Quand on vit depuis des années sous le régime de Chavez, la possibilité d'avoir les résultats des votes rapidement, avec précision et sûreté, ainsi que l'image ci-dessous (du 8 mai) paraîssent extraordinaires.
"Un pays qui après une élection difficile est capable de se rassembler de cette façon, avec tous les symboles de respect de la République, est encore un pays qui a une certaine grandeur... Et chapeau bas à Sarkozy qui, après avoir donné un tel spectacle de lui-même lui coûtant l'élection, rappelle, au cas où le monde l'aurait oublié qu'il a toujours été un grand démocrate. Comparez ceci aux heures sombres de Chavez dans laquelle nous vivons aujourd'hui.... "
Daniel, français et vénézuélien, opposant farouche à Chavez. a soutenu Hollande...
Hollande a pu marquer les esprits lors du débat pour des raisons qui tiennent plus de la communication que de la politique. Il a slamé et sa pratique de l'anaphore lui a permis de marquer les esprits en appelant à un autre registre. Sa posture également a été plus solide que son adversaire (regard droit qui ne va pas chercher l'approbation des journalistes et plus grande immobilité qui donne plus de stature et évite le délitement en cas de difficultés). Néanmoins sa connaissance des dossiers m'a semblé faible à tel point que Sarkozy parfois l'a soulignée lourdement plutôt que de le suggérer (par le silence par exemple).
La publication d'une sobre déclaration des économistes libéraux dans le Wall-Street Journal me paraît pleine de bon sens. En supposant même que la politique de Hollande ne soit pas fondamentalement différente de celle de Sarkozy, il y a une autre raison pour laquelle il m'apparaît difficile de m'abstenir. Lors de l'entrée en fonction de Sarkozy, les présupposés et les clichés de gauche s'étaient un peu calmés dans les médias. Depuis les choses sont revenues en l'état et il faut à chaque fois décrypter les inférences des journalistes. La campagne a vu un véritable déchaînement de ce qu'on appelle parfois la propagande de gauche. J'ai de l'intérêt à écouter des penseurs de gauche comme Todd, Onfray et bien d'autres... voire même Badiou, mais j'ai plus de mal quand le moindre journaliste fait des inférences lourdes qui supposent le renforcement de l'état. Si la gauche a l'impression que la pensée unique est le libéralisme, j'ai le sentiment permanent du contraire. Oú est donc le tropisme?. Il me semble que Sarkozy, malgré son étatisme est un rempart face à ce déchainement constant. Mon expérience me fait croiser des jeunes qui apprennent à marcher sur la tête, qui pensent encore que ne pas trop travailler est une forme d'engagement politique, que le travail est l'expression même de l'exploitation de l'homme par le capitalisme, que l'entreprise privée le diable et Marx un penseur moderne. Je vais ainsi faire comme la grande majorité de mes compatriotes résidents en Suisse. Après avoir voté Bayrou, je vais voter pour le moindre mal, pour un altermondialiste de droite, pour le promoteur de la taxe Tobin, pour le traqueur d'exilés fiscaux, pour le protecteur des banques françaises et de leurs avoirs toxiques et bien d'autres horreurs... pour Sarkozy.
En appliquant les mêmes taux de report de voix qu'en 2007, les élections s'avérent serrées... On obtient ceci...
Téléchargez ce fichier excel et faîtes vous-même vos propres calculs en comparant avec 2007.
Voici un extrait du courrier des lecteurs à l'issue d'un article d'un journaliste libéral souhaitant de ses voeux la victoire de Hollande dans le Wall-Street journal. La tonalité des commentaires est convergente.
*Mon raisonnement est simple et j’ai même décidé de créer une nouvelle règle pour commémorer cette analyse, la “Règle ‘Richard Nixon’ de Désinfection” qui veut qu’il est préférable de laisser le parti de gauche gagner lorsque le parti supposément de droite n’a qu’un candidat étatiste.*
To the motto "liberté, égalité, fraternité" France can now add stupidité.
A horrific future of chaos and violence awaits them
If the French pick Sarkozy they will continue on their no-so-gentle glide slope down. If they pick Hollande they will simply crash sooner. This will have an effect on the entire European economy ranging from bad to severe. Since the German tax payers and industry can't hold up all of Europe THEY might choose to leave the Euro and go back to the DM - in which case the whole project will collapse..
So that's the political choice the French, and most other European voters are given: Weakness, or Socialism, or both
Je suis régulièrement "Ce soir ou jamais". C'est mon Sitcom à moi, ma Commedia d'ell arte, avec des personnages relativement typés. D'un côté des gens de droite ou
de non gauche font face à des gens de gauche serrés sur le banc de face. Parmi cette assemblée, on trouve toujours un philosophe, un écrivain ou un homme de théâtre. Il est rare que le théâtreux
et le philosophe soient du côté droit du petit hémicycle. Souvent, un intellectuel de droite ou un libéral éminent se fait moucher par un histrion de gauche. C'est la règle de cette émission qui
fait remonter en surface tous les clichés de gauche. Je me réjouis de constater souvent la bonne tenue des débats ou malgré l'outrecuidance de certains arguments, la plupart du temps, les
participants conservent leur calme. J'ai noté deux moments frappants ces dernières semaines. Le premier, c'est la critique courageuse de Michel Onfray envers Mélanchon. Onfray a pris de la graine avec Camus. D'ailleurs, ses difficultés commencent avec cette interview où il lui est reproché de détruire l'icône Sartre et Simone de Beauvoir. Le second moment, c'est ce pied-de-nez au ronron de l'émission, quand on demande au comédien Pascal Elbé, ce qu'il pense des
salaires des grands patrons. Sa réponse est inattendue. Tout juste s'il ne trouve pas cela normal. Mathieu Laine déclare tout surpris : "si cette émission n'existait pas, il faudrait
l'inventer."
Les Français se plaignent parfois de ne pas savoir qui voter. Pour un électeur ancré à gauche, c'est l'embarras du choix. Il a devant lui toutes les nuances possibles des extrêmes au centre, sélectionnés aux petits oignons par les élus de la république : un véritable arc en ciel, de la dictature du prolétariat au centre gauche.
Pour un libéral, le désabusement est puissant. Il n'y a aucun candidat qui porte un tant soit peu ses valeurs selon Mathieu Laine.
Alors les solutions envisagées sont les suivantes :
A l'issue de cette campagne, j'ai de la "compassion" pour Bayrou et Sarko, depuis que je vois la gauche sur un nuage, affichant au grand jour, toute sa batterie d'archaïsme et de clichés et omettant rarement de citer dans ses commentaires le méchant néolibéralisme. On peut mesurer la difficulté de passer entre les gouttes et d'appliquer des mesures libérales. Mais Sarkozy a gouverné au centre, poussant la gauche dans ses retranchements. Il n'a obtenu que l'ire de la gauche, un peu comme Giscard auparavant. Comme si en France, la seule solution était finalement de faire une rupture façon Thatcher, pour repousser la gauche vers le centre et la dépouiller de ses archaïsmes.
Voici un programme d'inspiration libérale pour relancer l'économie française issue de l'excellent ilvre d'Alain Mathieu "Ces mythes qui ruinent la France"
Emmanuel Terray est un ethnologue de gauche. Il a étudié la droite afin d'essayer d'en déterminer le socle des idées de base. Son travail me paraît intéressant. Il permet de plus de voir dans le reflet de son étude, comment un homme de gauche discerne ce qui constitue les fondements de ses idées. Le modèle ci-dessous résume la vision de la droite et de la gauche exprimée par Emmanuel Terray.
Références : France-Culture, Atlantico...
Les caractéristiques des idées de droite sont la prédominance du réel et du présent, l'acceptation du monde tel qu'il est, le souci de la sécurité, l'hostilité de l'étranger, le goût pour la singularité. La droite aime les choses immuables, le pouvoir établi, la hiérarchie constituée. A l'inverse, la gauche est plus joueuse, exaltée par l'avenir.
"Les valeurs principales de la gauche sont le goût du changement et de la prise de risque, un penchant appuyé pour l'avenir plus que pour le présent".
A l'aune de la notion des forces spontanées, qui m'intéresse tout particulièrement, la droite semble utiliser la métaphore de l'arbre étendant ses racines, alors
que la gauche, apprenti-sorcière, privilégie la table rase et les utopies de la terre brûlée.
Emmanuel Terray propose un bilan des apports positifs de la gauche : "Je suis convaincu que l’avènement de ce que Robert Castel a appelé la société salariale – une société de croissance, de plein emploi, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs – cette société construite par l’effort commun de l’aile réformiste du mouvement ouvrier et de la bourgeoisie éclairée, devait beaucoup à la pression extérieure exercée par l’aile communiste du mouvement ouvrier."
Le bilan me paraît bien maigre, sachant que les acquis sociaux, s'il en est, ont été mis en jeu par la plupart des pays, même sans grandes luttes politiques. De
plus les ambitions de croissance, d'emploi, de progrès de niveau de vie sont des ambitions toujours portées par l'économie libérale.
Excellente émission de C dans l'air. Il faut un aéropage de quelques journalistes étrangers pour apprendre qu'il n'y a pas d'extrême gauche illuminée en Angleterre (grâce à Sophie Pedder qui a écrit l'article sur le déni français dans theeconomist), que le libéralisme est un des principaux moteurs de la démocratie espagnole, que Mario Monti applique les recommandations de la commission Attali initiée par Sarkozhy, que la dette, à l'inverse des affirmations de la campagne existe bel et bien. Les commentaires de l'émission sont une parfaite illustration de l'émission.
Le libéralisme est cohérent dans ses principes. Ce n'est pas le cas des revendications et des espoirs de la gauche emphatique, emportée par les remugles du paradigme socialiste. Les réclamations de la gauche sont contradictoires de telle sorte que peu d'espoir seront comblés. Ainsi si une mesure est mise en place, les effets de bord qu'elle provoquera susciteront toujours des résultats allant à l'encontre d'un autre espoir. Ainsi la gauche n'atteint jamais ses objectifs à moins de se dénier et inversement, en allant au bout de ses idées, elle induit des effets de bord négatifs voire absurdes. Par ce mécanisme de double contrainte, l'exaltation de l'avenir et les regrets sur le passé seront toujours possibles, les nostalgiques seront toujours prêts à amorcer la pompe pour une nouvelle et vaine tentative.
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Revendication |
Revendication contradictoire |
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Plus de liberté des moeurs |
Moins de liberté économique
Abolition de la prostitution |
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Plus de multiculturalisme |
Plus de protectionnisme
Plus de féminisme et contre la violence conjuguale |
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Plus d'efficacité et de transparence de l'Etat |
Concentration étatique avec Plus de fonctionnaires Plus de services publiques |
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Augmentation du salaire minimum légal |
Moins de chômage |
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Pas de salaires minimums pour certaines catégories de populations |
Non aux ghettos |
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Meilleure intégration des immigrés
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Lutte contre le travail "illicite" et renforcement de l'inspection du travail |
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Plus de logements accessibles |
Contrôle ou blocage des loyers
Plus de droits des locataires Taux planifié de logements libres |
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Moins de discrimination |
Moins de travailleurs étrangers et de plombiers polonais |
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Plus d'impôts
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Plus de pouvoir d'achat Plus de croissance |
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Plus de pouvoir d'achat |
Plus d'emplois subventionnés
Plus de rèduction du temps de travail Plus de subventions
Plus de sécurité sociale Plus de contraintes sur les entreprises |
| Plus de CDI | Plus de rigidité dans le droit du travail |
| Plus de subventions |
Plus d'égalité |
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Plus de recours à l'inflation ou à la planche à billets |
Moins de pauvreté |
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Plus d'exposition aux idées de gauche dans la presse |
Plus de démocratie et de pluralisme dans les médias |
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Plus de droits |
Moins de droits de propriété |
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Moins de droits de propriété
Droits de réquisition |
Moins de pauvreté |
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Plus de démocratie |
Plébiscite des insurrections populaires |
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Plus de spontanéité et d'initiative des « masses populaires » |
Plus de supervision étatique |
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Une retraite au plus tôt |
Plus de pouvoir d'achat |
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Plus de déficits |
Plus de défiance envers les marchés |
| Plus d'entrave des méthodes policières | Plus de sécurité |
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Plus de méfiance envers le capitalisme et le libre-échange |
Plus de relance par la consommation |
Exemples :
Je travaille à temps plein pour l'instant dans une multinationale. Lorsque je ne travaille pas, je pratique un art qui occupe toutes mes heures de loisirs et qui n'a rien à voir avec ce blog, ni avec mon travail. Ainsi je travaille à 100% et mon autre 100% est consacré à cette passion devenue une véritable petite entreprise. Lorsque je ne pratique ni cet art, ni n'exerce mon travail, je me passionne pour la politque et l'économie. J'ai songé plusieurs fois à mettre un terme à ce blog de façon officielle, mais l'actualité, mes rencontres et mes passions me pressent toujours à écrire de nouveaux articles. Je m'excuse auprès de mes lecteurs pour la publication hiératique de mes messages, mais sauf avis contraire, je continue...,
It sounds like the French have reached a critical mass of "takers," i.e. people who have no compunction about cannibalizing the nation if it means they are provided for. This kills any chance of real reforms, especially when it comes to things like labor regulation. I suspect that France, unfortunately, must bottom out further before standing a chance to repair herself. The next step will be to expropriate actual wealth from those who have it, not just the bulk of income from those who earn it. It's gonna get messy.