrer la générosité du capitalisme. Je l'ai déjà fait précedemment en soulignant que le capitalisme a accédé aux revendications du Socialisme du XIXième siècle. N'en déplaise à Goucho, tout frétillant de la naissance du NPA, les entreprises capitalistes essaient
d'arbitrer au mieux et chaque année la répartition de leur profit et c'est plutôt un casse-tête : Actionnaires, Investissement, Salariés. Sachant qu'en cas de relâche des investissements, c'est la
mort lente.
Goucho les pieds encore crottés de la dernière manifestation va lever les yeux au ciel et me traiter de crédule naïf. Le capitalisme, même quand il cherche le profit n'est-il pas généreux en
faisant jouer à plein les mécanismes de la concurrence? Je ne parle pas ici de la fondation de Bill Gates dont la générosité est largement reconnue. Je parlerais plutôt des mécanismes que la
perspective du profit peut générer dans les entreprises capitalistes attentives à leurs clients et désireuses d'agrandir leurs marchés. En effet, les entreprises ont besoin d'un marché, le
capitalisme a besoin de clients bien portants. Il plébiscite les esprits critiques qui facilitent la concurrence intelligente et déteste les robots incapables de discernement. Ce qui fait
principalement marcher les chefs d'entreprise, ce n'est pas l'attrait financier, mais plutôt la perspective de construire quelquechose. Dans le cas d'un marché
constitué d'esclaves ou de robots, une saine concurrence ne peut s'établir. Voici quelques exemples de "générosité" de la part du capitalisme.
Exemple 1 : En Suisse Swisscom et les autres opérateurs téléphoniques parlent d'installer elles-mêmes des réseaux de fibres optiques. Argument
de la part du directeur "Une instance étatique n'aura aucun intérêt à remettre en cause ses choix, alors que chaque opérateur qui investit se casse la tête tous les matins pour être
sûr de faire les meilleurs arbitrages."
Exemple 2: le tronçon d'autoroute Genève-Annecy vient d'être construit par un consortium privé qui ne recevra les premiers dividendes qu'à partir de
2030.
Exemple 3: La société IBM et d'autres entreprises informatiques soutient depuis des années des initiatives Opensource dont tout le monde profite en
espérant vendre des produits basés sur ceux-ci. La société Microsoft distribue parfois ses logiciels gratuitement aux étudiants.
Par Le crédule libéral
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Lundi 30 mars 2009
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Alors que je prenais Stiglitz pour un adepte de la stratégie du choc façon Naomi Klein, fournissant constamment des arguments aux altermondialistes. Je
dois revenir sur cette impression. Il est à l'opposé de ceux-ci. Stiglitz est un libéral. Son film "Le Monde selon Stiglitz" dénonce le
protectionnisme des Américains et des Européens, notamment avec la politique agricole commune.
Ses accents anti-keynesiens lors de sa dénonciation de la guerre d'Irak aurait pu déjà me mettre la puce à l'oreille. Par rapport aux libéraux classiques ou radicaux, il dénie
constamment la métaphore de la main invisible (ses travaux antérieurs consistaient à montrer que sans des conditions proches de l'idéal, la main invisible ne fonctionnait pas)
et il plébiscite l'intervention de l'état comme grand facilitateur des marchés.
Par Le crédule libéral
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Mercredi 25 mars 2009
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Albert Camus tentait de montrer la voie infiniment étroite d'une gauche libérale. Il fut sans arrêt en proie aux attaques de cette gauche totalitaire médusée par le
communisme.
Quand tout ce beau monde mettaient de l’essence marxiste dans le moteur de l’histoire pour le faire tourner à plein régime (régime aussi concentrationnaire), lui, l’enfant d’Alger d’origine
modeste, répétait sa conviction jugée hérétique : « Aucun des maux auxquels prétend remédier le totalitarisme n’est pire que le totalitarisme
lui-même. »
"La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil." avait écrit René Char, ami d'Albert Camus. Cette maxime s'applique parfaitement à Albert Camus.
A l'occasion
de la sortie de deux nouveaux tomes des oeuvres de ce grand penseur dans la Pléiade, écoutons cette émission
passionnante diffusée sur Canal Académie.
Par Le crédule libéral
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Vendredi 20 mars 2009
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On écoutera le récit de la
courageuse Linda Weil-Curiel sur la mort de Sohane, brûlée vive. Il est surprenant qu'à aucun moment, elle n'emploie de référence à une quelconque religiosité radicale. Elle s'en tient aux faits et
dénonce un crime sexiste. On peut imaginer que si elle avait fait une référence à un pourquoi possible issu de la culture religieuse, son combat n'aurait pas abouti.Ecoute ici.
Par Le crédule libéral
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Dimanche 15 mars 2009
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Dans les matins de France-Culture ce 11 mars, vous pourrez écouter
ici l'échange (en fin d'émission) entre A.G Slama et Antoine Bello concernant "Atlas Shrugged" le livre de Ayn Rand.
Antoine Bello est l'auteur des Falsificateurs. Il présente son dernier livre tentant de nous donner quelque clés de compréhension du monde à travers les représentations qui nous sont implicitement
présentées, sans pour autant rentrer dans les bas-fonds des théories du complot. Il considère Atlas Schrugged comme un livre unique, "une ode au capitalisme".
Par Le crédule libéral
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